Coupe du Monde 2026, le Maroc a-t-il ses chances ?

Opposé à un trio Etats – Unis / Mexique / Canada, le Maroc saura mercredi s’il organisera la Coupe du Monde 2026. Entre coups bas et petits arrangements politiques, décryptage d’un face à face loin d’être gagné pour le pays d’Afrique du Nord.

Les dirigeants du football marocain présentent leur projet en janvier dernier
Les dirigeants du football marocain présentent leur projet en janvier dernier

Deux Coupes du Monde d’affilée dans deux pays de confession musulmane (Qatar 2022 et Maroc 2026) ? Le trio nord-américain a usé de tous les arguments pour expliquer que c’était à son tour d’accueillir le Mondial 2026. Et comment s’y prendre ? En maintenant la pression sur la FIFA.

D’abord en poussant l’organe à créer en dernière minute une Task force à même de valider les dossiers de candidature avant le vote final, et qui remettra en cause à coup de sous-entendus la candidature africaine, avant de la valider de manière partiale : le royaume est accrédité d’une note de 2,7/5 contre 4/5 pour la candidature United 2026… Un score se basant sur six aspects différents : les stades, les installations d’équipes, l’hébergement, le transport, les télécommunications, les lieux pour les événements et les festivals de fans.

Si la FIFA ne voulait lui donner la Coupe du Monde, elle ne s’y prendrait autrement. En réalité, le Maroc a une toute petite chance, liée notamment au nouveau procédé de vote. Mercredi, fini les 23 membres sous influence du comité exécutif (gouvernement) de la FIFA, et place au vote de tous les présidents de fédération. 211 voix au total. Si une grande partie des 54 pays africains voteront en faveur du Maroc, la majorité des 35 fédérations de la CONCACAF se rallieront au trio nord-américain. Le scrutin se jouera donc sur les votes européens, d’après nos informations très divisés (55), et asiatiques (46), les deux autres grosses confédérations porteuses de voix.

Et la position de la France ou plutôt de Le Graët ? Pro-marocaine, la France votera en faveur du pays d’Afrique du nord pour des raisons historiques, politiques et économiques.

En fait, une partie des chances maghrébines réside dans l’anti-Trumpisme de certains pays. A l’image du dernier G7 où le Président américain s’est retrouvé isolé, l’anti-américanisme s’est développé ces dernières semaines en lien avec la position trumpiste sur le nucléaire iranien, et le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem. Et les Marocains ont aussi axé leurs attaques sur la collaboration américo – mexicaine, en sachant que la Maison blanche a décidé de construire un mur anti-immigrés à la frontière entre les deux pays. Tout cela suffira-t-il au Maroc pour l’emporter ?

Dominés il y a 8 ans par le Qatar dans le cadre de l’obtention du Mondial 2022, les Etats-Unis ne veulent plus ressentir ce goût amer de défaite. Ambassadeur de la candidature 2022, Bill Clinton, écœuré en décembre 2010, avait “fracassé” le miroir de sa suite. Depuis, l’enquête du FBI a débouché sur le FIFAGATE, et un cabinet d’avocat américain (Quinn Emanuel) fait office de premier conseiller juridique à la FIFA, de quoi verrouiller de l’intérieur.

Le Maroc, lui, s’est déjà incliné à quatre reprises, lors des scrutins d’attribution des Mondiaux 1994, 1998, 2006 et 2010, et avait d’ailleurs été suspecté de corruption face à France 98. Les dernières heures seront source de tractations et de lobbying appuyé pour l’organisation d’une première Coupe du Monde à 48.

Antoine GRYNBAUM

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