Coronavirus : peut-on annuler son voyage sans perdre d'argent ?

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Pour les voyageurs n'étant pas passés par des offres groupées de voyagistes, obtenir un remboursement intégral est très difficile.
Pour les voyageurs n'étant pas passés par des offres groupées de voyagistes, obtenir un remboursement intégral est très difficile.

Avec la crise du coronavirus qui touche actuellement de nombreux pays dans le monde, les touristes qui avaient prévu de se rendre dans une zone à risque peuvent-ils reporter ou annuler leur voyage sans perdre d’argent ?

Depuis plusieurs semaines, de plus en plus de pays sont concernés par le Covid-19, apparu en Chine lors du mois de décembre. De ce fait, le tourisme dans le monde connaît une réelle crise, à tel point qu’elle devrait coûter 30 milliards de dollars aux compagnies aériennes. Si vous avez prévu de voyager à l’étranger dans les prochains jours ou prochaines semaines mais que vous n’avez plus envie de vous y rendre, Yahoo Actualités vous expose les solutions qui s’offrent à vous.

Pour un voyage en Chine

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En raison du coronavirus, les tour-opérateurs français ont décidé, au début du mois de février, de suspendre tous les voyages organisés en Chine jusqu'au 31 mars. Selon l’UFC-Que Choisir, trois solutions sont proposées aux clients concernés : reporter leur voyage, se le faire rembourser ou changer sa destination. Si le vol est annulé, les clients peuvent bien évidemment être remboursés intégralement.

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Pour un “séjour” tout compris

Si le voyageur a acheté un séjour via un tour-opérateur (billet d’avion + hôtel ; hôtel + location de voiture ou encore billet d’avion + billet pour un événement sur place...) il y a une réglementation spécifique, comme nous l’explique Raphaël Bartlomé, responsable du service juridique à l’UFC-Que choisir : “Lorsque l’on réserve une offre de voyage groupée, il y a une réglementation européenne que l’on retrouve dans le code du tourisme (NDLR : article L211-14). Il y a possibilité de demander au tour-opérateur l’annulation de son séjour avec un remboursement sans pénalité, dès qu’il y a des raisons sérieuses de penser que le voyageur est exposé à un risque, comme actuellement avec le coronavirus.

Il est important de souligner que cette directive ne concerne pas seulement les zones à risque comme la Chine ou le nord de l’Italie : “Cette réglementation n’est pas valable uniquement si je me rends dans les villes concernées aujourd’hui, parce qu’on ne fait que constater l’épidémie au fur et à mesure et qu’elle a vocation à augmenter. En revanche, si je vais au Groenland, zone absolument pas touchée par l’épidémie, ça sera compliqué de démontrer qu’il y a un risque potentiel.” À noter que cette réglementation concernant les voyagistes n’est pas réservée aux personnes les plus vulnérables mais à tout le monde.

Pour un billet d’avion ou une réservation hôtel

Si le client a seulement acheté un billet d’avion, les règles sont différentes. Il devient alors dépendant des conditions d’annulation de la compagnie, ce qui n’est pas toujours gagné, explique Raphaël Bartlomé : “Dans la majorité des cas, les billets sont non annulables ou non remboursables. Notamment chez les compagnies low cost qui partent du principe que si l’avion n’est pas annulé, ils ne remboursent pas. La plupart du temps, les pénalités sont de 100%, soit aucun remboursement”. À noter qu’Air France propose à ses clients d'annuler sans frais les vols prévus avant le 31 mai.

Concernant les hôtels, même son de cloche : “Tout dépend de la politique commerciale prévue dans les conditions générales. Il suffit de lire la partie remboursement pour être fixé.” Mais dans la plupart des cas, obtenir un remboursement est très difficile, pour les mêmes raisons que les compagnies aériennes : “Dans la majorité des cas, les pénalités vont jusqu’à 100%, même en zone contaminée. S’il n’y a pas de mesure prise par les autorités locales et que les hôtels restent ouverts, le remboursement sera difficile à obtenir.

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Que valent les assurances annulation ?

Pour les assurances annulations qui sont soit souscrites au moment de la réservation, soit présentes grâce à une carte de paiement qui prévoit une assurance annulation, ce n’est pas gagné non plus, selon Raphaël Bartlomé : “Encore une fois ça dépendra des contrats, mais dans la majorité des cas, soit il y a une exclusion ferme des assurances qui ne prennent pas en charge les épidémies, soit il va y avoir des clauses contraignantes comme ‘Il faut être à moins de 100 km d’une zone avec un risque épidémique qui doit naître dans les 8 jours avant mon arrivée’. C’est la technique de l’entonnoir afin de restreindre les conditions”.

Même si toutes ces conditions sont remplies, ce n’est pas pour autant que le remboursement sera exemplaire : “Si on franchit ce premier pallier, il y a des franchises qui vont coûter plus ou moins cher et le client ne sera donc jamais remboursé intégralement”, explique-t-il.

Inutile de trop anticiper

Si le voyage est prévu dans plusieurs semaines ou plusieurs mois, cela ne sert à rien de paniquer et de vouloir anticiper un remboursement trop à l’avance. “Les réglementations sont faites pour protéger jusqu’au départ”, explique le responsable du service juridique à l’UFC-Que choisir.

De plus, la situation actuelle avec le nouveau coronavirus évolue de jour en jour. Il y a des améliorations pour certaines zones, comme la Chine, mais il y en a d’autres où la situation empire, comme en Europe. Il est donc impossible d’anticiper la situation dans tel pays à tel moment, et préférable d’attendre les derniers jours avant le départ pour prendre une décision.

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