Cyclisme - L'interdiction par l'UCI de deux positions sur le vélo soulève la polémique chez les coureurs

L'Equipe.fr
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À partir du 1er avril, il sera interdit aux coureurs de s'asseoir sur leur tube de cadre et d'utiliser leurs avant-bras comme point d'appui sur le guidon. Une décision de l'UCI qui n'a pas tardé à faire réagir. Si deux récentes décisions de l'UCI - la présence d'une 23e équipe sur les grands Tours en 2021 et des sanctions plus sévères pour les jets de bidons et de déchets dans la nature - ont été globalement saluées au sein du peloton, une autre a soulevé la polémique. Pour des raisons de sécurité, l'instance a en effet interdit aux coureurs deux positions, présentées ainsi dans la dernière mise à jour de son règlement : « L'usage du tube supérieur horizontal de la bicyclette comme point d'assise est interdit. De la même manière, l'usage des avant-bras comme d'un point d'appui sur le guidon est interdit sauf lors des épreuves contre-la-montre. » À partir du 1er avril 2021, si un coureur adopte l'une de ces deux positions sur les épreuves World Tour, aux Mondiaux et ou aux Jeux Olympiques, il s'exposera à une amende de 1 000 francs suisse, à une perte de 25 points aux classements UCI, voire à une mise hors compétition ou à une disqualification.

Les coureurs sont divisés Cette nouveauté a rapidement fait réagir les coureurs, car la « position Mohoric », du nom de ce coureur slovène qui a popularisé le fait de s'asseoir sur le cadre de son vélo pour être plus aérodynamique, est régulièrement utilisée en course ces dernières années. Par ailleurs, c'est avec les avant-bras posés sur son guidon que Tim Wellens a fini et remporté la troisième étape de l'Étoile de Bessèges, vendredi dernier. « Combien de coureurs avez-vous vraiment interrogés avant de changer cette règle ? a ainsi écrit André Greipel sur les réseaux sociaux. L'UCI devrait se pencher sur des sujets qui méritent une attention plus urgente que celui-ci... » Egan Bernal a plus sèchement estimé qu'il s'agissait d'une décision « ridicule », Tom Pidcock d'un changement de règle « stupide ». « Et l'an prochain, a ironisé Michal Kwiatkowski, ils vont nous interdire de lever les bras pour célébrer une victoire, ou ils mettront en place des limitations de vitesse... » À l'inverse, Dan Martin juge que « l'UCI doit être félicitée parce qu'elle est proactive, pour une fois : trop souvent les règles ne sont changées qu'en réaction à un incident grave ». Le syndicat des coureurs au soutien de l'UCI Gianni Bugno, le président du syndicat des coureurs (CPA), a lui défendu cette nouveauté en jugeant, auprès de Cyclingnews, que les membres du peloton ont « une responsabilité en tant que modèles ». « Ces positions ne sont peut-être pas un danger pour les coureurs pros, mais elles le sont pour les jeunes coureurs et les amateurs qui vont essayer de les imiter, justifie-t-il, en précisant que Philippe Gilbert et Matteo Trentin ont représenté les coureurs lors des discussions avec l'UCI. Celui qui descend à 70 km/h à l'avant du peloton avec les avant-bras sur le guidon prend le risque de faire tomber tout le reste du peloton avec lui. C'est pour ça que ces positions ont été interdites. »