Cyclisme - Dopage - Richard Freeman, l'ancien médecin de l'équipe Sky, accusé de fautes graves par l'agence britannique antidopage

L'Equipe.fr
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Richard Freeman, l'ancien de British Cycling et de l'équipe Ineos (ex-Sky), déjà visé par un procès dont le verdict sera rendu début mars, a cette fois été accusé par l'agence britannique (Ukad) d'avoir violé ses règles antidopage, indique la BBC. Un an et demi après l'ouverture du procès de Richard Freeman, dont le verdict est attendu le 2 mars à la suite d'une longue suspension, de nouvelles accusations viennent fragiliser la défense de l'ancien médecin de l'équipe Sky et de l'équipe de Grande-Bretagne. Déjà accusé de faute grave par le Conseil général des médecins britanniques, qui lui reproche d'avoir commandé illégalement de la testostérone en 2011 à des fins de dopage, Freeman est cette fois mis en cause par l'Agence britannique antidopage (Ukad) qui l'accuse de « possession de produits interdits » et de « perturbation ou de tentative de perturbation du contrôle antidopage ». Pour avoir violé ces deux règles, le médecin risque une suspension de quatre ans, rapporte la BBC, qui évoque « le rebondissement le plus important dans une saga qui porte ombrage à la réputation des équipes cyclistes britanniques ». Freeman aurait déjà contesté ces allégations et exigé une audience. L'Ukad avait déjà enquêté sur Freeman L'Ukad avait déjà enquêté sur Richard Freeman en 2017, dans l'affaire du « jiffy bag », ce mystérieux paquet contenant des médicaments que le docteur avait délivré à Bradley Wiggins lors du Critérium du Dauphiné 2011. Après quatorze mois d'investigations, l'instance n'avait pas réussi à en prouver le contenu et avait classé l'enquête sans suite. À cette période, Wiggins bénéficiait d'autorisations d'usage à des fins thérapeutiques (AUT) et a ainsi reçu des injections d'un stéroïde interdit avant trois courses majeures, dont le Tour 2012 qu'il avait remporté. En octobre 2019, deux ans après avoir démissionné de son poste (en raison, avait-il annoncé, d'importants problèmes de santé liés au stress), Freeman avait dû se présenter face au conseil de l'ordre des médecins britannique, sommé de justifier à la barre cette fameuse commande de trente sachets de testostérone au vélodrome de Manchester, en mai 2011 au siège de l'équipe Sky. Le médecin risque de perdre sa licence Dans ce procès, qui doit déterminer si l'accusé est encore en droit de conserver sa licence de médecin, Freeman plaide coupable pour 18 des 22 chefs d'accusation portés contre lui et reconnaît notamment avoir menti à l'Agence britannique antidopage. En revanche, il assure que cette commande n'était pas destinée à des fins de dopage, mais pour traiter la dysfonction érectile de Shane Sutton, qui était alors le directeur de la performance du Team Sky. Sutton nie ces allégations. Freeman a depuis indiqué qu'il avait détruit le colis contenant la testostérone, et avoué qu'il n'avait pas pensé au code mondial antidopage en le commandant. Il a également reconnu avoir cassé un ordinateur avec un tournevis avant de le donner aux enquêteurs antidopage, un geste qu'il justifie en évoquant « une période où (il) ne se sentait pas bien ». Il promet qu'il n'avait « rien à cacher ».