Coline Devillard, la meilleure chance de médaille française aux Mondiaux

Coline Devillard figure parmi les gymnastes les plus attendues en finale du saut. (E. Garnier/L'Équipe)

Cinq ans après son titre européen au saut, la Française Coline Devillard (22 ans) est prête à s'inviter sur un premier podium mondial, samedi, à Liverpool (finale à partir de 14h30).

Ça ne veut pas dire grand-chose, les compteurs étant remis à zéro, mais en s'extirpant des qualifications de dimanche dernier avec la 3e note au saut, Coline Devillard a franchi un véritable ravin. De ceux qui l'avaient engloutie lors de ses deux précédentes participations mondiales. « En 2017, je tombe fort sur le premier envol, parce que je me perds en l'air. Et en 2021... je tombe aussi sur le premier saut. Mais, les dictons, ça va bien deux minutes : pas question de vérifier le "jamais deux sans trois" », assène-t-elle dans un de ses grands éclats de rire.


Un immense espoir

À 22 ans, la jeune femme a dépassé le premier écueil et s'avance en finale samedi (à partir de 14h30) avec un espoir immense de s'inviter sur un premier podium mondial. Aucune Française n'en a plus visité depuis 2009 et la médaille de bronze de Youna Dufournet... au saut. Elle n'aura pas à se coltiner la championne olympique et du monde de la spécialité qu'elle admire tant, la Brésilienne Rebeca Andrade ayant essuyé un refus sur son second envol lors des qualifications.

En revanche, Coline Devillard devra batailler face à Jade Carey et Jordan Chiles, les deux Américaines qui l'ont devancée à Liverpool, comme le mois dernier aux Internationaux de France où la petite Bleue avait fini 3e. Elle devra aussi se méfier de la Sud-Coréenne Yeo Seo-jeong, médaillée de bronze olympique à Tokyo et 4e des qualifications.

« Mes deux sauts sont calés, si je pouvais concrétiser... » Un voeu pieux. Il faudra donc poser au mieux sa lune avec vrille et demie, puis le Yourchenko double vrille. Éviter de trop s'enflammer, cette boule d'énergie ayant tendance à jaillir littéralement à l'impulsion, et parfois à sortir de la zone de réception, comme lors de la finale par équipes de mardi. Il faudra contrôler. « Je suis capable d'évacuer les déceptions, j'ai beaucoup plus de recul pour considérer les choses avec légèreté. J'essaie de me mettre moins de pression, pour prendre plus de plaisir », se persuade Devillard, qui a dû effectuer un gros travail sur elle-même.


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Championne d'Europe en 2017 puis absente des JO de Tokyo

Depuis son titre européen de 2017 au saut, et malgré une autre médaille continentale deux ans plus tard (2e), la protégée de Martine George et Nellu Pop à l'Insep a peiné à affirmer son talent. La faute, notamment, à de trop nombreuses blessures. « Mais ce n'est pas une excuse », rétorque la jeune femme qui n'a pas hésité à se relancer après sa non-qualification pour les Jeux de Tokyo. « Je suis têtue mais je ne dis pas non plus que j'irai jusqu'en 2032 pour vivre cette expérience-là ! Si ça doit venir, ça viendra. Si ça ne le fait pas, je veux le vivre bien malgré tout, ne pas avoir de regret. Tout ce que je fais, c'est parce que j'en ai envie. »

On écoute ce petit bout de femme de 1,48 m, sa folie communicative. On observe un changement majeur. « Je ne sais pas quand et comment j'ai eu le déclic mais j'ai retrouvé le goût de mon sport. J'aime ce que je fais, ce dont je n'ai jamais douté, assure-t-elle. Mais je l'avais un peu perdu de vue. À trop chercher le résultat, on en oublie l'essentiel. On est obnubilé par la lumière au bout, et on ne profite pas du chemin. Mais la gym ne doit pas être une corvée. Et si jamais je n'ai rien au bout mais un chemin bien fleuri avec du beau temps au-dessus de ma tête, ça m'ira très bien. »


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