Cyclisme - T. des Flandres - Le «Super Bowl du vélo» en cinq questions

L'Equipe.fr

Si Greg Van Avermaet et Peter Sagan seront dimanche les favoris du 101e Tour des Flandres, la star sera la course elle-même, une véritable institution en Belgique et au-delà.Le parcours a-t-il changé ?Oui, comme cela arrive régulièrement. Cette année, deux grands changements sont à noter : une nouvelle ville de départ et le retour du Mur de Grammont. Les coureurs s'élanceront à 10h30 d'Anvers, qui succède à Gand (de 1913 à 1976), Saint-Nicolas (de 1977 à 1997) et Bruges (de 1998 à 2016). Quant au Mur de Grammont (1 km à 9,2%), où Philippe Gilbert a montré sa force mardi lors des Trois Jours de la Panne, il sera gravi au km 165 (sur un total de 260).Quels est le secteur clé ?Depuis 2012, il s'agit de l'enchaînement Vieux Quaremont (2,2 km à 4%) - Paterberg (360 m à 12,9%), avec son virage à angle droit entre les deux. Les coureurs s'y attaqueront à deux reprises, au km 205 et surtout au km 243. Mais «tout le monde ne peut pas attendre jusqu'à la dernière ascension du Paterberg, de nombreux coureurs doivent partir à l'offensive plus tôt», rappelle Herman Frison, directeur sportif de Lotto-Soudal. D'ailleurs «tout le monde est déjà fond à cent kilomètres de l'arrivée et les leaders s'attaquent les uns les autres sans attendre», rappelle Sep Vanmarcke, troisième en 2014 et 2016.Qui sont les favoris ?Ils sont deux : Peter Sagan et Greg Van Avermaet. Le champion du monde slovaque a marqué les esprits en s'imposant l'an dernier après avoir lâché Michal Kwiatkowski dans le Vieux Quaremont puis Sep Vanmarke dans le Paterberg. Quant au champion olympique belge, il est actuellement intraitable sur les pavés avec un triplé Het Nieuwsblad - GP E3 - Gand-Wevelgem. «Je n'ai jamais été aussi fort et cette fois la course passe devant chez moi. Je m'entraîne tous les jours sur ce tracé et je sens que cette année, c'est mon tour. Je suis prêt», a prévenu GVA, qui avait abandonné sur chute l'an dernier.Sachant que Sep Vanmarcke a récemment souffert de maux d'estomac, le premier outsider serait plutôt Philippe Gilbert, qui n'a plus disputé le «Ronde» depuis 2012 mais qui est en grande forme et s'appuie sur une puissante équipe Quick Step (Boonen, Lampaert, Stybar, Terpstra). Tiesj Benoot, Edvald Boasson Hagen, Lars Boom, John Degenkolb, Alexander Kristoff ou encore le Belge de l'équipe AG2R Olivier Naesen sont aussi à surveiller de près.Qu'attendre des Français ?Un podium serait déjà remarquable puisque ce n'est arrivé qu'à quatorze reprises en cent éditions et une seule fois dans ce siècle avec la deuxième place de Sylvain Chavanel en 2011. Une victoire serait carrément légendaire puisqu'ils ne sont que trois à s'être imposés : Louison Bobet en 1955, Jean Forestier en 1956 et Jacky Durand en 1992. Les plus gros espoirs sont sur les épaules d'Arnaud Démare, même si cette course ne lui a encore jamais réussi (abandon en 2014 et 2016, 23e en 2015, 24e en 2016) et qu'un Top 5 le satisferait déjà.Autre carte intéressante : Tony Gallopin, qui «est malheureusement tombé durant le GP E3 mais était aussi très fort la semaine passée», rappelle son coéquipier Tiesj Benoot avant d'ajouter : «Si Tony est complètement rétabli, il pourra aller loin». Le jeune Florian Sénéchal, dixième et premier Français d'A Travers les Flandres, et le vétéran Sylvain Chavanel sont aussi de grosses cotes.Combien de spectateurs y aura-t-il ?Ces dernières années, ils étaient estimés à 800.000, soit 7% de la population belge, signe de l'engouement considérable provoqué par ce Monument du cyclisme. «Tout le monde connaît cette course en Belgique, rappelle le coureur américain Taylor Phinney. C'est le Super Bowl du vélo, plus encore que le Tour de France», qui correspondrait plus à la Coupe du monde de football.«C'est plus important que les Jeux Olympiques pour les Belges, appuie le directeur sportif de Cannondale-Drapac Andreas Klier. Les favoris s'étalent en Une des Journeaux, l'un avec trois étoiles, l'autres avec deux... Ce n'est pas comme si vous alliez d'un point A à un point B avec personne, pas même un chien, entre les deux. Tous les supporters sont là, chacun avec un drapeau de son idole. Parfois, vous voyez quinze fois la même personne sur le parcours parce qu'ils sautent d'un endroit à un autre en voiture.»

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