Cyclisme - Le Paterberg, nouveau roi du Tour des Flandres

L'Equipe.fr
·2 min de lecture

Le nouveau parcours du Tour des Flandres, tracé en 2012, a imposé ce mont très raide, jumelé au Vieux Quaremont, comme juge de paix.

CRÉÉ DE TOUTES PIERRES

Le Paterberg est un mont récent du Tour des Flandres, qui le franchit pour la première fois en 1986, un an après que la route a été pavée. C'est un habitant du sommet de ce hameau de la commune de Kluisbergen, qui avait l'habitude de jeter sa Renault toussotante dans la pente pour la faire démarrer, qui avait réclamé à la voirie d'y installer des pavés plutôt qu'un bitume, dans le but de faire venir le Ronde et de concurrencer le Koppenberg voisin, emprunté lui depuis 1976. Le Tour des Flandres le visitera pour la 36e fois d'affilée dimanche.

UN NOM MYSTÉRIEUX

Non seulement on se chamaille en Flandres pour savoir s'il s'agit du Paterberg ou du Patersberg, mais l'origine du mont demeure également inexpliquée. Littéralement, Paterberg signifie mont des pères ou, par extension, mont des moines, mais aucune ancienne abbaye n'a jamais été localisée dans les environs. Le Paterberg est aussi parfois appelé le Waaiberg ou mont des vents, qui caressent souvent son sommet, d'où l'on aperçoit le mont de l'Enclus, le Vieux Quaremont mais aussi la crête qui définit la frontière linguistique.

UN LIEU DE COURONNEMENT

Depuis que le Tour des Flandres a opté, en 2012, pour un circuit final, le Paterberg, couplé au Vieux Quaremont, en est devenu un point stratégique, avec deux passages, l'un à 51 km de l'arrivée, mais surtout le second, à 13 km. Dernier mont franchi, le Paterberg accueille en son pied les survivants des 250 km de parcours, jamais plus de trois depuis 2012, et toujours le vainqueur, sauf en 2014 (Cancellara, avec Vanmarcke, était à une dizaine de secondes de Van Avermaet et Vandenbergh). À deux reprises, le futur vainqueur s'isola sur ses pentes avant de filer à l'arrivée : Cancellara, qui y largua Sagan en 2013, et Sagan, qui y déposa Vanmarcke en 2016.

UN PÉTARD À MÈCHE COURTE

Sur le papier, avec à peine 400 m, soit la plus petite longueur pour un mont du Tour des Flandres, le Paterberg fait figure de freluquet comparé aux plus de 2 km du Vieux Quaremont. Mais sa pente est la plus redoutable, avec un passage à 20 % que seul le Koppenberg peut s'enorgueillir de battre (22 %). La difficulté est renforcée par le fait que, après la descente du Quaremont, les coureurs attaquent le mont depuis l'arrière-cour d'une ferme située à son pied à angle droit, donc sans élan.