Coronavirus - Benoît Hubert (professeur d'EPS, Snep-Fsu) : « On nous demande de bricoler »

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Le secrétaire général du Snep-Fsu (lui-même professeur dans un collège des Ardennes), syndicat des enseignants d'EPS et des professeurs de sports, s'interroge sur les consignes très restrictives du protocole sanitaire du ministère de l'Éducation nationale. « Fallait-il exclure l'EPS de la reprise des cours ?
Non, même s'il y a des critiques, cela ne veut pas dire que les professeurs ne veulent rien faire. Si on dit que ce n'est pas possible, on va être ciblés comme les tire-au-flanc de l'Éducation nationale. Je trouve que c'est important que les professeurs d'EPS échangent avec les élèves après deux mois de confinement. Les enfants ont besoin de bouger, mais quelles activités physiques peut-on faire avec ce protocole sanitaire (du ministère de l'Éducation) ? Les consignes verrouillent beaucoup de choses. Le sport à l'école dans l'incertitude avant le déconfinement À quoi vont ressembler les cours d'EPS post-déconfinement ?
On ne parle pas de « cours » ni même « d'EPS », ce sera de la mise en activité des jeunes. On peut faire des ateliers de musculation où les élèves tournent mais cela nécessite souvent un peu de matériel, qu'on devrait donc désinfecter. On nous demande de bricoler, le ministère se repose sur l'imagination des enseignants pour reprendre, dans le respect des consignes sanitaires. Je rejette l'idée de cours théoriques : les élèves vont déjà rester dans leur classe à la même place et y manger. Si les cours d'EPS ont lieu en classe, que les élèves ne peuvent pas pratiquer, autant qu'ils restent à la maison, ils bougeront plus... Benoît Hubert, secrétaire général du Snep-Fsu et enseignant « Reprendre (l'EPS) sans aucun matériel de l'établissement, ça me paraît difficile » Est-ce possible de relancer les cours sans matériel collectif ?
Reprendre sans aucun matériel de l'établissement, ça me paraît difficile. Le protocole sanitaire parle de matériel individuel autorisé mais les élèves n'ont pas tous une raquette de badminton ou de tennis de table chez eux. De mon point de vue, il reste du matériel utilisable. On pourrait faire du tennis de table avec une raquette et une balle par élève. Chacun irait ramasser sa balle sans toucher celle de l'autre, et après le cours, on passerait un coup de lingette désinfectante sur le matériel. Je pense que ce ne serait pas trop difficile. Mais le ministère veut éviter tout risque. »

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