Cyclisme : Raymond Poulidor et Jacques Anquetil, l'histoire d'une rivalité transformée en amitié improbable

Pierre Godon

"Ecoute, mon cher Raymond, tu vas encore finir deuxième." Même à l'article de la mort, alors qu'on lui a enlevé la majeure partie de l'estomac après un cancer, le Normand Jacques Anquetil a encore, selon la légende, la force de chambrer son vieux copain creusois Raymond Poulidor, ce jour de novembre 1987. Quelques jours plus tôt, les deux hommes se sont retrouvés autour d'une table, avec au menu, des tripes. Le champion normand a beau cultiver une image d'ascète austère, c'est en fait un amoureux de la bonne chère.

Et alors qu'il se sait malade, il ne résiste pas à un bon gueuleton avec l'ami Raymond et un coéquipier. Une gourmandise qu'il regrettera au moment de la digestion : "Raymond, tu m’as vraiment fait souffrir dans le Puy de Dôme [lieu de leur affrontement homérique, épaule contre épaule, en 1964]. Mais je peux te dire qu’en ce moment, j’escalade un Puy de Dôme toutes les heures." Raymond Poulidor a fini par passer l'arme à gauche, mercredi 13 novembre 2019, trente-six ans après. Récit d'une amitié improbable.

Une alliance impossible

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