Commission de discipline : Johan Gastien (Clermont) bénéficie du doute

Johan Gastien, ici lors du match de Clermont contre Nice (1-0, le 21 août). (A.Martin/L'Equipe)

La commission de discipline de la LFP n'a pas sanctionné Johan Gastien, accusé par Islam Slimani d'avoir proféré une insulte raciste à son encontre. Le Clermontois a reconnu une grossièreté, mais sans caractère xénophobe.

Après une longue instruction et une audition, mercredi soir, des deux protagonistes par la commission de discipline de la Ligue, Johan Gastien, accusé par Islam Slimani de l'avoir insulté en évoquant ses origines, a échappé à toute sanction faute de preuves. On s'en souvient, le 23 octobre, à l'occasion du match Clermont- Brest (1-3), l'attaquant du club breton s'est plaint auprès du quatrième arbitre d'avoir été la cible de propos racistes.

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L'Algérien avait pointé du doigt Johan Gastien, qui l'aurait traité de « sale Arabe », avant de parler de « sale blédard » à l'issue de la rencontre. Visé, le Clermontois s'était ensuite vivement défendu. « Jamais de ma vie je ne dirais ça, assurait-il. Le problème, c'est que dans cette histoire c'est moi qui passe pour un con. Je sais ce que j'ai dit, les collègues sur le terrain ont entendu aussi ce qu'il s'est passé. »

Saisie du dossier, la commission de discipline de la Ligue a demandé une instruction pour débroussailler le terrain. Mais malgré les différentes auditions, le rapport remis à l'issue de cette enquête n'a pas permis de beaucoup avancer. Pas plus que la séance de mercredi soir, comme l'explique Sébastien Deneux, le président de l'instance disciplinaire : « En dépit de l'instruction qui a été menée, on ne disposait pas de suffisamment d'éléments pour établir la matérialité des faits et donc des propos prêtés à Johan Gastien. La question du racisme est un sujet trop important pour sanctionner quelqu'un dont on n'est pas absolument certain qu'il ait dit ce qui lui est reproché. Il n'y a pas de témoins directs, ni d'images, ni de sons qui établissent de manière certaine que Gastien a tenu ces propos. Sauf à faire préjuger une parole sur une autre, on ne peut pas sérieusement entrer en voie de sanction. »

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En fait, devant la commission, Gastien a reconnu avoir insulté Slimani, mais sans aucune connotation raciste. Selon lui, le Brestois aurait mal entendu et aurait imaginé qu'il s'agissait de propos xénophobes. De son côté, Slimani a maintenu sa version.

Dix matches de suspension si les faits sont avérésDans ce type de dossiers, c'est souvent « parole contre parole », rendant difficile tout arbitrage. Le 30 septembre 2020, la commission avait relaxé le Marseillais Alvaro Gonzalez, accusé par Neymar de l'avoir traité de « singe » (mono en espagnol) lors du Classique parce qu'elle ne possédait « aucun élément objectif pour entrer en voie de sanction disciplinaire ». Mais si elle a des preuves, elle peut taper fort. L'article 9 du règlement disciplinaire de la FFF, applicable en L1 et en L2, prévoit en effet pour « comportement raciste/discriminatoire (propos, geste et/ou attitude visant une personne en raison notamment de son idéologie, sa race, son appartenance ethnique, sa confession, sa nationalité, son apparence, son orientation sexuelle, son sexe ou son handicap) » dix matches de suspension.