Les constructeurs apparus et disparus dans les années 2010

Fabien Gaillard
motorsport.com

Précision : le terme de "constructeur" en Formule 1 désigne l'entité qui conçoit un certain nombre de pièces essentielles de la monoplace et qui donne son nom au châssis. Ce n'est pas forcément le nom de la société qui détient l'écurie, ni le nom de l'écurie elle-même. Ainsi, même si de nombreux constructeurs cités dans notre article n'ont en fait été gérés que par une seule et même structure/usine, la dénomination du châssis (et donc du constructeur) a, elle, varié dans le temps.

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Réapparition : Mercedes (1954-1955 puis 2010-...)

Réapparition : Mercedes (1954-1955 puis 2010-...) <span class="copyright">Rainer W. Schlegelmilch</span>
Réapparition : Mercedes (1954-1955 puis 2010-...) Rainer W. Schlegelmilch

Rainer W. Schlegelmilch

On ne présente évidemment pas l'écurie qui a sans doute établi l'une des dominations les plus éclatantes de la discipline mais également du sport mondial. Fin 2009, Mercedes acte son retour en Formule 1, 55 ans après les heures de gloire du milieu des années 1950, en rachetant l'écurie Brawn pour s'engager en 2010 comme constructeur. Les premières saisons seront difficiles et loin des attentes mais la victoire arrivera dès 2012 avant une montée en puissance et le passage à une réglementation turbo hybride qui sacrera pour longtemps l'Étoile, avec Lewis Hamilton et Nico Rosberg.

Disparition : BMW Sauber (2006-2010)

Disparition : BMW Sauber (2006-2010) <span class="copyright">Glenn Dunbar / Motorsport Images</span>
Disparition : BMW Sauber (2006-2010) Glenn Dunbar / Motorsport Images

Glenn Dunbar / Motorsport Images

Après quelques apparitions sporadiques dans les années 1950 – avec des BMW engagées à titre privé – et une fourniture moteur à Brabham dans les années 1980, le constructeur à l'hélice s'engage à part entière à partir de 2006, après le rachat de Sauber dont il conservera le nom, accolé au sien. L'écurie réalise des résultats très prometteurs en 2007 et 2008, avec en point d'orgue la victoire de Robert Kubica au Canada en 2008. La saison 2009 marque un coup d'arrêt et, la crise mondiale frappant, BMW annonce son retrait dès juillet avant de revendre la structure à Peter Sauber.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi sa disparition est-elle incluse dans cette liste ? Eh bien, malgré un retrait effectif de la marque allemande, le châssis de 2010 a bien été inscrit sous le nom de "BMW Sauber" pour conserver les primes de la saison précédente, faisant donc artificiellement survivre le constructeur jusque dans les années 2010 et créant un attelage incongru BMW Sauber-Ferrari.

Apparition / disparition : HRT (2010-2012)

Apparition / disparition : HRT (2010-2012) <span class="copyright">Glenn Dunbar / Motorsport Images</span>
Apparition / disparition : HRT (2010-2012) Glenn Dunbar / Motorsport Images

Glenn Dunbar / Motorsport Images

Répondant à l'appel d'offres lancé par la FIA pour attirer de nouvelles équipes en F1, Adrián Campos se lance après plusieurs années dans les formules de promotion avec Campos Grand Prix. En proie à des difficultés financières, l'écurie changera de propriétaire avant même de disputer le moindre GP en 2010 pour devenir Hispania Racing Team, puis HRT. Durant ses trois saisons en discipline reine, la structure réalise comme meilleur résultat une 13e place au GP du Canada 2011 et n'aura jamais les armes pour jouer les points. Elle fera faillite après la fin de saison 2012.

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014)

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) <span class="copyright">LAT Images</span>
Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) LAT Images

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Autre équipe à répondre à l'appel d'offres de la FIA, Lotus Racing, le nom "Lotus" étant alors utilisé avec la bénédiction de Group Lotus. Cette structure est en grande partie soutenue par le gouvernement malaisien – soucieux de promouvoir Proton, qui détient une majorité de Lotus Cars – et un consortium d'entreprises privées dont Proton et AirAsia, propriété de Tony Fernandes, qui est nommé directeur de l'écurie. Sur le plan des résultats, cette première saison, malgré un duo de pilotes expérimentés (Jarno Trulli et Heikki Kovalainen), n'est pas bonne : la voiture est trop loin et aucun point n'est inscrit.

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014)

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) <span class="copyright">LAT Images</span>
Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) LAT Images

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Sur fond de désaccords avec Fernandes, Group Lotus met fin à la licence d'utilisation du nom "Lotus" en fin d'année 2010. Pour sa seconde saison, l'écurie devient alors... "Team Lotus", du nom de la mythique structure de Colin Chapman. Fernandes a en effet racheté auprès de David Hunt les droits sur ce nom. Cependant, Group Lotus ayant pris des participations dans l'écurie Renault F1, en acceptant d'en devenir le sponsor titre (l'écurie prenant alors la dénomination officielle de Lotus Renault GP), le maintien de "Lotus" dans le nom de la structure de Fernandes est contesté. L'affaire se résoudra devant les tribunaux, la justice donnant raison à Fernandes en autorisant le maintien du nom "Team Lotus", puisqu'il en avait effectivement la propriété, tout en soulignant que le nom "Lotus" était lui la propriété de Group Lotus.

Sur le plan des résultats, grâce au moteur Renault notamment, des progrès sont notables mais pas suffisants pour marquer des points, avec de nouveau la 13e place comme meilleur résultat au cours de la saison.

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014)

Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) <span class="copyright">Sam Bloxham / Motorsport Images</span>
Apparitions / disparitions : Lotus Racing/Team Lotus/Caterham (2010-2014) Sam Bloxham / Motorsport Images

Sam Bloxham / Motorsport Images

Malgré le fait d'avoir obtenu le droit d'utiliser "Team Lotus", Fernandes donne finalement à son écurie le nom de Caterham à partir de la saison 2012, constructeur historiquement lié à Lotus qu'il a racheté en 2011. Les résultats ne s'améliorent pas et, progressivement, Fernandes perd patience. En juillet 2014, il vend Caterham F1 Team (mais pas Caterham Cars) à un groupe d'investisseurs helvético-dubaïotes mais la structure finit par être placée en redressement judiciaire en fin de saison. Elle manque les courses aux États-Unis et au Brésil mais parvient, par le truchement d'une opération de financement participatif, à disputer le GP d'Abu Dhabi, mais il s'agira du chant du cygne. Le team sera liquidé début 2015.

Apparition / disparition : Lotus F1 Team (2012-2015)

Apparition / disparition : Lotus F1 Team (2012-2015) <span class="copyright">Rainier Ehrhardt</span>
Apparition / disparition : Lotus F1 Team (2012-2015) Rainier Ehrhardt

Rainier Ehrhardt

Quand Renault décide de vendre son écurie à la toute fin des années 2000, Genii Capital se porte acquéreur. C'est sous le nom de Lotus F1 (et avec le soutien de Group Lotus) que l'écurie disputera le Championnat du monde à partir de la saison 2012. En réussissant le coup de faire revenir Kimi Räikkönen, la structure gagne sur tous les tableaux et remporte deux victoires et signe de nombreux podiums en 2012 et 2013. Mais à partir de 2014, faute à un manque de moyens et à des départs en série, l'équipe sombre dans la hiérarchie. Fin 2015, au bord de la faillite, elle est rachetée par Renault qui fait alors son retour en tant que constructeur à part entière.

Réapparition : Renault (1977-1985 puis 2002-2011 puis 2016-...)

Réapparition : Renault (1977-1985 puis 2002-2011 puis 2016-...) <span class="copyright">Sutton Motorsport Images</span>
Réapparition : Renault (1977-1985 puis 2002-2011 puis 2016-...) Sutton Motorsport Images

Sutton Motorsport Images

Le Losange s'offre alors une troisième aventure en Formule 1. Renault ne brille pas vraiment avec ses moteurs depuis le début de l'ère turbo hybride, et les relations avec Red Bull se sont dégradées. Aussi l'ambition de ce retour en tant qu'équipe d'usine se veut-elle mesurée, sous l'impulsion du grand patron Carlos Ghosn. À l'heure d'écrire ces lignes, si les progrès ont été notables, Renault n'a pas signé un seul podium depuis son retour et l'avenir du programme F1 reste à écrire, la nouvelle direction du groupe n'excluant pas d'y mettre fin avant 2021.

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016)

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) <span class="copyright">Sutton Motorsport Images</span>
Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) Sutton Motorsport Images

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Manor est la troisième structure à intégrer la F1 dans le cadre de l'appel d'offres pour 2010, mais elle est renommée plus tard Virgin Racing sous l'impulsion de Richard Branson, PDG de Virgin, qui s'est pris au jeu après l'épopée Brawn GP. Mais la réalité est tout autre : le châssis conçu intégralement par ordinateur n'est pas bon, tout comme le moteur Cosworth. Les performances stagnent et, en 2011, Branson revend 40% des parts au constructeur russe Marussia, qui en prendra définitivement le contrôle après la fin de saison.

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016)

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) <span class="copyright">Andrew Hone / Motorsport Images</span>
Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) Andrew Hone / Motorsport Images

Andrew Hone / Motorsport Images

Après le rachat complet de Virgin par Marussia, c'est le nom du constructeur russe qui apparaît sur les tablettes. La saison 2012 est mauvaise. En 2013, Marussia fait courir Max Chilton et Jules Bianchi, ce dernier remplaçant Luiz Razia au dernier moment et permettant à la structure de bénéficier de faveurs de la part de Ferrari, dont le Niçois est pilote junior. Les résultats seront intéressants mais pas suffisants. En 2014, le duo est reconduit et Bianchi réalise l'exploit en inscrivant deux points – les premiers d'une des trois structures arrivées en 2010 – à Monaco. Malheureusement, en fin de saison, au Japon, le Français s'accidente violemment en percutant un engin de levage ; il décédera neuf mois plus tard, sans jamais avoir repris conscience. Marussia, anéanti par cet événement et en difficulté financière, ne finit même pas la saison et est placé sous administration judiciaire.

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016)

Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) <span class="copyright">LAT Images</span>
Apparitions / disparitions : Virgin/Marussia/Manor (2010-2016) LAT Images

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Début 2015, la structure est sauvée in extremis par Stephen Fitzpatrick, chef d'entreprise du secteur de l'énergie. La saison sera difficile, l'écurie ayant fait le choix de courir avec un châssis 2014 modifié et un moteur Ferrari 2014, mais cela ne l'empêchera pas de qualifier ses F1 pour la course dès la seconde manche de la saison. En 2016, la voiture se montre relativement compétitive. Pascal Wehrlein inscrit un point à la régulière en Autriche. Cependant, ne trouvant pas de nouveaux investisseurs à temps, elle doit définitivement mettre la clé sous la porte en début d'année 2017.

Apparition : Haas F1 Team (2016-...)

Apparition : Haas F1 Team (2016-...) <span class="copyright">Haas F1 Team</span>
Apparition : Haas F1 Team (2016-...) Haas F1 Team

Haas F1 Team

En 2014, Gene Haas, conseillé par Günther Steiner, décide de s'engager en Championnat du monde de F1, en 2016. Durant la période préparatoire, Haas parfait un modèle économique unique : un partenariat technique poussé avec Ferrari qui va lui octroyer toutes les pièces possibles pour un châssis conçu avec l'aide de Dallara. La première saison dépasse les attentes, avec un top 5 dès le premier GP. En 2018, l'écurie termine cinquième du classement constructeurs. Mais en 2019, son incapacité à venir à bout de certains problèmes la font dégringoler à l'avant-dernier rang.

Disparition : Force India (2008-2018)

Disparition : Force India (2008-2018) <span class="copyright">LAT Images</span>
Disparition : Force India (2008-2018) LAT Images

LAT Images

Courant 2007, l'équipe Spyker est rachetée par Vijay Mallya, homme d'affaires indien. En 2008, la structure s'inscrit sous le nom de Force India. Le parcours en F1 du constructeur indien est quasi exemplaire sur le plan sportif, avec une progression constante et une certaine régularité au niveau des accessits. Un total de six podiums, à une époque où l'accès aux sommets pour les petites écuries est particulièrement compliqué, récompense le travail d'une écurie modeste mais rarement prise en défaut. Cependant, ce fonctionnement a un coût et l'écurie vit longtemps au-dessus de ses moyens, alors que de plus en plus de scandales touchent Mallya. C'est en 2018 que la situation s'aggrave fortement : Force India doit être placé sous administration judiciaire et en situation de faillite.

Apparition : Racing Point (2019-...)

Apparition : Racing Point (2019-...) <span class="copyright">Mark Sutton / Motorsport Images</span>
Apparition : Racing Point (2019-...) Mark Sutton / Motorsport Images

Mark Sutton / Motorsport Images

La lumière vient alors d'un consortium de milliardaires, mené par Lawrence Stroll, père du pilote Lance, qui avait pris ses quartiers du côté de Williams. Le rachat de l'écurie est effectif à l'été mais les châssis conservent le nom de Force India avant d'être officiellement renommés "Racing Point" à partir de 2019.

Réapparition/Disparition : Sauber (1993-2005 puis 2011-2018)

Réapparition/Disparition : Sauber (1993-2005 puis 2011-2018) <span class="copyright">Sutton Motorsport Images</span>
Réapparition/Disparition : Sauber (1993-2005 puis 2011-2018) Sutton Motorsport Images

Sutton Motorsport Images

Comme nous l'avons vu, Sauber est officiellement réapparu en 2011 sur les grilles suite à la parenthèse BMW. Après plusieurs saisons de résultats intéressants, dont quatre podiums en 2012, les choses se sont gâtées à partir de 2014, aussi bien sur le plan sportif que financier. Exsangue, la structure est rachetée par Longbow Finance courant 2016 ce qui lui offre une bouffée d'air bienvenue.

Mais la situation sportive fluctuante et les difficultés financières entraîneront un changement de direction courant 2017, alors même que l'écurie s'était engagée comme partenaire de Honda. Arrivé à la tête de Sauber, Frédéric Vasseur annulera l'accord avec Honda pour se rapprocher du motoriste historique de l'écurie, Ferrari. C'est sous l'impulsion de ce nouveau partenariat renforcé qu'Alfa Romeo arrivera en sponsor titre dès 2018, avant un retour officiel comme constructeur. Le nom de Sauber disparaîtra cette fois totalement même si, dans les faits, c'est bien l'entreprise suisse qui engage et gère l'équipe.

Réapparition : Alfa Romeo (1950-1951 puis 1979-1985 puis 2018-...)

Réapparition : Alfa Romeo (1950-1951 puis 1979-1985 puis 2018-...) <span class="copyright">Andy Hone / Motorsport Images</span>
Réapparition : Alfa Romeo (1950-1951 puis 1979-1985 puis 2018-...) Andy Hone / Motorsport Images

Andy Hone / Motorsport Images

Dans le cadre des liens renforcés entre Sauber et Ferrari, l'écurie suisse a donc pris le nom d'Alfa Romeo même s'il s'agit avant tout d'un changement symbolique. Il s'agit cependant du retour officiel du constructeur italien, qui était présent en F1 dès 1950, avant un engagement moins couronné de succès dans les années 1970-1980.

Disparition : Toro Rosso (2006-2019)

Disparition : Toro Rosso (2006-2019) <span class="copyright">Steven Tee / Motorsport Images</span>
Disparition : Toro Rosso (2006-2019) Steven Tee / Motorsport Images

Steven Tee / Motorsport Images

Il s'agit certainement d'une des "disparitions" ayant le moins de conséquences puisqu'il s'agit uniquement de renommer Toro Rosso en AlphaTauri. La raison ? La promotion par le groupe Red Bull d'une marque de mode créée en 2016.

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