Corinne Diacre : « Il faut casser la mauvaise dynamique »

Corinne Diacre lors de la défaite de la France contre l'Allemagne (1-2), le 7 octobre en amical. (F. Faugère/L'Equipe)

Corinne Diacre, la sélectionneuse de l'équipe de France féminine, qui reste sur deux défaites, a annoncé jeudi la liste des 23 joueuses retenues pour le match amical face à la Norvège le 11 novembre.

« En septembre, vous aviez exprimé l'envie d'intégrer de nouvelles joueuses durant les mois de préparation à la Coupe du monde (20 juillet - 20 août 2023 en Australie et Nouvelle-Zélande). Cette liste confirme-t-elle cette volonté ?
On a deux nouvelles. Je ne pensais pas intégrer autant de joueuses aussi vite. Mais les blessures actuelles font qu'on a des joueuses comme Mathilde Bourdieu (PFC) et Maëlle Garbino (Bordeaux) de se montrer au plus haut niveau. C'est une liste du 3 novembre. Qu'est-ce qu'elle sera pour la Coupe du monde ? Je n'en sais rien. Aujourd'hui, il faut aussi que je fasse attention aux joueuses blessées et aux organismes qui sont très fatigués.


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On retrouve aussi Viviane Asseyi et Lindsay Thomas, qui avait été appelée une première fois en octobre...
Asseyi était au dernier stage puisqu'elle avait été rappelée pour suppléer une joueuse blessée. Depuis, elle joue et elle est performante avec son club. Elle a prouvé avec nous qu'elle pouvait être une joueuse influente et décisive. C'est pour ça qu'elle rejoint ce groupe. Lindsay Thomas m'a fait bonne impression lors du dernier stage. Il faut lui donner une deuxième chance pour que je puisse la revoir.

Sandy Baltimore, en revanche, n'est pas là...
Je suis en contact avec Gérard Prêcheur son entraîneur au PSG. Les performances de Sandy ne sont pas celles que l'on a pu connaître ces derniers temps. C'est un mauvais passage. Je sais qu'elle travaille beaucoup. C'est une décision du moment.

Kheira Hamraoui, elle, a repris. Elle joue avec le PSG. Pourquoi vous ne l'avez pas sélectionnée et a-t-elle un avenir en bleu ?
La porte n'est fermée à personne. Kheira a rejoué, 15 minutes en Ligue des champions et 90 minutes le week-end dernier. C'est encore peu. Il faut qu'elle retrouve une condition physique parfaite, parce qu'il ne faut pas oublier qu'elle n'a pas joué pendant 8-10 mois, en tout cas trop longtemps. Il faut qu'elle retrouve du rythme et de la performance. Mais je suis contente de la revoir sur un terrain de foot. Il faut lui laisser du temps.


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Kadidiatou Diani est la meilleure buteuse de D1. Est-ce que vous imaginez l'installer en pointe chez les Bleues plutôt que sur l'aile droite ?
On a plusieurs solutions. Quand vous voyez la liste des attaquantes, on n'a que l'embarras du choix. Ce poste pourrait aussi revenir à Lindsay Thomas. On va voir dans quel état de forme je vais récupérer les joueuses la semaine prochaine. On prendra la décision à ce moment-là.

L'équipe de France reste sur deux défaites. Qu'est-ce que vous attendez de ce match face à la Norvège ?
Déjà pas une troisième défaite. Il faut casser la mauvaise dynamique. Ça faisait un moment que ça ne nous était pas arrivé. On n'a pas joué sur notre vraie valeur lors du dernier rassemblement. Le match face à la Suède (0-3, le 11 octobre) m'a fait beaucoup plus de mal que celui face à l'Allemagne (1-2, le 7 octobre). En Suède, on a pris une gifle. On n'a pas démarré le match à l'heure. On aurait pu jouer longtemps sans trouver la solution parce qu'on n'avait pas les capacités, ni physiques, ni mentales. Les joueuses étaient, elles aussi, très mécontentes de cette performance. Mais c'est un match à l'instant T. La qualité des joueuses, elle est là. C'est un mauvais moment. On l'a passé, on l'a digéré. Il faut que l'on termine cette année civile en retrouvant le goût de la victoire. C'est important pour nous et pour la préparation de la Coupe du monde.

Les deux clubs français (PSG et Lyon) n'ont pas gagné un match en C1 non plus. Il y a de nombreuses blessées et vous parlez beaucoup de la fatigue des joueuses. Est-ce que c'est conjoncturel ou est-ce que c'est plus structurel, est-ce que le football féminin français est en train de perdre une certaine avance qu'il avait ?
Les matches de Ligue des champions des clubs français ont confirmé l'état de forme physique de l'équipe de France au mois d'octobre. C'est un mauvais moment à passer. Ça ne remet pas en cause le travail de la Fédération et des clubs sur le long terme. Mais le moment est difficile. J'en ai parlé avec plusieurs coaches de clubs. Il faut faire en sorte de ne pas avoir plus de blessées que ce qu'on a actuellement. Ça fait partie du sport, mais aujourd'hui elles sont très nombreuses et c'est souvent grave, ce qui éloigne les joueuses longtemps des terrains. Il faut faire le dos rond et l'accepter. Il faut peut-être aussi changer quelques petites choses pour que les joueuses récupèrent mieux et plus vite. Et puis, les autres travaillent aussi. Beaucoup de nations travaillent bien et certaines performent plus.


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Est-ce qu'il faut une remise en question pour se relever des deux défaites ?
On a été marquées par ces deux défaites, en plus on s'est quittées rapidement donc on n'a pas pu faire le débrief. Il n'y a rien d'alarmant. Ce sont des matches de préparation, donc par définition, ils servent à se préparer. On savait qu'on avait encore du travail et on sait encore plus que si on est juste, on ne peut pas rivaliser avec des tops nations européennes. Il faut en faire encore un peu plus. Travailler encore plus et peut-être un peu différemment. Ce sont des choses dont nous allons discuter avec les joueuses. Mais il ne faut pas tout remettre en cause. On est passé à côté de notre sujet mais il faut en tirer les leçons pour recommencer à avancer. Il faut remettre ces deux matches dans un contexte temporel. On a eu notre décompression post-Euro à ce moment-là. On n'était pas prêtes à jouer deux nations de ce calibre-là. Mais on apprend dans la défaite et ces défaites vont nous servir.

Vous revenez d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Est-ce que vous avez choisi votre camp de base pour la Coupe du monde ?
Rien n'est entériné. J'attends la validation des instances. On aura un séminaire en décembre avec les membres du staff pour discuter de toute cette préparation en amont. On a vu des hôtels, des terrains d'entraînement. Il y a des choses intéressantes et d'autres moins adaptées à une vie de groupe. On fera un choix. On va peser le pour et le contre pour faire notre choix. »