Rescapé du Covid-19, un employé de Monoprix privé d'une partie de sa prime à cause de son hospitalisation

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Monoprix au cœur d'une polémique (Photo : Vincent Isore/IP3/Getty Images)
Monoprix au cœur d'une polémique (Photo : Vincent Isore/IP3/Getty Images)

Tombé gravement malade alors qu’il avait continué de travailler dans son supermarché malgré la menace du coronavirus, un salarié de Monoprix s’est vu refuser une partie de la prime promise aux employés de la grande distribution, au motif que son hospitalisation lui a fait manquer des jours de travail.

Un sommet d’absurdité. L’enseigne de supermarché Monoprix est au coeur d’une polémique ces derniers jours, suite aux révélations de l’un de ses salariés de la région parisienne. Employé du même magasin, situé à Boulogne-Billancourt, depuis 19 ans, Zouhir n’avait pas hésité à continuer à travailler lorsqu’a surgi la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement.

Plus de 10 jours d’hospitalisation

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Le danger de contamination était réel et Zouhir, 55 ans, a fini par attraper la maladie début avril. Son état devenant très préoccupant, le quinquagénaire fut même hospitalisé entre le 7 et le 21. Aujourd’hui guéri, Zouhir estime avoir “risqué sa vie”, comme il l’a affirmé au Parisien.

“Quand j’étais à l’hôpital, plein de collègues m’ont appelé, mais pas un message, ni un appel de ma direction, raconte l’intéressé dans les colonnes du quotidien local.

Les syndicats dénoncent une “injustice”

De retour au travail depuis le 21 avril, le quinquagénaire espérait toucher la fameuse “prime Covid” promise par les géants de la grande distribution à leurs employés. Cependant, comme l’indique Capital, cette prime “est calculée au prorata du temps de présence et seuls les employés présents en temps complet, sans jour d’absence, entre le 16 avril et le 10 mai peuvent en bénéficier”.

Zouhir s’est donc vu refuser la totalité de la prime et n’en a touché qu’une partie, alors même que son absence pourrait avoir été directement provoquée par le fait d’avoir accepté préalablement de continuer de travailler en magasin. Plusieurs syndicats sont venus au soutien du salarié, dénonçant une “injustice”.

“Ils ne pensent qu’à l’argent”

“Nous sommes d'abord très touchés par la situation de ce salarié, a répondu un porte-parole de Monoprix, cité par Capital. Mais le seul critère applicable était celui du temps de présence effectif. Un employeur n’a pas le droit de connaître la situation médicale de son salarié. Sa présence ou son absence sont les seuls éléments vérifiables.”

"Il n’y a aucune considération envers le salarié, regrette quant à lui Zouhir, cité par le Parisien. Ils ne pensent qu’à l’argent alors qu’ils ont fait un chiffre d’affaires phénoménal."

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