Les clubs allemands refusent 2 milliards d'euros pour le financement de leur football

Le président de la DFL, la Ligue allemande de football, présentait ce débat comme "le plus important depuis la création" de l’institution. "Même depuis la création de la Bundesliga en 1963", avait de son côté renchéri Oke Göttlich, patron du club de Sankt Pauli. Le décor était posé.

Ce mercredi, les 36 clubs de Bundesliga et Bundesliga 2 se réunissaient lors d’une assemblée générale extraordinaire dans un hôtel de l’aéroport de Francfort. Avec un épineux dossier à l’ordre du jour: le football professionnel allemand devait-il entamer des discussions concrètes avec une société de capital investissement ?

Les deux tiers (24 clubs sur 36) devaient approuver le projet pour que la discussion formelle débute. Mais, comme rapporté par Sky Sport, cette majorité n'a pas été atteinte (24 voix pour, 11 voix contre et cinq abstentions). Selon plusieurs sources, le projet est donc mis en suspens pour une durée interminée.

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Ces négociations prévoyaient la cession de 12,5% des droits TV pour une période de 20 ans contre deux milliards d’euros, une somme inédite pour le foot allemande. La DFL estime qu’une injection immédiate de capital est nécessaire pour rattraper son retard économique sur la Premier League. Sur le papier, le plan semblait profitable au foot allemand. Mais il a rencontré une fronde d’une partie des clubs, menés par le FC Cologne et Sankt Pauli, et de leurs supporters.

La fronde de plusieurs clubs et des supporters

Pour les détracteurs, ce plan s’apparentait à "vendre" le football allemand aux financiers. Certes, une importante somme d’argent serait immédiatement rentrée, mais au risque d'hypothéquer les revenus futurs. Il y aurait eu un risque de sacrifier l'autonomie pour des questions à court terme sans garantie qu'il existe un impact à long terme.

Les supporters craignaient également que le foot allemand doive rendre des comptes aux investisseurs plutôt qu’au public et que la commercialisation des championnats se fasse au détriment de leur porte-monnaie avec, comme conséquence, l'augmentation du prix des billets, du merchandising et des abonnements télévisuels déjà onéreux.

En 2020, la Ligue allemande de football avait dû suspendre les négociations avec une dizaine de sociétés de capital investissement. A l’époque, et comme rapporté par Les Echos, leur participation devait atteindre jusqu’à 25,1% du capital. Ce mercredi, il s’agissait du premier vote sur le sujet depuis 2021. Toujours pour la même issue.

Article original publié sur RMC Sport