Cyfac Paradox, bijou suspendu

Le vélo Paradox, développé par Cyfac, est conçu spécifiquement pour ne pas ressentir les chocs sur des routes pavées. (Grimpette)

Avec le Paradox, le « gros artisan » Cyfac a réalisé un bijou d'ingéniosité, un vélo flexible et quasi-suspendu pour flotter sur les pavés.

La dernière édition du Concours de Machines, ce rendez-vous annuel de l'élite artisanale, se tenait à Roubaix. Les vélos présentés devaient satisfaire aux exigences d'un parcours de 200 km comprenant aussi bien des secteurs pavés parmi les plus défoncés de l'Enfer du Nord, que les routes les plus pentues des Monts flandriens. Il s'agissait de proposer un vélo capable de flotter sur les pavés.

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Et cette année, le Concours a récompensé le fabricant Cyfac, dont la taille et la production dessinent une espèce d'entre-mondes, plus tout à fait artisanal, mais certes pas industriel. « Nous avons en quelque sorte le cul entre deux chaises, admet Aymeric Lebrun, gérant de la société. Nous sommes gros pour des petits, et petits par rapport aux fabricants industriels. Mais nous justifions d'un travail intégralement manuel. »

Mobilisant une équipe de dix personnes, parmi lesquelles des artisans cadreurs, des peintres et des ingénieurs R & D, la « machine » qui a emporté les suffrages du Concours 2022 est à cette image, et n'est pas baptisée « Paradox » pour rien (le mot « paradoxe » n'en réfère pas tant à une « opinion contraire », comme le suggère l'étymologie, qu'à cette capacité de faire tenir ensemble des éléments contradictoires).

Ce vélo est un authentique bijou d'ingéniosité et de savoir-faire, sur lequel il vaut de se pencher en détail. Le châssis est conçu pour se déformer légèrement dans le sens vertical, notamment au niveau des axes de roues, de sorte qu'elles absorbent les irrégularités de la surface pavée. Il se divise en trois parties : triangle principal, triangle arrière et fourche, toutes porteuses d'innovation.

Rigidité et flexibilité

Même si la déformation n'en est pas visible à l'oeil nu, le triangle principal joue un rôle actif dans l'absorption des chocs. Les tubes sont entièrement réalisés par Cyfac : le carbone est donc aussi l'affaire des artisans. Le choix du nombre de couches et l'orientation de la trame permettent de maîtriser les plans de rigidité et de flexibilité des tubes.

Bien sûr, la flexibilité requise est bien plus importante au niveau du triangle arrière. Pour que les chocs subis par la roue n'éjectent pas le pilote de la selle, il faut une quantité de déformation suffisante, laquelle se répartit entre les bases et les haubans - partie arrière du cadre, qui encadre la roue. Les premières sont flexibles comme des arcs, grâce à leur section variable et à la présence d'une lame titane assurant la jonction avec le boitier de pédalier. Mais cette flexibilité ne serait rien sans le système d'articulation entre haubans et tube de selle.

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Une fourche retournée

Quant à la fourche, qui détermine la mobilité « verticale » de l'axe de la roue avant, Cyfac a fait le choix de... la retourner, autour de son axe-pivot, de sorte à placer deux basculeurs articulés dont le mouvement est limité par des lames carbones jouant le rôle de ressort. À l'intérieur, une pièce élastomère interchangeable a la charge de dissiper l'énergie des chocs. Ce système amortisseur se redouble d'un élément « raidisseur », sous la forme de deux longs tubes carbone reliant l'axe de la roue et un système de biellette fixé sous la potence. Au fond, le Paradox est un discret « tout suspendu ».

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