Cyclisme - Paris-Roubaix - Un an avec l'Australien Mathew Hayman, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix

L'Equipe.fr

Depuis un an et son étonnant succès dans l'Enfer du Nord, Mathew Hayman a vécu de multiples aventures : sa première arrivée sur les Champs-Elysées, la naissance de jumeaux...Le 10 avril 2016, Mathew Hayman remporte Paris-Roubaix au nez et à la barbe de trois jours de Tom Boonen. Le vétéran australien balance entre incrédulité et orgueil, s'excusant d'avoir battu le Belge tout en rappelant qu'il a «quand même couru quinze fois ici». Aussi prestigieux soit-il, ce succès ne change pas fondamentalement l'état d'esprit de ce vétéran rompu à l'anonymat du peloton. Seule nouveauté, il crée un compte Twitter dans la semaine qui suit, lequel compte aujourd'hui 8360 abonnés contre plus de... 250 000 pour Boonen.Pas le temps de se reposer. Trois jours après l'Enfer du Nord, il reprend la compétition à la Flèche Brabançonne et retrouve le rôle d'équipier qui est le sien le reste de l'année, à contrôler le peloton pour Michael Matthews ou Simon Gerrans sur les Ardennaises. «Quand il a été lâché, il s'est battu pour revenir à l'avant dans le dernier tour. Ça montre la force de ce garçon, c'est sans doute l'année où il allé le plus loin dans l'Amstel (Gold Race)», salue son directeur sportif, Matt White le 17 avril. Le 20, il fête son 38e anniversaire sur la Flèche Wallonne par une 144e place à plus de huit minutes d'Alejandro Valverde.Une fois terminée la campagne des classiques et avant d'enchaîner avec le Tour du Yorkshire fin avril, il fait un crochet par Paris et le Palais de l'Elysée afin d'honorer une invitation du président de la République française.En mai, il coupe un mois avec la compétition, puis reprend au Luxembourg avant de boucler sa préparation pour la Grande Boucle au Tour de Suisse. La sélection de Hayman pour le Tour de France est presque une surprise car il n'y a participé qu'une seule fois, en 2014, et n'était pas allé plus loin que la dixième étape.Arriver pour la première fois sur les Champs-Elysées provoque chez l'Australien une émotion intense, d'autant que son jeune équipier Simon Yates termine quatrième et maillot banc, plus une victoire d'étape pour Mathews, signe que Hayman a rempli son rôle de capitaine de route avec succès. «Ça m'a pris dix-sept ans, mais maintenant je peux dire que je suis un vrai pro», savoure-t-il.Le 4 août, alors qu'il s'apprête à basculer dans le dernier tiers de sa saison avec les Championnats du monde en points de mire, il s'offre une récréation en gagnant un critérium à Maastricht . Hormis cette «victoire», le meilleur résultat de Hayman en un an a été une quatorzième place dans la Japan Cup Cycle Road Race, sa dernière course de l'année 2016, le 23 octobre à Utsunomiya.Après avoir accumulé les courses d'un jour (Classique d'Hambourg, GP de Plouay, de Québec et de Montréal, Paris-Tours), toujours dans un rôle de gregario, il participe à la course en ligne des Mondiaux au Qatar. Le tracé est favorable aux sprinteurs, donc à Caleb Ewan, mais toute l'équipe d'Australie est piégée par les bordures. Toute sauf lui. Hayman accroche le groupe de tête en bon Flandrien mais finit à la 21e et dernière place de ce mini-peloton. «J'avais déjà des crampes à cent-vingt kilomètres de l'arrivée», confie-t-il.Une fois la saison terminée, il rentre en Australie pour profiter du calme de l'intersaison. Le 18 novembre, il reçoit la médaille Sir Hubert Opperman du meilleur cycliste australien de l'année. «Ma vie a changé», concède-t-il. Tout le monde évoque son succès sur les pavés. En a-t-il «marre qu'on (lui) parle de Paris-Roubaix ?», s'interroge-t-il sur twitter. La réponse tient en un mot : «non».La pause est de courte durée. Alors qu'il avait pensé à faire de 2016 sa dernière année, Hayman a décidé d'honorer sa dernière année de contrat avec son équipe devenue Orica-Scott, reprenant rapidement l'entraînement.Sa préparation est interrompue par un heureux événement. Le 25 janvier, une semaine avant sa reprise au Tour de Valence, son épouse donne naissance à un garçon et une fille. Une nouveauté à rapprocher d'un tweet qu'il publie cinq semaines plus tard : «Je dois avoir un tennis elbow à force de porter les bébés. Ne dites plus que je suis un Flandrien», entendez un dur au mal.Un mois jour pour jour après la naissance de ses jumeaux, Mathew Hayman retrouve les pavés en compétition à l'occasion du Het Nieuwsblad. La journée est difficile puisqu'il est pris dans une chute à moins de 45 kilomètres de l'arrivée, alors qu'il est dans le premier peloton. Un incident qui brise ses espoirs de bon classement mais ne l'empêche pas de finir. Un moindre mal donc puisqu'il s'était cassé le radius droit sur la même course l'année précédente.Cela fait maintenant un an que Hayman s'est imposé au Vélodrome de Roubaix. Ses dernières semaines ne sont pas sorties de l'ordinaire puisqu'il a cumulé les kilomètres au coeur du peloton (ci-dessous n°45 lors de la dernière étape de Paris-Nice), multipliant les courses sur les pavés afin d'arriver affuté à Compiègne le 9 avril. En espérant que les étoiles s'alignent de nouveau.

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