Démission du maire de Saint-Brévin: le président de l'AMF David Lisnard dénonce "une crise civique majeure"

Le maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Morez (DVD), a annoncé sa démission ce mercredi, évoquant "l'incendie criminel perpétré à mon domicile" en mars dernier et un "manque de soutien de l'État". Il était notamment menacé après une polémique autour d'un projet de centre d'accueil de demandeurs d'asile dans sa commune.

Invité de BFMTV, David Lisnard, président de l'association des Maires de France, a témoigné de son soutien au maire. Mais il a également affirmé être "aux côtés des plus de 1300 qui ont déjà démissionné depuis 2020".

Celui qui est également maire de Cannes alerte sur "un niveau record de démission des maires, adjoints et conseillers depuis 10 ans".

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Une "crise civique majeure"

David Lisnard estime que l'affaire de Saint-Brévin-les-Pins est "un cas particulier", notamment car il repose sur des revendications d'ordre politique. Toutefois, il y a, selon lui, une "problématique bien plus globale".

"Quand on est maire, on passe notre temps à dire non", explique-t-il, citant l'exemple des refus de permis de construire. Il dénonce ainsi "des pressions quotidiennes dans un contexte global de crise de la démocratie".

Il évoque une "crise civique majeure qui se traduit par de la violence physique mais aussi par de la violence morale ou par du harcèlement sur les réseaux sociaux".

Crise de vocation

Alors que Yannick Morez a regretté un "manque de soutien de l'État", le président de l'association des Maires de France dénonce "l'incapacité de l'État à assumer ses responsabilités".

Selon lui, les pouvoirs publics ont laissé ce maire tomber, "comme c'est souvent le cas". "Malheureusement, ce n'est pas nouveau", ajoute-t-il.

David Lisnard s'inquiète par ailleurs, en conséquence, de la baisse du nombre de "vocations de maire" en France au fil des années. "On va avoir un problème", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com