Commotion, chutes, victoires et médaille frustrante : Myriam Nicole revient sur sa saison

Deuxième du général de la Coupe du monde de VTT descente, Myriam Nicole est revenue mercredi sur sa saison très mouvementée. Outre ses deux victoires, elle a aussi connu une commotion cérébrale, des chutes et une médaille de bronze encore douloureuse aux Championnats du monde.

Une commotion en début de saison
« En France, à Lourdes, pour débuter la saison, un avant-goût des Gets, j'étais un peu crispée, avec un peu de pression. Je tombe et je me tape la tête... Je me relève, un peu sonnée mais sans avoir perdu connaissance. Je descends la piste à vélo. Sauf que derrière, je n'étais pas bien... Je ne dis rien, je fais la course, je finis deuxième. Et je n'ai pas réussi à m'en remettre. Ça a traîné un peu plus d'un mois. Un mois de hamac (de repos total). J'avais des symptômes, du brouillard. Le médecin m'a ramassé à la petite cuillère. »

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Deux podiums et une victoire ensuite
« À Fort William (Écosse), j'ai réussi à revenir alors que je n'étais clairement pas en forme. Mais j'étais contente d'être là. Je finis troisième, mais en prenant une grosse pilule, 7 secondes par Nina (Hoffmann). Mais avec ce que j'ai vécu, sur une piste hyper physique, j'avais des douleurs horribles aux triceps, je me dis que c'est la reconstruction. Leogang, une piste avec beaucoup d'engagement, je fais deuxième. C'était déjà bien. Et puis Lenzerheide, je me régale là-bas, j'adore. Camille (Balanche) me met 4 secondes en qualifs, je prends ma revanche ensuite pour gagner. Après la commotion et d'autres petits soucis, cette victoire m'a vraiment fait du bien, à la tête surtout. Je suis confiante pour la suite. »

Des chutes et une crevaison
« À Vallnord, la veille de la reconnaissance à pied, je fais nuit blanche et je vomis toute la nuit. Le matin, hôpital. J'ai zéro énergie. Toute la semaine, c'est l'enfer. Et là, la pire sensation de ma carrière : aller à un départ autant à reculons. J'étais à plat. En haut, j'ai de bons temps intermédiaires et je tombe bêtement de fatigue, j'ai lâché le guidon (7e). Gros coup dur. À Snowshoe, je retombe, encore. Là, je me dis "quand est-ce que ça va marcher ?". Je vois le général s'éloigner de plus en plus. Et Mont Saint Anne, je retombe à la qualif... Je pense que c'est dû au fait que je me cherche, je cherche ma vitesse. Physiquement, j'étais pas aussi bien que les autres années. Et en finale, je suis en vert dans tous les intermédiaires (donc meilleur temps provisoire) et je crève... Pas croyable, mais c'est comme ça. C'étaient des étapes pas facile à digérer. »

Les Gets, bronze mondial amer
« Je me suis bien entraînée, j'arrive en mode "je sais que ça va être difficile, mais je vais être forte". Et je n'ai pas réussi à gérer comme je voulais. Il y avait de la pression, ces derniers sauts qui me posaient souci. La course, j'assure un peu trop toute la piste et en bas, je perds quatre secondes sur le dernier intermédiaire, j'accroche tous les sauts. La médaille de bronze, c'est une grosse déception. C'est facile de performer quand tu es à l'autre bout du monde, mais performer quand tu es attendu, à la maison... Les grands champions savent le faire. Là, c'est la déception totale. C'est dur. En repensant à ma saison, je me dis "bon, cette médaille de bronze, elle est quand même pas mal". Mais après les Gets, la motivation est au plus bas. ça m'a achevé, anéanti. J'étais en colère contre moi-même. »

Val di Sole, une 2e victoire pour terminer
« Le team (Commencal) jouait le général de la Coupe du monde. Les managers sont venus et m'ont dit qu'ils avaient besoin de moi. Là, je me suis rendu compte de tout le travail que tout le monde donnait. Je me suis dit que j'allais le faire pour moi, mais aussi pour eux. Ce n'était pas le moment de lâcher, surtout sur une piste très difficile. Et je gagne... Ça m'a fait vraiment du bien. Globalement, quand je pense à ma saison, je vois surtout les leçons à tirer. Il y a deux victoires, beaucoup de panneaux dans le vert (les chronos intermédiaires sur une course) mais pas assez de victoires. L'objectif était le doublé, Coupe du monde et Championnats du monde. Mais à 32 ans, j'ai encore appris énormément et c'est cool. »

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