Cyclisme - Cofidis La course par étapes

Après une triste saison, l'équipe Cofidis a remodelé son effectif en l'axant vers les courses à étapes. Le premier échelon d'un plan pluriannuel qui doit la ramener dans le World Tour.Avec ses traits de poupon et son français hésitant, Rein Taaramäe aurait presque l'air inoffensif. Mais fin juin, à la veille du départ du Tour, l'Estonien ne machait pas ses mots : «On manque de bons coureurs. Si on arrive à prendre un coleader et encore un ou deux mecs avec de l'expérience, ça peut tout changer.» Voeu exaucé. Cofidis a réussi des jolis coups avec les signatures de Jérôme Coppel, Christophe Le Mével et Dani Navarro. Ces quatre-là seront associés dès Paris-Nice avec l'idée de les emmener ensemble jusqu'au Tour, où Coppel et Taaramäe partiront «à égalité» avec l'idée d'un Top 10, voire sur la Vuelta, où Navarro sera le n°1.Cofidis est donc cette saison une équipe de courses par étapes. Pour le reste, cela s'annonce limité sachant que Samuel Dumoulin, tenant de la Coupe de France, est reparti chez AG2R, même si le manager Yvon Sanquer veut croire que Cofidis tient en Egoitz Garcia «notre Flecha à nous». «C'était difficile pour les dirigeants de réunir en une intersaison des coureurs de Grands Tours et de courses d'un jour, résume Coppel. L'année prochaine, ils se concentreront plus sur les spécialistes de classiques. Chaque chose en son temps.» Le temps, Cofidis en a puisque le sponsor s'est réengagé jusqu'en 2016 le 1er juin, alors qu'Eric Boyer était encore en place avant d'être remplacé par Sanquer quelques semaines plus tard.

«Ca fait trois saisons que les résultats ne sont pas au rendez-vous, estime le patron Thierry Vittu. Il fallait renforcer l'équipe. Yvon a fait son travail et a proposé des coureurs. La contrepartie, c'était une petite augmentation de budget, à environ 10 millions d'euros.» «C'est pour ça que je suis arrivé en milieu de saison, même si ça peut surprendre les non avertis, précise Sanquer. Ca donnait une situation peut-être pas simple à gérer humainement .» Elle l'était d'autant moins qu'en plein Tour de France, Rémy Di Gregorio était arrêté pour une affaire de dopage, attirant les caméras. Un événement présenté comme la chute d'un coureur qui «s'est égaré» mais qui faisait rebondir une nouvelle fois l'écho des problèmes passés, de "l'affaire Cofidis" en 2004 au contrôle positif de Christian Moreni en 2007.C'est donc avec une image dévalorisée, à la sortie d'une saison où aucun coureur n'a obtenu plus d'une victoire (six au total), que Cofidis a monté un nouveau projet sur quatre ans. Objectif annoncé : retrouver le World Tour dès 2014, même si «ce n'est pas une obligation», relativise Sanquer, conscient des réalités. Pour Vittu, «l'idée, c'est de retrouver une ambition.» Ce n'était plus le cas ? «Le résultat sportif n'est pas tabou», dit drôlement Sanquer, comme s'il avait fait le constat que l'équipe avait intériorisé une peur d'attirer les regards sur elle, craignant les sous-entendus malgré le travail de Boyer avant son limogeage. Etape par étape, elle compte donc reprendre un miroir symbolique et espère s'y trouver «claire, structurée, rationnelle, crédible», selon les mots de son manager. A voir.

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