Cristiano Ronaldo avec le Portugal, indéboulonnable mais plus aussi indispensable

Cristiano Ronaldo affrontait la République tchèque (4-0) samedi avec le Portugal. (DW Cerny/Reuters)

Remplaçant à Manchester United, Cristiano Ronaldo est aussi moins influent depuis plusieurs mois en équipe nationale du Portugal, qui affronte l'Espagne, mardi à 20h45 sur la chaîne L'Équipe.

Son apparition à l'entraînement le visage tuméfié, hier, ne pouvait mieux illustrer la mauvaise période traversée par Cristiano Ronaldo. Salement touché au nez par une sortie ratée du gardien tchèque Tomas Vaclik, samedi en début de rencontre, le quintuple Ballon d'Or a souffert de bout en bout lors de la balade de son équipe à Prague (4-0).

« Moins de Ronaldo, plus de Portugal »

Il a manqué deux occasions dans ses cordes ; il a provoqué, sans doute en tentant de préserver sa cloison nasale, un penalty manqué par Patrik Schick dans le temps additionnel de la première période ; et sa façon de célébrer très fraîchement sa passe décisive sur le quatrième but des siens, en fin de match, traduisait bien sa contrariété.

Après le début de saison le plus pénible de sa carrière avec Manchester United (une titularisation en Premier League et deux en Ligue Europa, le tout pour un seul but, inscrit sur penalty), CR7 (37 ans) n'est plus très loin de sentir son statut vaciller en équipe nationale. Lundi matin A Bola, le plus prestigieux des trois quotidiens sportifs du pays, a osé titrer en une : « Moins de Ronaldo, plus de Portugal ».

Le Portugal a appris à gagner sans lui

Le meilleur buteur de l'histoire (117 buts en 190 sélections) a marqué 2 buts en 8 apparitions sous la tunique portugaise depuis novembre 2021. Très loin des 11 buts lors des 8 rencontres qui avaient précédé et de son rendement pendant une décennie : entre juin 2012 et septembre 2021, Cristiano Ronaldo a empilé 43 % des buts portugais (79 sur 183). Il est moins influent, le Portugal a appris à gagner sans lui, et Bruno Fernandes semble grandir à mesure que son coéquipier en club décline.

Lundi, en fin d'après-midi, 57 % des internautes du site du quotidien avaient répondu positivement à cette question : Ronaldo doit-il être remplaçant contre l'Espagne ? Assez violent pour celui qui avait débuté sur le banc en juin dernier face à la Roja, mais dans un contexte totalement différent, au bout d'une saison éreintante.

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Cette fois, CR7 a besoin de temps de jeu et la Seleçao doit lui en donner à deux mois de la Coupe du monde. « Il n'y a pas besoin de travail spécifique, ici tous les joueurs se sentent à l'aise », a éludé lundi Fernando Santos. Le sélectionneur portugais a le sens du temps long. Or, dans son effectif, Cristiano Ronaldo est le seul élément offensif qui a déjà performé sur la durée d'une phase finale. Il reste sur un Euro à cinq buts et une passe décisive en quatre matches, il y a un peu plus d'un an. Et seul un crash au Qatar pourrait amender sa volonté, affirmée la semaine passée, de pousser le plaisir en Seleçao jusqu'à l'Euro 2024.