Déjà reportée, l'arrivée des pneus 18 pouces se complique encore

Benjamin Vinel
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La pandémie de COVID-19 a chamboulé les plans de la Formule 1 en contraignant la catégorie reine à reporter sa nouvelle réglementation technique de 2021 à 2022 afin de réduire les coûts, via le gel des châssis actuels, et ce n'est probablement pas fini. Pirelli était censé mener 25 journées d'essais cette année pour préparer l'arrivée des roues 18 pouces, mettant à contribution les dix écuries du plateau, à tour de rôle, mais après un test avec à Jerez en février, il a fallu mettre le programme à l'arrêt en raison de la crise sanitaire.

Il va désormais falloir réaliser ces essais en 2021 avec l'objectif d'un test visant à valider définitivement les pneus après le dernier Grand Prix de la saison prochaine, à Abu Dhabi. Mais si la Formule 1 vient de présenter la première version de son calendrier, il est impensable que ce dernier ne soit pas amené à évoluer compte tenu de la pandémie. Forcément, cela complique la tâche de Pirelli dans l'organisation d'essais pourtant cruciaux pour le développement et la validation de ses nouveaux concepts.

"Il sera très difficile de faire rentrer les 25 jours d'essais dans le calendrier de l'an prochain", déclarait Mario Isola, responsable de la compétition monoplace chez Pirelli, avant que l'on ne connaisse ce nouveau calendrier. "Nous savons avec certitude que nous allons commencer la saison avec des restrictions COVID toujours en vigueur. Dès qu'il y aura une ébauche du calendrier, nous essaierons d'y placer des jours."

"Une option, par exemple, est d'essayer d'utiliser autant que possible le mardi et le mercredi post-Grand Prix en restant sur le même circuit. Cela minimise le mouvement des écuries." Mais ce n'est pas envisageable lorsqu'une autre course suit le week-end suivant, ni sur les circuits urbains ou semi-urbains. Cela ne laisse qu'une petite dizaine d'options viables sur le calendrier présenté ce vendredi.

"Il faut envisager que la quarantaine reste en vigueur lorsqu'on se déplacera d'un pays à l'autre, ce genre de choses. Nous essaierons de faire un programme d'essais malin et flexible, mais il est clair que sans essais, nous ne pouvons pas introduire les pneus 18 pouces. Il nous faut donc trouver une solution. Ce n'est pas facile, mais nous ferons de notre mieux. Avec les équipes, nous essaierons de présenter un calendrier selon ces critères."

Le programme 2020 initial prévoyait notamment cinq journées d'essais sur piste humide au Paul Ricard, qui avait déjà accueilli des tests similaires en janvier 2016. "Pour les essais sur le mouillé, il est difficile voire impossible de tester sur les mêmes circuits – à part le Paul Ricard, qui est le seul circuit avec un système d'arrosage, ou à Fiorano, mais à Fiorano il n'y a pas de Grand Prix", indiquait Isola. "Nous devons donc composer un plan qui n'est pas lié à une course."

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Directeur technique Racing Point, Andrew Green confirme que la situation est compliquée : "Nous ne savons pas encore vraiment comment la saison prochaine va se dérouler. Mais je vois bien qu'à moins de mettre un terme à cette pandémie très vite en début d'année prochaine, les essais des pneus 18 pouces vont devenir vraiment difficiles. Je suis sûr que nous ferons quelque chose, mais ça ne va probablement pas être le programme d'essais que nous aimerions tous."

Propos recueillis par Adam Cooper