Cyclisme - TCR - Nouveau parcours dévoilé pour la Transcontinental Race 2021

L'Equipe.fr
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Le report à 2021 de la huitième édition de la Transcontinental Race, la plus prestigieuse des épreuves d'ultradistance cycliste, a abouti à un remaniement profond du parcours. Un mois pile après le départ du Tour de France de Brest en juin prochain, le port breton accueillera un autre grand départ, également cycliste, également d'une épreuve majeure, mais d'un genre beaucoup plus aventureux.
Pour sa huitième édition, la Transcontinental Race s'élancera le 27 juillet 2021 de la côte Atlantique afin de rejoindre Thessalonique, en Grèce - un parcours officialisé mardi. Près de 4 000 km à travers l'Europe, dans une de ces épreuves cyclistes à la philosophie aussi succincte que claire : rallier un point de départ à un point d'arrivée par ses propres moyens, en tricotant son itinéraire au long de lieux de passage obligatoires. La course avait été particulièrement scrutée et mise en lumière lors de sa dernière édition en date, en 2019, avec la victoire de l'Allemande Fiona Kolbinger, une première sur cette épreuve d'ultracyclisme. Deux passages alpins avant la Grèce En 2020, la plus importante des épreuves de bikepacking en Europe, et l'une des plus prestigieuses au monde, avait dû reporter son édition compte tenu des restrictions sanitaires, alors que la course devait traverser 10 pays européens. De ce parcours 2020 n'ont été conservés que le départ (Brest) et le premier point de passage obligatoire (le Vélodrome de Roubaix, avec les 50 derniers kilomètres du parcours pavé de ce monument classique en amuse-bouche obligatoire). Ensuite, tout est bouleversé pour les 3 000 kilomètres suivants et les 40 000 m de dénivelé positif attendus.
Les concurrents sélectionnés devront ainsi passer par le col alpin du Petit-Saint-Bernard (27 km à 5 % de pente moyenne) puis par un parcours obligatoire montagnard à proximité du col du Stelvio, à la frontière italo-suisse, qui ressemblera bien davantage à une randonnée gravel qu'à une aimable balade routière. Ils obliqueront ensuite au sud-est pour une descente complète de l'Italie - passage obligatoire par les reliefs cassants des Apennins. Et pourront enfin rejoindre la Grèce pour terminer en moins de quinze jours. Retour à un parcours Ouest-Est après la révolution de 2019 Au revoir donc aux confins alpins de l'Autriche et de la Slovénie, au parc monténégrin du Durmitor (passage d'une beauté sauvage et solitaire expérimenté en 2017) et à la Transalpina roumaine, une route caillouteuse d'altitude dans les Carpates. Mais la TCR renoue tout de même avec son inclinaison vers l'est. Dès la deuxième édition et durant quatre années, le départ se fit à la lueur des flambeaux dans les rues pavées de Grammont (Belgique) et son célèbre Muur, avant d'entamer les 4 000 kilomètres vers le sud et l'est de l'Europe. Istanbul puis la Grèce furent les points de mire finaux durant six années. Révolution copernicienne lors de l'édition 2019, avec un changement radical : partis des rivages bulgares de la mer Noire, les concurrents avaient traversé l'Europe de part en part pour aboutir à Brest.
Ce qu'est l'ultra endurance cycliste Schématiquement, l'ultra endurance cycliste en autonomie (ou plus communément rangée sous la bannière de bikepacking), comme l'est la Transcontinental Race (TCR), est une unique étape se caractérisant par un lieu de départ, un lieu d'arrivée, des points de passage obligatoires et plusieurs centaines ou milliers de kilomètres à parcourir. Les concurrents parcourent de 250 à 400 km par jour, pendant cinq à quinze jours selon les épreuves.

À cela s'ajoute l'autonomie totale (« self-supported »), signifiant que les participants ne peuvent pas bénéficier d'une assistance personnalisée (voiture suiveuse, routeur en cas d'imprévu...). Chacun doit pouvoir se débrouiller avec ce qu'il a ou faire ce qu'il faut par soi-même pour l'obtenir (dormir, se nourrir, réparer...). Les participants embarquent donc sur leur vélo le minimum dont ils ont besoin pour parcourir le trajet.

Selon les épreuves, la route peut être imposée. Dans le cas de la TCR, comme d'autres, le tracé est libre - ce qui induit une dimension « tactique » non négligeable dans la préparation. Ce type d'épreuves connaît un intérêt grandissant, avec une multiplication des parcours depuis deux à trois ans. Elles étaient au nombre de 10 en 2013 à la création de la TCR, on en dénombrera près de 90 en 2021.