Coupe Davis - Kyle Edmund, l'Anglais qui aimait la terre battue

L'Equipe.fr
Le profil de Kyle Edmund (22 ans, 47e), qui affronte ce vendredi Lucas Pouille en quarts de finale de la Coupe Davis, est atypique : le Britannique est un attaquant qui aime la terre battue. Il y a ses repères, hérités de nombreuses heures d'apprentissage. Décryptage.

Le profil de Kyle Edmund (22 ans, 47e), qui affronte ce vendredi Lucas Pouille en quarts de finale de la Coupe Davis, est atypique : le Britannique est un attaquant qui aime la terre battue. Il y a ses repères, hérités de nombreuses heures d'apprentissage. Décryptage.Pour préparer ce quart de finale sur terre battue, Daniel Evans a échangé par mail avec son aîné Tim Henman, demi-finaliste de Roland-Garros en 2004 malgré son jeu de pur attaquant, histoire d'obtenir quelques conseils bien avisés pour apprivoiser une surface qui ne sied guère au numéro un britannique du week-end (44e mondial), zéro tournoi ATP sur terre au compteur.Son jeune coéquipier Kyle Edmund (22 ans, 47e) n'est pas un «enfant de la terre» et n'a pas migré en Espagne lors de sa formation (comme un certain Andy Murray, absent à Rouen), mais cela ne l'empêche pas d'apprécier les spécificités du jeu sur terre battue. «C'est ma surface préférée», aime-t-il à rappeler, tordant le cou à l'idée reçue (et souvent vérifiée, du reste) selon laquelle un British et la terre, ça fait deux. Pourquoi donc cette différence chez ce grand échalas (1,88m), né en Afrique du Sud puis élevé à Beverley (Yorkshire), biberonné au cricket et à la natation et qui n'a pris en pogne une balle jaune qu'à partir de dix ans ? Plus jeune, Edmund a privilégié les tournois sur terre battue«Parce que j'y ai beaucoup joué, répondait l'intéressé, en 2013. Et plus j'ai grandi, plus j'ai compris le jeu sur terre. Jouer des balles plus bombées, liftées, avec des trajectoires sortantes, des angles, cela bonifie mon jeu. Vous êtes souvent récompensés dans l'échange avec ce genre de frappes.» Mercredi après-midi, à la Kindarena, la différence était frappante entre Evans, aux frappes à plat, peu travaillées, et Edmund, au service kické et au coup droit très fouetté/bombé. En disputant de nombreux tournois sur la surface, l'ancien élève de Greg Rusedski, y a ajouté des skills naturelles de déplacement (glissades, reprises d'appuis, etc) qui en font aujourd'hui un joueur certes offensif mais à son aise sur terre battue.Avant même les juniors, Kyle Edmund a ainsi privilégié les tournois sur ocre : en 2008-2009, en moins de 14 ans, il a disputé 74 matches dont 39 sur terre battue. Idem lors de ses premières sorties chez les pros. Voici sa feuille de route en 2013, à 18 ans : 11 Futures et 3 Challengers sur terre battue, Roland et Wimbledon juniors, et 3 (premiers) tournois ATP sur gazon (Queen's, Eastbourne, Wimbledon), et sur invitation. Bilan : 51 matches dont 43 sur terre (84%). Le ratio a logiquement diminué avec l'ascension au classement du Britannique (intégration du Top 100 en août 2015), l'obligeant à se produire bien plus souvent sur dur, où son profil d'attaquant s'exprime d'ailleurs logiquement le mieux. Ce vendredi après-midi, Edmund jouera contre Lucas Pouille son premier match sur terre battue depuis neuf mois. «La dernière fois, c'était en Serbie, et j'y ai produit du bon tennis, donc ce sont de bons souvenirs (deux succès en Coupe Davis face à Lajovic et Tipsarevic), commentait mercredi le Britannique. Le but ici, c'est de réussir la transition dur-terre, mais en Coupe Davis, vous avez le temps de vous préparer, donc il n'y a aucune excuse.»En novembre 2015, au Flanders Expo de Gand lors de la finale Belgique-Grande-Bretagne (1-3), Kyle Edmund avait honoré sa première cape en bousculant le numéro un belge, David Goffin, s'inclinant après avoir mené deux sets à zéro. Les conditions de jeu ? De la terre battue indoor. Les Français sont prévenus de la menace.

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages