Coupe du monde de hockey sur gazon : les Bleus avec les yeux sur les Jeux

L'équipe de France face au Canada lors de la Nation Cup. (F. Uijlenbroek/FIH)

L'équipe de France entame ce vendredi face à l'Australie (10h30, en direct sur L'Equipe Live), leader du ranking mondial, sa Coupe du monde en Inde, dernier rendez-vous majeur avant les Jeux de Paris 2024 dans 18 mois.

Une Coupe du monde, qui plus est en Inde, la patrie du hockey sur gazon même si elle a perdu de sa superbe (*), ne saurait être abordée comme une simple préparation à un objectif de plus grande envergure, en l'occurrence les Jeux de 2024. Mais il est vrai que le match d'ouverture que les Bleus, privés de JO depuis ceux de Munich en 1972, disputeront en qualité d'hôtes de la compétition, à Colombes dans 18 mois, trotte depuis un bon moment dans toutes les têtes du hockey français, à commencer par celle de sa présidente Isabelle Jouin : « La Coupe du monde 2023 en Inde est une des étapes dans la réussite sportive et sociétale des Jeux de Paris 2024 ! »

Les Bleus en quête d'un exploitDans une Poule A très relevée, où figure l'Australie (1re au ranking mondial), l'Argentine (7e) et l'Afrique du Sud (14e), la France (12e) doit terminer au pire troisième pour arracher un barrage (crossover) équivalent à un huitième de finale contre une équipe de la Poule B qui pourrait être la Belgique, l'Allemagne ou la Corée du Sud, toutes mieux classées qu'elle dans le top 10. Autant dire qu'un nouveau quart de finale, après la surprise de 2018, relèverait de l'exploit.

Il y a cinq ans, déjà en Inde, en terminant à la 8e place de la compétition, après notamment une victoire de prestige contre l'Argentine, championne olympique 2016, en poule puis avoir effacé la Chine en huitième, les Bleus avaient décollé d'une anonyme 20e place mondiale pour se faire une place aux portes du top 10. Un statut confirmé par une deuxième participation d'affilée à la Coupe du monde après avoir terminé deuxièmes du tournoi de qualification européenne à Cardiff l'an dernier derrière le Pays de Galle organisateur.

La Nation Cup a freiné leur élanL'an dernier, avec un coup de pouce du destin (le forfait du Canada pour cause de Covid-19) et le soutien de l'Agence Nationale du Sport, la France avait participé à la Pro League, un Championnat au long cours qui regroupe les meilleures nations du hockey. En battant l'Inde, l'Afrique du Sud ou l'Irlande, elle avait encore étoffé sa carte de visite. Mais la Nation Cup en fin d'année dernière a freiné cet élan. Diminués par les blessures, les hommes de Frédéric Soyez ont terminé cinquième, alors qu'une victoire, à leur portée si l'effectif avait été au complet, les aurait qualifiés de nouveau pour la Pro League cette année.

Privée de ce supplément de rencontres internationales indispensables à la construction d'une expérience du haut niveau, l'équipe de France doit s'en remettre à cette Coupe du monde, puis aux Championnats d'Europe en août prochain, pour se continuer à se tanner le cuir. « Ce n'est pas compliqué : aux Jeux, il y a six équipes européennes, explique Soyez. Ces six équipes-là sont dans le Top 8 mondial. Donc un Championnat d'Europe, c'est un peu comme le hand ou le basket, c'est quasiment, on ne va pas dire plus fort qu'un Championnat de monde, mais une grosse compétition avec cette année la qualification directe pour les Jeux pour le champion. À un an des Jeux, les équipes vont vraiment se préparer avec un renouvellement de génération qui a eu lieu après les Jeux de Tokyo pour quasiment toutes les nations. »

(*) Désormais 5e mondiale, l'Inde a dominé la discipline pendant trois décennies, remportant entre 1928 et 1956 l'ensemble des six médailles d'or olympiques et trente matches consécutifs.