Cyclisme et pollens : les bons réflexes pour prévenir les allergies respiratoires

Un cycliste en Auvergne-Rhône-Alpes. (E. Garnier/L'Équipe)

Sport de plein air, le cyclisme à cette période de l'année et en particulier lors de pics de polliniques, peut favoriser une rhinite allergique (rhume des foins), voire de l'asthme. Que faire ? Clarisse Nénard, la coach Vivons Vélo, vous explique comment concilier pollens et vélo.

Crises d'éternuements, nez qui chatouille et qui coule, yeux qui grattent, piquent et pleurent, démangeaison au niveau du palais, encombrement des sinus paranasaux, ... le rhume des foins peut constituer un véritable handicap pour les cyclistes et un cauchemar pour ceux qui en souffrent. De plus en plus fréquente, la rhinite allergique touche 25 % de la population française.

Bien que cette affection soit bénigne, non traitée, elle évolue dans 30 % des cas vers un asthme. Tous âges confondus, 80 % des asthmes sont d'origine allergique. La moitié des allergies respiratoires est imputable aux pollens. Celles-ci vont de pair avec les périodes de pollinisation : avril à juillet (graminées), avril (bouleau), août à septembre (ambroisie), février à avril (cyprès). Avec les changements climatiques, les périodes de pollinisation risquent de s'allonger les prochaines années, et par conséquent celle des allergies aussi.

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Quoi qu'il en soit, il n'est pas question pour autant de rester enfermé chez soi et d'accrocher son vélo dans le garage ! Grâce à un bon contrôle des allergies, un traitement adapté, il est possible de continuer ses sorties vélo. Il suffit de respecter certaines précautions et recommandations.

Prévenez en amont

Pour lutter contre les rhinites allergiques, il est important de connaître les différents allergènes auxquels notre organisme est confronté pour anticiper les risques et pour continuer à avaler les kilomètres dans de bonnes conditions. Prenez rendez-vous chez un médecin allergologue. Il réalisera des prick-tests (tests cutanés) et une prise de sang pour doser ce que l'on appelle les IGE. En fonction du résultat, il mettra en place un traitement efficace, voire un protocole de désensibilisation.

Traitez dès les premiers symptômes

Votre nez commence à chatouiller, à picoter ? Misez sur un spray nasal barrière. Il dépose un film protecteur (acide hyaluronique, poudre de cellulose) sur la muqueuse nasale afin de réduire le contact avec les allergènes présents dans l'air.

Vous éternuez, vos yeux piquent et votre nez coule ? Prenez un antihistaminique sous forme de comprimés, certains sont disponibles sans ordonnance. Il bloque l'effet de l'histamine à l'origine des réactions allergiques. Un spray nasal non anticholinergique ou à base de cromoglicate de sodium ainsi que des collyres oculaires peuvent réduire la réaction inflammatoire de la muqueuse.

Le traitement antihistaminique reste insuffisant et la rhinite s'aggrave ? Passez à la corticothérapie à action locale, seule ou en association avec un antihistaminique oral ou intranasal. Les corticoïdes oraux peuvent être utilisés exceptionnellement en cas d'échec et sur de très courtes périodes.

Consultez votre médecin pour un meilleur accompagnement dans votre pratique sportive. En lui expliquant précisément les gênes ressenties, dans quelles conditions... il pourra adapter le traitement avec des thérapeutiques plus appropriées. Si vous sortez en compétition, certains produits pris pour soigner les allergies respiratoires sont soumis à une réglementation antidopage. Mieux vaut lui en parler.

Renseignez-vous et surveillez les périodes de pollinisation

Elles varient en fonction des régions et des conditions climatiques. Il existe de nombreux sites et applications qui permettent de connaître en temps réel la concentration des différents pollens dans l'atmosphère.

Ayez les bons réflexes

Évitez de rouler lors des pics polliniques. Décalez votre séance de 24 ou 48 heures. Attendez que les choses aillent mieux (pollution, pollen). Abstenez-vous aussi les jours de vent et de sécheresse où les pollens sont les plus abondants.

Sortez tôt le matin ou tard le soir, lorsque les concentrations sont moins fortes. Avec la pluie, la rosée du matin, l'humidité qui tombe après le coucher du soleil, les pollens sont moins volatiles et collent au sol.

Prenez votre traitement. Si vous êtes asthmatique, utilisez le spray bronchodilatateur 10 à 15 minutes avant la séance d'entraînement. Vous serez ainsi dans une phase réfractaire d'asthme pendant 4 à 6 heures. Emportez-le toujours avec vous. En cas de crise, il agit directement. Relaxant bronchique, vous retrouverez votre souffle normal.

Portez toujours des lunettes (blanches ou solaires) afin de faire écran aux pollens.

Mettez une casquette pour empêcher ces petites graines de quelques dizaines de micromillimètres de diamètre d'aller sur votre visage.

Adaptez vos séances (intensité, durée...) en fonction de votre état respiratoire. Ne forcez pas et faites des pauses si besoin.

Respirez par le nez. Les poils du nez ont pour mission de filtrer en partie les microparticules et de réchauffer l'air. Lorsque l'on a une rhinite allergique, pédaler ne déclenche pas une crise d'asthme, mais respirer par la bouche oui. Avant de partir, faites un lavage nasal à l'eau salée. C'est simple, pas cher et efficace.

N'hyperventilez pas. Pendant l'effort, l'hyperventilation buccale et la température de l'air entraînent un mécanisme de déshydratation des bronches. Avec l'allergène dans l'air ambiant, ils vont exciter ou irriter la bronche qui va se refermer pour avoir l'illusion de se protéger.

En rentrant à la maison, lavage intégral. Cuissard, maillot, cheveux, sourcils... tout y passe !

Venez pédaler le samedi 14 mai

Vivons Vélo invite tous les Français le samedi 14 mai à venir pédaler en faveur de l'Institut Pasteur, que ce soit à l'un des trente rassemblements Vivons Vélo organisés localement (encadrées par les clubs locaux de la Fédération Française de Cyclotourisme) ou via son application. Tous les kilomètres effectués par les participants seront comptabilisés et transformés en dons pour soutenir la recherche contre les maladies neurodegeneratives menee par l'Institut Pasteur.

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