Corentin Moutet, après son premier tour victorieux à l'Open d'Australie : « Je préférerais gagner en une heure et demie... »

Corentin Moutet a franchi le premier tour en puisant dans ses réserves. (J. Lai/USA TODAY SPORTS/Presse Sports)

Poussé aux cinq sets et aux quatre heures de combat, face au Chinois Wu Yibing, lundi, Corentin Moutet était soulagé de s'en être sorti, malgré un corps en souffrance (6-4, 5-7, 6-2, 4-6, 7-5).

« Plus de quatre heures pour votre premier match de l'année, et aussi un corps qui a bien souffert, non ?
Oui, c'était compliqué, avec plein de retournements de situation. J'ai eu plein de soucis physiques pendant le match ; c'était compliqué à gérer, j'ai essayé de faire avec les quelques qualités qui me restaient à la fin. Ça devait être dur pour lui aussi (le Chinois Wu Yibing). J'ai fait comme je pouvais quoi.

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Racontez-nous ce qui s'est passé. La nuque dès le deuxième jeu, le poignet droit dans la deuxième manche, la cuisse droite au cinquième set...
J'ai fait un faux mouvement au service au début, c'est pour ça que j'ai voulu faire intervenir le kiné sur mon cou. Ensuite, en revers, je me suis fait mal au poignet droit sur un passing ; en fait, j'avais un peu mal depuis une semaine ou deux, et là j'ai senti que ça s'est déplacé, j'ai entendu un crac. J'ai essayé de serrer les dents en me disant que ça ne pouvait pas trop empirer. J'étais super bien strappé ; à chaud ça va plutôt mais j'ai hâte de voir ce que ça donnera demain.

À cause de cela, vous avez été contraint de ne jouer presque plus que des revers coupés à une main, c'était problématique ?
Il fallait quand même faire de temps en temps des revers à deux mains, parce qu'avec que des chops, ça allait être compliqué de s'en sortir. J'ai essayé de trouver l'équilibre. J'espère que je pourrai jouer le prochain match (dans la nuit de mardi à mercredi contre l'Argentin Francisco Cerundolo, 30e mondial). Je vais voir ce qu'il faut faire.

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Et les crampes à la cuisse droite, au cinquième ?
Pour être transparent, j'ai eu une énorme grippe quand je suis arrivé à Melbourne et on n'a pas pu s'entraîner comme lors de la présaison. Et puis j'ai dû courir davantage dans les trois derniers sets, à cause du revers slicé... Mais je pense que ça va me faire du bien, pour reprendre le rythme, de faire ce genre de matches, pour me prouver, à moi, que je suis capable de jouer longtemps. On travaille le physique, quoi, je me dis toujours ça.

C'est la 8e fois que vous disputez un match de plus de 3h30. Vous les aimez, ces combats en cinq sets ?
Non je ne les aime pas (sourire). Il y en a beaucoup mais c'est mon jeu, et c'est aussi ma force. Jusqu'au dernier point, je ne lâche pas. Je préférerais gagner en une heure et demie, ce serait mieux pour mon corps, mais s'il faut jouer 5 heures, 6 heures, bah, je jouerai tant que je tiendrai, pas de souci. »

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