Course - Joan Mir gagne enfin et file vers le titre !

Léna Buffa
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Après deux jours de roulage sur un bitume tantôt mouillé, tantôt en conditions mixtes, les 22 pilotes de la catégorie reine se sont présentés sur la grille de départ avec l'impression de plonger dans l'inconnue. Les nombreux changements entre les pneus medium et durs, particulièrement à l'avant, témoignaient des doutes nourris par certains pilotes jusqu'à la dernière minute quant à la bonne combinaison à choisir compte tenu du manque de roulage sur le sec à ce stade du week-end, mais aussi parfois le jeu psychologique qui commence à prendre de plus en plus d'importance à ce stade du championnat.

Qualifié en pole position, Pol Espargaró a conservé les commandes à l'extinction des feux, résistant au très bon départ d'Alex Rins, alors que Takaaki Nakagami conservait sa troisième place dans les premiers instants de la course.

Mais, avant la fin du premier tour, les regards se portaient bien au-delà pour un premier coup de théâtre dans la course au titre : Fabio Quartararo et Aleix Espargaró sont en effet tombés de façon simultanée dans le virage 8, sans même se toucher. Le Français a bondi pour remonter en selle et reprendre la course, devant désormais remonter tout le peloton pour espérer sauver quelques précieux points.

Devant, Joan Mir s'était défait de Nakagami entre-temps pour se hisser à la troisième place, et Miguel Oliveira, attendu ce dimanche, avait lui aussi pris l'avantage sur le Japonais. Passé tout près de la pole samedi, Rins n'a pas tardé à attaquer Espargaró, s'emparant des commandes de la course dans le deuxième tour. Dans la boucle suivante, le pilote KTM perdait une place de plus à la faveur de Mir.

Derrière, ça restait animé ! Lorenzo Savadori est parti à la faute au bout de deux tours, pour ce qui était son premier Grand Prix MotoGP, alors qu'il remplace Bradley Smith sur cette fin de saison. Il a lui aussi pu reprendre la piste, mais bon dernier. Deux tours plus tard, c'est Valentino Rossi qui s'arrêtait en piste, en proie à un problème technique qui allait le contraindre à un abandon prématuré alors qu'il faisait son retour après deux forfaits pour cause de COVID-19. Dans la foulée, deux autres chutes rayaient Pecco Bagnaia et Cal Crutchlow du classement.

Maverick Viñales, qui avait pris place au bout de la pitlane alors que ses adversaires s'installaient sur la grille à la fin du tour de chauffe – pénalisé pour avoir utilisé ce week-end un sixième moteur alors que cinq seulement sont autorisés pour la saison – s'est retrouvé dans les points dès le sixième tour à la faveur de tous ces événements, et devançait donc Quartararo pour lui aussi tenter de sauver ce qu'il pouvait d'un week-end cauchemardesque.

Pour retrouver les autres prétendants au titre les plus solides, il fallait observer ce qui commençait à devenir un second groupe, derrière le binôme Nakagami-Zarco, légèrement détaché de leurs poursuivants. On retrouvait donc Franco Morbidelli septième après ces premiers tours, devançant initialement Andrea Dovizioso. Le pilote Ducati a toutefois brusquement perdu plusieurs places à partir du sixième tour, puis ce fut au tour du #21 de rétrograder, tous deux laissant l'avantage à Jack Miller et Alex Márquez.

L'attaque décisive de Mir

Sur la courte piste de Valence, les écarts sont longtemps restés minimes, mais à l'approche de la mi-course Oliveira n'était désormais plus au contact des trois hommes de tête, menacé par Nakagami. Seul Pol Espargaró parvenait encore à tenir le rythme des deux pilotes Suzuki à l'avant de la course, tentant de garder l'espoir de contrer le doublé qui s'annonçait.

Rins s'est maintenu en tête jusqu'au 16e tour lorsque son coéquipier, après avoir intensifié sa pression, a fini par trouver l'ouverture pour le passer en profitant de son erreur dans le virage 11. Pour la première fois depuis le Grand Prix de Styrie, qui lui semblait acquis avant son interruption, Mir a repris les rênes d'une course et il est reparti en quête de cette fameuse première victoire tant espérée.

Auteur du meilleur tour de la course dans les instants qui ont suivi sa prise de pouvoir, le Majorquin, a rapidement montré que, cette fois, la victoire serait bel et bien pour lui, n'en déplaise à son coéquipier, désormais impuissant, et à Pol Espargaró, lui aussi vaincu. Impérial sur cette fin de course, Joan Mir est enfin entré dans le clan des vainqueurs en devançant de six dixièmes son coéquipier sur la ligne d'arrivée, pour offrir à Suzuki un doublé à la fois en course et au championnat, tout en s'offrant une première balle de match pour le titre en vue du prochain Grand Prix !

Derrière Rins et Espargaró, qui ont conservé leur place jusqu'au drapeau à damier, la lutte pour la quatrième place a tourné à l'avantage de Nakagami sur Oliveira, le Japonais réussissant une solide fin de course pour ne plus être inquiété par le pilote Tech3. Derrière eux, le duel entre Johann Zarco et Jack Miller s'est en revanche prolongé, jusqu'à ce que le Français ne perde pied et dégringole à la neuvième place, visiblement en grande difficulté dans les derniers tours.

Dovizioso a quant à lui tout tenté pour tenter de prendre l'avantage sur Alex Márquez, et il venait d'y parvenir dans la ligne droite, à quatre tours de l'arrivée, quand l'Espagnol est parti à la faute au virage 1, manquant de justesse d'emmener le pilote Ducati dans sa glissade. Il restait une menace de taille pour Dovizioso, celle de Brad Binder qui après avoir observé la pénalité long-lap découlant du Grand Prix précédent, a pu remonter dans le top 10. Le Sud-Africain est parvenu à ses fins dans les derniers instants pour s'emparer de la septième place.

Le top 10 est complété par Zarco, donc, puis Petrucci, devant Morbidelli.

À noter enfin que Tito Rabat a dû abandonner à la mi-course, en proie visiblement à un souci technique.

Classement à suivre