Cyclisme - Poulidor - Lucien Aimar : « Un homme simple »

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Vainqueur du Tour en 1966, Lucien Aimar évoque un Raymond Poulidor loin d'un monde d'égocentriques. Lucien Aimar (76 ans, vainqueur du Tour 1966) : « J'étais arrivé chez les professionnels en 1965, dans l'équipe Ford, sous la coupe de Geminiani et de Anquetil. Ce n'était pas le plus facile pour approcher Poulidor qui était LE rival, l'homme à abattre. On le surveillait de près, on ne lui faisait pas de cadeau dans un climat de division alimenté par les confrères de l'Humanitéet du Miroir du cyclisme, Besson, Michea qui avaient pris parti pour lui. Je l'ai mieux connu dans les critériums, quand j'ai gagné le Tour en 1966, on partageait l'affiche. Un soir qu'il dînait seul à sa table, je m'étais assis à ses côtés, on avait bavardé, il était agréable, intelligent, je me suis pris de sympathie pour lui. Mais quand j'en parlais chez Ford, ''Gem'' rentrait dans une colère folle, quasi prêt à me dire ''C'est lui ou c'est nous''. Je pense avoir été la clé du rapprochement avec Anquetil, car après sa carrière, ils sont devenus amis. Le coureur, lui, ne m'impressionnait pas, pas autant que Motta, van Looy, Jacques (Anquetil), eux m'épataient, pas lui. D'ailleurs, il calquait sa course sur eux, et n'avait pas les mêmes ambitions, il avait son mode de vie. Dans les critériums, il allait manger, dormir chez l'habitant, il sonnait aux portes, on a dit que c'était par radinerie, je ne crois pas, non, c'était dans sa culture, une façon d'être. C'était un homme simple, Raymond, sans problème, égaré dans un monde d'égocentriques. »

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