Cyclisme - Que faut-il pour gagner Milan-San Remo ?

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Sa longueur et son profil rendent l'approche de Milan-San Remo très compliquée, pour Peter Sagan comme pour les autres. Il faut de multiples qualités pour s'imposer dans le premier Monument de l'année (à suivre en direct samedi sur la chaîne L'Equipe).

Sa longueur et son profil rendent l'approche de Milan-San Remo très compliquée, pour Peter Sagan comme pour les autres. Il faut de multiples qualités pour s'imposer dans le premier Monument de l'année (à suivre en direct samedi sur la chaîne L'Equipe).De la «caisse»La «caisse», c'est dans le jargon un physique renforcé par des centaines d'heures passées à rouler. Milan-San Remo est la course la plus longue de la saison. D'ordinaire, les parcours sont limités à 200 kilomètres, sauf exception. Là, le curseur est poussé à 291. «Dès le mois de décembre, on travaille sur l'endurance afin d'habituer le corps à rouler aussi longtemps», explique à la chaîne L'Equipe le tenant du titre, le Français Arnaud Démare, qui évoque «la résistance et la tolérance à la douleur» comme qualité indispensables.La liste officielle des engagésUne bonne conditionProgrammée tôt dans la saison, la Primavera ne tolère guère de retard dans la préparation. Or rares sont ceux qui traversent l'hiver sans pépin. Il peut s'agir d'un simple refroidissement, comme Jürgen Roelandts, troisième en 2016, qui était malade avant Tirreno-Adriatico. «Durant la première étape, je toussais encore sur mon vélo, j'ai vraiment dû mordre sur ma chique (serrer les dents)», explique le Belge. Mais aussi un traumatisme encore présent le jour de la course. Annoncé comme le co-favori avec Peter Sagan, le jeune Colombien Fernando Gaviria est tombé jeudi à l'entraînement. Au moins ce n'est pas une chute dans le final comme l'an dernier, mais il en garde un poignet douloureux.Une bonne pointe de vitesseLa Primavera est usante mais pas forcément très difficile. Le Passo del Turchino est avalé comme en riant à mi-course, donc tout se joue dans les trente derniers kilomètres avec la Cipressa (5,6 km à 4,1%) et le Poggio (3,7 km à 3,7%). Comme ces deux rampes sont spectaculaires mais roulantes, les sprinteurs arrivent souvent à suivre le rythme jusqu'aux deux derniers kilomètres sur la Via Roma. Depuis vingt ans, les meilleurs d'entre eux, les Zabel, Cipollini, Petacchi, Cavendish, Kristoff et autre Degenkolb, se sont imposés dans des arrivées groupées. Les deux seuls grands absents cette année sont Greipel et Kittel.Le sprint si particulier de Caleb EwanDe la chanceCinquième en 2016, Greg Van Avermaet n'est pas dupe. Milan-San Remo, «c'est un peu une loterie, estime le champion olympique. Une belle course, que j'aime, mais où il faut de la chance, surtout si vous n'êtes pas le plus rapide du peloton.» Le Belge, qui manque de pointe de vitesse, doit s'échapper à la Cancellara, or cela dépend beaucoup du vent. «S'il est de face, on ne parvient jamais à sortir du peloton après le Poggio», rappelle Roelandts. La malchance, en tout cas, n'est jamais loin et Nacer Bouhanni, quatrième l'an dernier après un saut de chaine dans la dernière ligne droite, en sait quelque chose.De la maliceLa chance, ça se provoque aussi. Le fait que cette course n'ait pas les multiples côtes du Tour des Flandres ou de Liège-Bastogne-Liège oblige à être malin. «Si je ne m'impose pas, c'est sympa aussi de pouvoir quelque part décider qui va le faire, en rigolait Peter Sagan, battu sur le fil par Gerald Ciolek en 2013, auprès de cyclingnews. Evidemment, je vais tout faire pour gagner, mais je peux aussi jouer un peu avec les autres.» Certaines attaques seront des leurres, parfois issus de stratégies collectives. Il ne faudra pas laisser partir l'homme fort tout en évitant de courir derrière tous les fuyards. Plus simple à dire qu'à faire.Pourquoi les appelle-t-on des Monuments ?

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