Cyclisme - San Remo - Milan - San Remo : en glissant du Poggio

L'Equipe.fr
Du sommet du Poggio di Sanremo à la ligne d'arrivée, sur la via Roma, il y a 5 400 mètres. Et presque autant d'histoires à raconter puisque la Primavera y a élu domicile en 1960 pour compliquer l'arrivée en ajoutant ce toboggan (3 000 m de descente, le reste plat ou en faux-plat descendant) que les coureurs dévalent en prenant tous les risques.

Du sommet du Poggio di Sanremo à la ligne d'arrivée, sur la via Roma, il y a 5 400 mètres. Et presque autant d'histoires à raconter puisque la Primavera y a élu domicile en 1960 pour compliquer l'arrivée en ajoutant ce toboggan (3 000 m de descente, le reste plat ou en faux-plat descendant) que les coureurs dévalent en prenant tous les risques.1910 : Jeu de massacreLa 4e édition de Milan-San Remo restera comme la plus massacrante de toutes. Sur les 63 coureurs au départ de Milan, 7 seulement atteignent l'arrivée en raison des conditions extrêmes (neige, froid, vent). Eugène Christophe croit s'être trompé de route quand il aperçoit enfin les premières maisons de San Remo, le long de la côte (le Poggio ne sera incorporé au parcours qu'en 1960). Il précède le deuxième d'1h01'. Après la course, Christophe sera hospitalisé pendant un mois à San Remo pour des engelures.1961: Poulidor, premier de la classeRaymond Poulidor dispute son premier Milan-San Remo. Victime d'une crevaison, il s'apprête à abandonner mais son directeur sportif, Antonin Magne, refuse tout net qu'il monte dans sa voiture. Poulidor repart donc, contraint et forcé. Il profite d'un ralentissement du peloton après le Turchino pour rentrer et attaque dans la montée du Poggio, qu'il franchit avec 20 secondes d'avance. Malgré une petite erreur de parcours, il en conservera 3 sur Rik Van Looy, qui s'était lancé à sa poursuite.1966 : Merckx, an IDurante, Van Springel, Dancelli, Passuello, Maurer, Poulidor, Balmamion et le jeune Eddy Merckx, 20 ans seulement, ont semé les favoris, Adorni, Gimondi et Motta, avant l'ascension du Poggio. Dans la montée, Poulidor espère répéter le coup de 1961. En vain. Herman Van Springel tente sa chance à 2 km de l'arrivée mais il est repris par Adriano Durante et les autres recollent. La course se joue au sprint et c'est Merckx, les coudes écartés et les yeux écarquillés, qui s'impose sur la ligne. Il gagnera six autres Milan-San Remo.1992 : Kelly, vieil obstinéLe peloton arrive au grand complet au pied du Poggio. C'est là que le grand favori, Moreno Argentin, choisit de porter plusieurs attaques. A chacune d'entre elles, il se débarrasse de quelques concurrents. Au sommet, il bascule avec 7 secondes d'avance sur Fondriest et Sörensen. Mais derrière, le vieux Sean Kelly, 35 ans, n'a pas abdiqué. L'Irlandais prend tous les risques dans la descente et fond sur le trio de tête. Il rejoint Argentin à 800 m de la ligne et lui règle son compte au sprint, six ans après sa première victoire à San Remo.1999 : La frustration de ZabelErik Zabel reste sur deux victoires d'affilée et l'Allemand est bien décidé à établir un record puisque personne n'a jamais remporté la Primavera trois fois de suite. Sous la flamme rouge, les deux échappés, Gabriele Colombo (vainqueur en 1996) et Beat Zberg, sont repris. Zabel est alors persuadé qu'il va réussir là où les autres ont échoué. Mais c'est le moment que choisit Andreï Tchmil pour placer un contre. Le temps que les équipes de sprinteurs se regardent, le Belge d'adoption a filé. Zabel finira sur ses talons.2008 : Le dernier des solitairesAlessandro Bertolini et Philippe Gilbert ont secoué le grand cocotier du peloton dans l'ascension du Poggio mais dans la descente, quinze coureurs se sont regroupés et vont se disputer la victoire. On s'attend à un sprint sur le lungomare Italo-Calvino, nouveau site de l'arrivée, mais Fabian Cancellara contre une attaque de l'Espagnol Landaluze à 2 km du but. Tout en puissance, le Suisse file dans les rues de San Remo et conserve quatre secondes d'avance. Il est le dernier à s'être imposé en solitaire.2009 : Le Cav revient de loinPour la 100e édition de la Primavera, on croit à un printemps italien. Pozzato (vainqueur deux ans plus tôt), Rebellin et Nibali tentent tour à tour de s'échapper dans les dernières courbes du Poggio. Sans réussite. C'est un peloton fourni qui serpente vers San Remo. Décroché en haut de la bosse, Mark Cavendish joue le tout pour le tout et revient dans la descente. Le long de la mer, l'Australien Heinrich Haussler anticipe le sprint mais Cavendish revient encore et le dépasse dans un ultime coup de rein.La course est diffusée sur la chaîne L'Equipe samedi à partir de 14h30

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