Conway : "Décrocher le titre est plus dur que gagner au Mans"

Basile Davoine
·2 min de lecture

Sacré Champion du monde samedi dernier avec ses coéquipiers assure qu'il aurait choisi "ce titre mondial plutôt qu'une victoire au Mans" cette année, et pense ainsi avoir compensé ses déceptions passées dans la Sarthe. "Espérons que les 24 Heures du Mans viendront un jour, mais décrocher le titre mondial est vraiment plus dur que juste gagner au Mans, car il y a des courses de six et huit heures, et toutes comptent à la fin", insiste le pilote britannique. "C'est chouette de terminer la saison comme ça, avec une sorte de poids en moins."

Ce titre décroché par la Toyota #7 à Bahreïn fait suite à une série d'occasions manquées aux 24 Heures du Mans pour l'équipage. En 2019, une crevaison tardive dont avait été victime López avait privé les trois hommes de victoire. Toyota avait en effet changé le mauvais pneu sur leur voiture en raison d'un capteur mal monté, offrant ainsi la victoire à l'autre prototype alors piloté par . En septembre dernier, un problème d'échappement avait fait perdre près d'une demi-heure dans les stands au trio alors que leur niveau de performance était au-dessus de celui de la voiture sœur.

Lire aussi :

Conway, Kobayashi et López décrochent le titre mondial à Bahreïn

Pour Conway, la victoire de la Toyota #7 aux 6 Heures de Spa-Francorchamps en août dernier, alors qu'elle était affectée par un handicap de performance supérieur à celui de la Toyota #8, s'est avéré décisif dans la lutte pour le titre. "Je pense que c'est ce qui nous a maintenus dans la course après les 24 Heures du Mans", souligne Conway. "J'ai le sentiment qu'à part au Mans, nous avons vraiment tiré le meilleur de chaque situation."

Introduit cette saison, le système de "success handicap" était en défaveur de la Toyota #7 pour la finale disputée à Sakhir, celle-ci se retrouvant ralentie à hauteur de 0"54 au tour. Néanmoins, les futurs Champions du monde ont bien pris garde de ne rien prendre pour acquis. "Nous devions encore faire le boulot malgré ces dixièmes à notre avantage", précise Conway.

L'exemple de l'intervention de la voiture de sécurité à mi-course le prouve, puisqu'il a fallu tout recommencer à zéro. "On ne pouvait pas se détendre, on a fait la course jusqu'au dernier arrêt au stand", explique Conway. "Même lorsque l'on avait la minute d'avance, on a pu voir que ça pouvait disparaître avec la voiture de sécurité. On ne sait jamais, on aurait pu subir une crevaison, ce qui les aurait remis dans le match. On essayait d'accentuer l'écart en raison de toutes ces choses qui peuvent survenir."

Propos recueillis par Gary Watkins