Cockpit fermés : les pistes envisagées en images

F1i.com
Cockpit fermés : les pistes envisagées en images
Cockpit fermés : les pistes envisagées en images

Le débat sur la nécessité d’équiper les F1 de cockpit fermé a rebondi après l’accident mortel dont a été victime Justin Wilson en IndyCar il y a trois semaines. Hormis Nico Hülkenberg, qui s’est prononcé contre un tel dispositif, la plupart des pilotes – dont Jenson Button, Fernando Alonso et Daniel Ricciardo – soutiennent l’idée de de fermer les habitacles au nom de la sécurité.

Car en dépit des progrès accomplis ces dernières années, la tête reste le principal point faible des pilotes. Depuis l’incident dont fut victime Felipe Massa en 2009, la FIA a mené des recherches sur plusieurs dispositifs offrant une protection efficace à la tête du pilote, dont une bande de protection en nylon entre le casque et la visière, des arceaux… Reste à trouver la solution idéale, ce qui n’est pas une mince affaire.

COCKPIT “AVION DE CHASSE”

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

La Fédération a testé plusieurs solutions, certaines étant plus efficaces que d’autres :

“Nous avons envisagé les ‘cockpits d’avion’, mais leurs côtés négatifs dépassaient leurs aspects positifs, a déclaré Charlie Whiting à Autosport. Nous avons aussi pensé à d’affreux arceaux placés devant les pilotes, mais ceux-ci ne pouvaient plus rien voir du tout… Il n’est pas simple de trouver une solution qui satisfasse à tous les paramètres.”

Testés par l’Institut FIA, les verrières en polycarbonate et les arceaux avant posent en effet plusieurs problèmes pratiques – sans parler des enjeux historiques, réglementaires (l’article 13.1.3 du règlement interdit tout élément entravant la sortie du pilote), voire esthétiques.

La première difficulté d’un cockpit de type “avion de chasse” concerne la visibilité : l’épaisseur et la courbure de la verrière déforment la vision de celui qui y regarde au travers (les prototypes d’endurance sont équipés de pare-brise incurvés, mais ils sont plus larges que les monoplaces de Grand Prix, si bien que la déformation y est un peu moins importante). La seconde complication touche à la difficulté d’extraction du pilote : une verrière compliquerait singulièrement la sortie du cockpit, surtout en cas d’accident.

ARCEAU

Quant à l’arceau avant, il gêne la vue du pilote et est plutôt disgracieux. En octobre 2013, le groupe stratégique F1 (organe décisionnel du sport composé de représentants de la FOM, de la FIA et de six écuries) l’avait d’ailleurs rejeté pour des motifs esthétiques.

L’an dernier, dans le cadre de l’enquête sur l’accident de Jules Bianchi, Charlie Whiting avait ajouté qu’un arceau n’aurait sans doute pas résisté à l’impact d’un pneumatique et que le dispositif aurait de toute façon été trop bas pour protéger la tête du pilote.

Que faire, alors ?

CERCEAU MERCEDES

Deux solutions alternatives sont actuellement sur la table : une proposée par Mercedes (ci-dessus), et une autre, plus originale encore (en bas).

La première [solution] ne recouvre pas le pilote, explique Whiting. Vous pouvez donc l’extraire de la voiture, ce qui est le critère le plus important. Une sorte de cerceau entoure la tête du pilote, avec un pilier central au milieu.”

Visuellement surprenant, le système obstrue cependant moins la vue qu’un arceau et permet l’extraction du pilote en cas d’accident. Il pourrait aussi se soulever comme le capot moteur d’une voiture grâce à des charnières.

“LAMES” DE PROTECTION

L’autre piste développe l’idée de protections placées devant le pilote, mais en explorant d’autres formes que celles de l’arceau :

“Nous examinons également un dispositif composé de lames de différentes hauteurs. Elles seraient placées au-dessus du châssis et devant le pilote avec un angle qui les rendrait quasiment invisibles pour lui.”

Il est difficile d’imaginer à quoi ressemblerait un tel système et en quoi il n’entraverait pas la vision du pilote : le dessin ci-dessous est plus une suggestion qu’une restitution fidèle !

[caption id="attachment_174656" align="aligncenter" width="635"] © XPB Images[/caption]

Si ces deux solutions ne satisfont pas aux multiples tests que mènera la FIA, celle-ci est bien décidée à remettre son ouvrage sur le métier jusqu’à ce qu’elle trouve un modèle convaincant :

“Nous avons consacré beaucoup de temps, d’efforts et de recherche à ce projet, qui est sacrément compliqué, reconnaît Whiting. Mais je suis persuadé que nous y arriverons. Un jour, nous trouverons la solution qui réduira les risques de blessure. Je doute qu’elle sera aussi efficace qu’un cockpit de jet de chasse, mais elle lui offrira une protection. Il faut persévérer, faire quelque chose, même si cela ne protège pas le pilote à 100 % dans 100 % des situations.”

Il y a deux mois et demi, au Grand Prix d’Autriche, Kimi Räikkönen s’est sorti sans une égratignure de l’accident qu’il a eu avec Fernando Alonso juste après le départ (où la McLaren a finit au-dessus de sa tête). Il serait pourtant insensé de compter sur la chance pour protéger les gladiateurs des circuits. Les décès de Henry Surtees en F2 (2009), de Dan Wheldon (2011) et Justin Wilson (2015) en IndyCar, les accidents de Maria de Villota en essais privés (2012) et celui de Jules Bianchi au Grand Prix du Japon (2014) dressent une longue liste. Beaucoup trop longue.

Retrouvez cet article sur F1i.com

À lire aussi