Cyclisme - Coronavirus - David Lappartient (président de l'UCI) : « le programme du mois d'octobre a été le plus compliqué à établir »

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David Lappartient, le président français de l'Union cycliste internationale (UCI), a abordé plusieurs points autour de la publication du nouveau calendrier World Tour ce mardi, notamment un mois d'octobre très dense avec le Giro, qui chevauche la Vuelta, et les classiques. « J'ai échangé avec tous les organisateurs, ce fut un long process pour y arriver, et bien sûr nous suivons de manière très attentive la situation internationale, notamment les pays majeurs du cyclisme. Je me réjouis que nous ayons été capables d'adopter ce calendrier à l'unanimité alors que dans certains sports, il y a eu des tensions. Est-ce que cette nouvelle organisation du calendrier sur trois mois va déboucher sur une fin de saison étincelante avec, au milieu un championnat du monde (le 27 septembre, à Martigny, en Suisse) qui peut être extraordinaire ? Je vois beaucoup d'opportunités pour notre sport, même si nous sommes réalistes, on regarde la situation sanitaire mondiale. Pour le cyclisme féminin aussi, on a essayé d'établir quelque chose qui tient la route, le Paris-Roubaix dames, une nouveauté (le 25 octobre, le même jour que les hommes) est une petite lumière supplémentaire. Pour avoir discuté avec eux, pour leur avoir demandé leur avis sur le fait de courir tard, j'ai entendu des coureurs très responsables. Certains ont la chance d'être correctement payés, ce qui entraîne un certain nombre d'obligations. Ça change leurs habitudes, l'enchaînement ne leur fait pas peur. »

Le nouveau calendrier World Tour « Si nous n'avions pas fait ce chevauchement (six jours communs), il aurait fallu repousser la Vuelta à mi-novembre, et dans les Pyrénées, mi-novembre, cela comporte trop de risques climatiques et une perte de luminosité. Les éléments compliqués l'ont été sur l'ordonnancement des courses, là aussi le Giro et la Vuelta : qui en octobre, qui en novembre ? David Lappartient, président de l'UCI « On ne pouvait pas mettre les classiques en novembre en raison des conditions climatiques » Le programme du mois d'octobre a été le plus compliqué à établir car il y avait les classiques ; le Giro en espérait le moins possible en face de lui, mais on ne pouvait pas les mettre en novembre en raison des conditions climatiques. Il y a eu aussi le sujet de la durée du Giro. L'UCI a été favorable à ce que la course conserve sa durée initiale (21 étapes), mais ça allait de pair avec des dimanches où il doit supporter la concurrence des classiques. Ce n'est pas l'idéal, mais si on arrive à faire dérouler toutes ces courses, on pourra s'estimer heureux pour notre sport. » Christian Prudhomme : « Un calendrier exceptionnel bâti dans une situation exceptionnelle » « On a décidé de créer un groupe spécifique pour répondre à toutes les questions d'ordre sanitaire, qui sera conduit par notre directeur médical, le professeur Xavier Bigard, avec deux médecins d'équipes, des coureurs... pour établir la conduite à tenir si nous avons un cas de coronavirus dans une équipe, lors d'une course à étapes. Quelles sont les obligations des organisateurs en matière de distanciation des coureurs, des spectateurs ? On produira des « fiches métiers » pour les organisateurs, de manière contraignante, pour les équipes, les coureurs, les commissaires... Ce travail de fond est lancé. On espère que les conclusions de ce groupe seront livrées au plus vite. » « Cela ne sera pas le cas sur les grands Tours (8 coureurs par équipe). Comme des équipes seront sur trois fronts, il y aura une flexibilité sur certaines épreuves (6 au lieu de 7), sur des courses d'un jour mais je ne l'imagine pas pour les monuments. Cela doit être exceptionnel à mon sens. » « La plupart des coureurs non-européens résident à Monaco, en Andorre, en Espagne, en Italie. Un certain nombre de salariés dépendent du droit européen... Le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué une période de transit pour les personnes n'appartenant pas à l'espace Schengen. Chacune des autorités nationales décidera comme ça se passe. Attendons une réponse claire des gouvernements. Aujourd'hui, on ne peut pas apporter les garanties que les frontières seront rouvertes le 1er août. Par précaution, des équipes ont prévu d'anticiper leurs coureurs quinze jours avant la reprise des courses. »

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