Clodoaldo, champion du monde 1970 avec Pelé : « Il est inégalable »

Clodoaldo a été le coéquipier de Pelé à Santos et en sélection brésilienne. (Rafael Ribeiro/CBF/L'Équipe)

À l'heure des adieux, Clodoaldo, milieu champion du monde 1970 et coéquipier de Pelé pendant huit saisons avec Santos, retient la simplicité et la générosité de son ami.

« Comment vous sentez-vous à l'heure de dire adieu à votre ami ?
C'est une journée triste qui aide à faire le deuil. Ça t'oblige à faire le bilan. Moi, je vois surtout que j'ai eu beaucoup de chance de côtoyer un garçon comme lui. Je lui ai souvent dit que je l'aimais, ce qui le mettait un peu mal à l'aise. Je lui répétais aussi que c'était un privilège de jouer avec lui. On a disputé et gagné la Coupe du monde 1970. Au Mexique, on a vu le meilleur de Pelé. Il était au sommet de son art. Il a confirmé au monde entier pourquoi on l'appelait le Roi.

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Qu'aurait-il pensé de cette cérémonie ?
Il pouvait imaginer un événement de cette ampleur. C'est très émouvant pour nous (les anciens joueurs) de sentir cet amour, cette reconnaissance. Il mérite tous les hommages, pour sa grandeur et pour ce qu'il a apporté au monde du football et au Brésil. Quand on voyageait avec lui, avec Santos ou avec la Seleçao, les gens voulaient l'approcher, le toucher. Pas seulement au Brésil. La simplicité et l'humilité de Pelé empêchaient la vanité des autres joueurs.

Quelle place avait Pelé dans votre vie ?
Il faisait partie de ma famille. J'ai passé presque cinquante ans à son côté, comme coéquipier puis comme ami. Après son départ de Santos, en 1974, on est restés en contact. On se voyait régulièrement, on allait partager un churrasco (barbecue), on jouait au snooker ou aux dames. À ce jeu, il n'était pas "le Roi". Ça l'énervait. Je jouais comme sur le terrain, en défendant. Lui, il attaquait, et je le surprenais (rires).

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Quels conseils vous a-t-il prodigués quand vous avez débuté ?
J'avais 15 ans, j'étais un jeune en formation et je l'observais beaucoup. Quand je l'ai rejoint en équipe première, il me disait que je tardais à donner le ballon, à trouver l'ouverture. Alors je me suis excusé et lui ai dit : "Mais Pelé, moi je suis un humain, toi tu es un extraterrestre, je ne peux pas être aussi rapide que toi." (rires). Il voulait que je scanne le terrain pour savoir où étaient les adversaires et les partenaires avant de recevoir le ballon.

Que dites-vous aux jeunes qui ignorent la place de Pelé dans le football ?
Les jeunes me demandent souvent : "Pelé il était comment ? Il était vraiment si fort ?" Je leur réponds : "Si vous prenez un bout de chacun des cracks que vous admirez actuellement, vous arriverez peut-être aux chevilles de Pelé." C'est une façon de leur dire que physiquement et techniquement Pelé est inégalable. S'il jouait aujourd'hui sur des belles pelouses, avec les ballons et les crampons actuels, il ne marquerait pas 1 282 buts mais le double ! »

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