Coupe Davis : le contrat liant la Fédération internationale de tennis et Kosmos rompu

Le Canada de Felix Auger-Aliassime et Denis Shapovalovov a remporté la dernière édition de la Coupe Davis. (Oscar J.Barroso/AFP7//Presse Sports)

Le board de la Fédération internationale de tennis et Kosmos ont mis fin à leur partenariat pour l'organisation de la Coupe Davis. La fin d'un marasme qui durait depuis août 2018 et qui avait fait plonger la compétition dans l'anonymat.

C'est la fin d'un marasme qui durait depuis août 2018 et la réforme radicale de la Coupe Davis votée à 71 % par l'assemblée générale de Fédération internationale de tennis (ITF), à Orlando (Floride). Le contrat qui liait (pour 25 ans) l'ITF au groupe Kosmos de Gérard Piqué a été rompu. On ignore encore qui est à l'origine de cette séparation.

Depuis 2018, plusieurs formules avaient été mises à l'essai pour la compétition mais aucune n'avait donné satisfaction, plongeant la séculaire épreuve dans l'anonymat. A priori, celle mise en place en 2023, avec notamment une phase finale, à Malaga (21-26 novembre), resterait en l'état. Mais un flou entoure la suite des opérations.

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Dans un communiqué ubuesque envoyé aux différentes fédérations, Dave Haggerty, le président de l'ITF, se félicite du formidable succès de l'épreuve depuis quatre ans (plus d'argent pour les nations, pour les joueurs, davantage de participation des meilleurs, intérêt croissant pour les fans, etc.)... avant d'écrire benoitement que le contrat avec Kosmos est rompu !

Aucune raison n'est avancée pour expliquer cette abrogation. Symbolique du flou qui enveloppait la collaboration des deux parties depuis le début. « Même le Davis Cup Committee n'a pas l'information, raconte Gilles Moretton, le président de la Fédération française. Ses membres ne connaissent pas les raisons de la rupture. Et pas davantage qui est à l'origine de la séparation. Est-ce que c'est parce que Kosmos n'a pas payé ? On l'ignore. Mais c'est comme ça depuis le début. Sur cette histoire, on n'avait aucune transparence. J'ai demandé à voir le contrat Kosmos et on n'a pas voulu me le donner. En novembre, à Glasgow, j'ai même demandé à un membre du Davis Cup Committee, l'Egyptien Ismail El Shafei, et il n'en savait pas plus. Personne n'est au courant des contrats, sauf Haggerty. »

Depuis 2018, le nouveau modèle de la Coupe Davis, transformée en Coupe du monde des nations, pêchait à tous les niveaux. Les rencontres majoritairement organisées en terrain neutre ne suscitaient aucune ferveur populaire et des rumeurs faisaient état de lourdes pertes financières, qui se comptaient en dizaines de millions d'euros. Il y a quelques mois, Kosmos aurait d'ailleurs demandé à l'ITF un délai pour s'acquitter des 6 M€ qu'il lui devait.

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« Kosmos s'est fait virer parce que, comme le prévoyaient beaucoup d'experts il y a quatre ans, ils ont perdu beaucoup d'argent et n'ont pas été capables de payer ce qu'ils avaient promis, explique une source proche du dossier. Maintenant, l'important n'est pas que tout ceci se soit terminé en désastre mais de savoir sur quelles bases on va repartir. Il me semble que ce qui rendait la Coupe Davis absolument unique, c'était son format d'alternance domicile / extérieur. »

Le futur format de l'épreuve en questionC'est l'ITF qui gérera l'organisation de l'épreuve en 2023. Pour la suite, il est urgent d'attendre. « Je suis ravi de cette rupture avec Kosmos, conclut Moretton. J'étais déjà contre cette réforme avant même d'être élu président. Je crois que les Grands Chelems doivent se positionner sur la Coupe Davis. On travaille à fédérer les quatre Grands Chelems, qui sont les piliers du jeu, et la Coupe Davis fait partie de notre patrimoine. Après, le format, c'est une autre histoire... On va tous se réunir et réfléchir à l'avenir de la compétition. »

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