Course - Morbidelli s'impose sans trembler devant les Suzuki

Léna Buffa
·4 min de lecture

Après avoir remporté le premier Grand Prix disputé sur le MotorLand Aragón la semaine dernière, Álex Rins ne comptait pas en rester là et son retour en première ligne lui permettait de nourrir l'espoir d'un doublé. Ses ambitions se sont clairement affichées sur la grille de départ, avec un pari pneumatique le voyant opter pour deux pneus tendres. Qualifié derrière le pilote Suzuki, en quatrième position, Maverick Viñales a opéré un changement de dernière minute pour troquer son pneu avant medium pour un soft lui aussi. Fabio Quartararo avait quant à lui fait le choix détonnant de prendre deux pneus medium, un choix imité par son coéquipier, Franco Morbidelli, dans un changement de dernière minute.

Qualifié en pole position pour la première fois de sa carrière, Takaaki Nakagami a réussi son envol à l'extinction des feux, malgré une trajectoire élargie dans le premier virage qui a permis à Franco Morbidelli de prendre momentanément les commandes. Mais ce fut bien pire quelques instants plus tard, car le Japonais est parti à la faute dans l'enchaînement des virages 4-5. Pour celui qui pouvait se targuer de n'avoir jamais manqué l'arrivée cette saison, les rêves d'un premier podium, voire d'une première victoire, se sont envolés bien vite.

À l'arrière, une grosse chute a également marqué le début de course, lorsque Brad Binder a percuté Jack Miller à la sortie du premier virage. Les deux hommes se sont relevés indemnes et l'incident a été placé sous investigation.

Après ces premiers instants mouvementés, Franco Morbidelli était installé en tête devant Álex Rins et Johann Zarco, le Français ayant réussi à prendre l'avantage sur Maverick Viñales, alors quatrième. Certains pilotes déçus de leur qualification avaient réussi à la compenser, notamment Joan Mir qui dans le premier tour a réussi à compenser sa 12e place de départ et à se porter au cinquième rang en prenant l'avantage sur Fabio Quartararo.

Álex Márquez, quant à lui, réfutait l'option d'un pneu avant dur samedi soir mais l'a finalement privilégiée ce dimanche. Aux premières loges de l'accrochage Binder-Miller au départ, il a tout de même réussi à passer les premiers hectomètres sans encombres et à entamer immédiatement sa remontrée. En se montrant le deuxième homme le plus rapide du début de course, il avait déjà gagné quatre places en l'espace de trois tours, ayant notamment pu rapidement dépasser Quartararo.

Le plus rapide en piste à cet instant était en tout cas Morbidelli. Auteur dans le cinquième tour d'un temps battant un record qui tenait depuis cinq ans (1'48"089), le pilote italien bénéficiait alors d'une demi-seconde d'avance sur Rins après le cinquième tour.

Álex Márquez pensait pouvoir viser à la régulière le top 5 et tout portait à croire qu'il pourrait en effet atteindre son objectif, étant entré dans cette zone au sixième tour dans un dépassement de toute beauté réalisé sur Viñales dans l'enchaînement des virages 14 et 15 où il brille depuis le week-end dernier. Très vite, le pilote Repsol Honda s'est détaché de son compatriote, qu'il a laissé sous la menace du peloton.

Le trio qu'il formait avec Mir et Zarco a dû hausser le ton après la première dizaine de tours pour que l'avance des deux leaders ne soit pas définitivement impossible à combler. Dans le 11e tour, Mir a ainsi pris l'avantage sur Zarco pour commencer à partir en chasse de son coéquipier, alors situé 2"4 devant, puis c'est Márquez qui a fait rétrograder le Français d'un cran de plus. L'Espagnol a toutefois dû s'y reprendre à deux fois, laissant filer au passage de précieux dixièmes. Mais il a surtout vu ses efforts stoppés net dans le 13e tour lorsqu'il est parti à la faute dans le virage 2. Pour lui aussi, les espoirs d'un solide résultat s'envolaient alors qu'il venait de réaliser un très prometteur début de course.

Bénéficiant de quelques centièmes de marge sur Rins à chaque tour, Morbidelli est entré dans la deuxième moitié de la course avec une avance oscillant entre cinq et six dixièmes, qu'il parvenait visiblement à gérer sans difficulté. Derrière eux, Mir avait semé Zarco en l'espace de quelques tours, le Français étant désormais son seul poursuivant. Le Majorquin ne parvenait toutefois pas à recoller aux deux hommes de tête et il allait devoir se contenter de gérer une troisième place tout de même synonyme de gros points pour le championnat.

Plus globalement, les espoirs d'une seconde victoire pour Suzuki commençaient alors à s'évanouir. Morbidelli avait passé la seconde d'avance dans le 18e tour et plus rien n'allait réussir à le troubler jusqu'à l'arrivée. Déjà vainqueur à domicile le mois dernier, le pilote Petronas s'est finalement imposé avec deux secondes de marge sur Rins, empochant 25 points qui maintiennent ses espoirs au championnat, exactement ce qu'il espérait samedi soir.

Classement à venir