Coline Devillard, médaillée de bronze au saut, confirme son potentiel

Coline Devillard a mis fin à treize ans de disette pour la France. (P. Noble/Reuters)

Coline Devillard (22 ans) a décroché la médaille de bronze mondiale au saut, ce samedi à Liverpool, la première pour une Française depuis Youna Dufournet en 2009. Benjamin Osberger, lui, finit 4e au sol.

La Française Coline Devillard a décroché le bronze au saut, ce samedi lors des Championnats du monde à Liverpool (Angleterre), la première médaille mondiale pour l'équipe de France féminine depuis treize ans. Elle a été devancée, comme le mois dernier lors des Internationaux de France, par les Américaines Jade Carey et Jordan Chiles.

« C'est bien... » Même après son podium, la Française de 22 ans n'en revient pas. « J'avais fait un bon entraînement avant les finales qui m'a mise en confiance, dit-elle. J'étais stressée bien sûr. Normal. Un stress positif, je crois. Et je ne me suis pas posée de questions. Je me suis dit: c'est ton moment, le moment de faire ce que tu as à faire. J'ai fait. Tout. Mes deux beaux sauts. »

Son premier envol en lune avec une vrille et demi sera crédité d'un très beau 14,5 points. Sur la double vrille qu'elle a mis si longtemps à stabiliser, il reste à peaufiner (13,833). Elle est prête à détailler, se reprend : « En fait, on s'en fout! » L'heure est à la satisfaction : « Ça y est ! Ça y est, tu as ta médaille aux Monde. Maintenant, va falloir y retourner, assumer cette breloque. Mais c'est que du bonheur », souffle la jeune femme.


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Championne d'Europe de l'exercice en 2017, encore médaillée d'argent continentale deux ans plus tard, Coline Devillard a dû être patiente avant de confirmer ce potentiel. Elle a jonglé avec les blessures, la difficulté d'être une pure spécialiste. « Il faut vraiment avoir des chances de médailles pour qu'on te sélectionne dans l'équipe. C'est pour ça que je travaille aussi la poutre, le sol. Les barres... Je les laisse de côté, pour le plaisir d'offrir. » Une pirouette pour rappeler qu'à cet agrès, elle est loin d'exceller. Mais, mieux que quiconque, la jeune femme de 1,48m sait à quel point se concentrer sur un agrès peut être rédhibitoire, elle qui a disputé à Liverpool ses premiers Mondiaux par équipe. Qui n'avait pas été retenue pour les Jeux Olympiques de Tokyo.

« Cette médaille, c'est une étape dans ma carrière, affirme la protégée de Martine George et Nellu Pop, qui n'oublie pas non plus les Chinois Hong Wang et et Jianfu Ma, qui l'ont formée depuis ses jeunes années au pôle de Dijon jusqu'à son entrée à l'Insep et son titre européen. Ça me permet de voir plus grand. » D'envisager densifier la difficulté de ses sauts, de s'orienter vers une double vrille et demi en avant, ou une double vrille et demi en arrière, de progresser évidemment dans la qualité de son exécution. « Paris, ça va arriver vite. Il va falloir être stratégique, gérer les deux ans qui viennent », devine-t-elle.

Cette médaille est en tout cas la première pour la France sur ces Mondiaux, la première pour les Bleues depuis le bronze, déjà au saut, de Youna Dufournet en 2009.
Chez les hommes, Benjamin Osberger n'est pas passé loin de doubler la mise des Tricolores. Repêché pour la finale au sol après le forfait du vice-champion du monde chinois Zhang Boheng, le petit Bleu de 21 ans a crânement joué de sa qualité d'exécution justement pour taquiner le podium (4e à 33 millièmes de point du 3e). Lui devra impérativement augmenter son niveau de difficultés pour défier le nouveau champion du monde, l'Anglais Giarnni Regini-Moran, surdoué de l'exercice qui fut deux fois champion d'Europe juniors (2014 et 2016).


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Cette première journée des finales individuelles aura réservée quelques surprises. Aux arçons, on pouvait attendre la victoire du fantasque Irlandais Rhys McClenaghan, beaucoup moins la première médaille mondiale pour un Jordanien (Abu Al Soud, 2e). Même chose aux barres asymétriques où la reine brésilienne, Rebeca Andrade, a chuté d'entrée (8e), où la merveilleuse Chinoise Luo Rui, dominatrice en qualifications par la pureté de sa variation, a touché la barre supérieure sur la réception d'un lâcher (6e), laissant là la victoire à sa compatriote et tenante du titre Wei Xiaoyuan, qui devance l'Américaine Shilese Jones et la championne olympique belge Nina Derwael.