Crise sanitaire et F1 : "Il peut y avoir des défections d'équipes"

Basile Davoine
motorsport.com

S'il a d'abord tenu à relativiser la situation difficile dans laquelle se trouve la F1 par rapport à l'importance internationale de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19, Frédéric Vasseur estime toutefois que la période inédite qui s'est ouverte doit pousser la discipline à aller plus loin dans la quête de solutions qui garantiraient sa pérennité. À l'heure où les huit premiers Grands Prix de la saison ont d'ores et déjà été repoussés, un cas inédit dans l'Histoire de la F1, le directeur de l'écurie Alfa Romeo met en garde contre une crise qui pourrait avoir des conséquences plus désastreuses encore que celle de 2008.

"C'est la plus grosse crise que la F1 ait connu ces dernières années, du moins depuis que je la suis", souligne-t-il dans un entretien accordé à Julien Fébreau pour Canal+. "C'est une crise qui fait déjà reporter une demi-saison, on n'avait jamais connu ça. Financièrement, ça va impacter les équipes de façon incroyablement dure. C'est le moment de réagir. Il y a eu quelques crises par le passé : la crise financière en 2008, il y avait eu trois ou quatre constructeurs qui avaient quitté la F1 en même temps. Il peut y avoir la même chose cette année, il peut y avoir des défections d'équipe car quand on annule des courses, on ne touche pas la part de droits TV qui nous incombent, donc il faut trouver des solutions. Si l'on n'est pas capables de réagir et de proposer une solution, on aura du mal à passer le cap."

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Vasseur : "La F1 n'est pas le centre du monde"

Avant de devoir affronter cette crise sanitaire, la Formule 1 avait déjà entamé un processus de remise en question suite aux cris d'alarmes répétés des plus petites écuries. C'est notamment ce qui a conduit à la refonte réglementaire prévue pour 2021 avec l'introduction de plafonds financiers et une meilleure redistribution des primes, tandis que la partie technique a été repoussée à 2022. Néanmoins, Frédéric Vasseur estime que tous les verrous n'avaient pas sauté à l'époque des discussions traitant de cette refonte, et qu'il est primordial de le faire désormais.

"Il faut que tout le monde prenne conscience que l'on est à bord du même navire", insiste-t-il. "Il y en a qui sont à la barre, d'autres à la rame, mais s'il y en a un des deux qui manque, ça ne marche pas. Ça, les gens et les grosses équipes n'en ont pas toujours pris conscience. Là, les choses sont en train de tourner car on a eu une quasi-unanimité la semaine dernière sur les changements, on a fini par avoir tout le monde à bord. Les décisions que l'on était incapables de prendre il y a trois mois nous paraissent évidentes aujourd'hui, donc ce serait bien que les décisions qu'on n'aura pas à prendre dans trois mois, on les prenne aujourd'hui. Sinon, il n'y aura pas de survie pour plein d'équipes. C'est la vérité du système."

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