Contrôlée positive à l'EPO en 2014, Laila Traby risque un an de prison avec sursis

Laila Traby en 2014. (F. Faugère/L'Équipe)

L'ancienne championne de France du 5 000 m Laila Traby était au tribunal de Marseille, ce lundi. Elle risque un an de prison avec sursis pour avoir été contrôlée positive à l'EPO et à l'hormone de croissance. Deux hommes, deux fournisseurs d'EPO, ont également été jugés

Laila Traby sera fixé sur son sort le 3 octobre, Ce jour-là, le tribunal correctionnel de Marseille communiquera sa décision dans l'affaire de l'athlète, contrôlée positive en 2014, quelques mois après son titre de championne de France du 5 000 m. Elle risque un an de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. « Je ne veux plus entendre parler d'athlétisme depuis cette affaire qui m'a choquée », a confié devant le tribunal correctionnel l'ex-demi-fondeuse qui avait été suspendue trois ans en 2015 après ce contrôle.

À la suite d'un renseignement, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) s'était présentée le 7 novembre 2014 à la station d'altitude Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) où elle s'entraînait. Dans un premier temps, elle avait refusé le contrôle puis avait passé plusieurs coups de fil notamment à Salim Ghezielle, présenté comme un « apporteur d'athlètes » à différents clubs français.

Il enjoignait à la sportive de tout effacer sur son téléphone. Dans le frigo de son logement, les gendarmes découvraient des seringues d'EPO glissées dans une boite de vitamines, ainsi qu'un flacon vide d'hormone de croissance sur lequel était découvert son ADN. « J'ai eu peur, j'étais sous le choc, je ne comprenais pas ce qui se passait », s'est défendue Laila Traby pour justifier son refus du contrôle et sa panique établie par les SMS affolés échangés avec Salim Ghezielle.

Traby, 43 ans, a ouvert un salon d'esthétique

Dans le téléphone de la sportive, les gendarmes trouvaient ce que l'accusation nomme « un protocole de dopage » : un tableau sur 31 jours portant des noms de vitamines autorisées mais aussi de simples posologies laissant supposer qu'il s'agissant de produits dopants illégaux. Le document avait été partagé entre la sportive et Salim Ghezielle auquel elle adressait également ses analyses sanguines pratiquées sous un nom d'emprunt.

Après avoir contesté la possession des produits, Laila Traby, alors licenciée à Martigues, avait reconnu se les être injecté en pensant qu'il s'agissait de vitamines recommandées par Salim Ghezielle. « Je lui faisais confiance à 100 % », a dit celle qui a aujourd'hui 43 ans et a ouvert un salon d'esthétique.

Jugé notamment pour l'avoir incité au dopage, le procureur Jean-Yves Lourgouilloux a réclamé contre Salim Ghezielle deux ans d'emprisonnement dont un an ferme et une amende de 10 000 euros. Un troisième prévenu, aujourd'hui gardien d'immeubles à Clermont-Ferrand après une carrière de marathonien avortée, est soupçonné d'avoir fourni de l'EPO et de l'hormone de croissance achetés librement au Maroc. Deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme, et une amende de 10 000 euros ont également été requis à son encontre.

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