Covid-19 : la crise sanitaire fragilise la situation professionnelle des femmes

Cyprien Tardieu
·2 min de lecture
Covid-19 : la crise sanitaire fragilise la situation professionnelle des femmes selon une étude

Une enquête rappelle que les femmes vivent moins bien la crise sanitaire que les hommes. En cause, l’inégale répartition des tâches domestiques et un plan de relance qui privilégie les secteurs où les hommes sont sur-représentés.

Les femmes souffrent globalement plus de la crise sanitaire que les hommes. C’est ce qui ressort d’une enquête publiée dimanche 28 mars par la Fondation des femmes. Ce rapport, financé par la région Île-de-France et construit sur la base d'indicateurs et de données de divers observatoires déjà publiés, confirme une tendance : la charge mentale incombe beaucoup plus à la femme qu’à l’homme et l’inégale répartition des tâches domestiques entre les deux sexes se poursuit.

Lors du premier confinement, au printemps dernier, 40% des femmes ont consacré plus de 4 heures par jour aux enfants, soit le double des hommes. "Elles sont 21% à s'être arrêtées de travailler. 70% des femmes estiment que cette période va les pénaliser dans leur carrière", ajoute l’étude en prenant le soin d’indiquer que la sombre période que nous vivons n’a pas permis un "rééquilibrage" des tâches avec les hommes. Bien au contraire.

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Les oubliées du plan de relance ?

Largement exposées au virus lors de la première vague, les femmes sont aussi les grandes oubliées du plan de relance annoncé par le gouvernement pour sortir de la crise. "Sur les 35 milliards d'euros des plans de relance sectoriels de juin 2020, seulement 7 milliards sont dédiés à des emplois occupés par des femmes. Alors que les secteurs féminisés sont les plus touchés, la relance les oublie. Le décrochage des femmes est donc un risque réel et alarmant", clament les auteurs de l’étude. Si ce plan de relance post-Covid se veut "puissant" et "ambitieux", il fait la part belle aux secteurs où les hommes sont les plus présents.

Rappelons qu’en mars dernier, la "première ligne" mobilisée contre le virus était en grande partie féminine. La part des femmes chez les infirmières (87%), aides-soignantes (91%), aides à domicile (97%), agents d’entretien (73%) ou encore les caissières (76%) est écrasante.

Trois recommandations

Pour palier ces inégalités, la Fondation des femmes recommande trois mesures. D’abord, la revalorisation des métiers dits féminisés, le financement de projets de reconversion vers des filières d'avenir pour encourager l'entreprenariat féminin et enfin la facilitation de l'accès à un service public de la petite enfance. "À chaque fois qu'on met des milliards sur la table, il doit y avoir des contreparties en matière d'égalité femmes-hommes", précise Sylvie Pierre-Brossolette, membre de la Fondation des femmes, pour France Info.

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