Comment le Dakar 2020 a prévu de contrer les tricheries

Sergio Lillo

La nouvelle ère du Dakar ne va pas seulement marquer le passage de l'Amérique du Sud à l'Arabie Saoudite. La philosophie de la compétition va changer par rapport aux dernières années, quand les pilotes avaient le parcours à l'avance et utilisaient différents dispositifs technologiques pour éviter de se perdre. David Castera et son équipe ont décidé de prendre des mesures sur la question et de lutter contre les tricheries.

Déjà, l'an passé, ASO avait essayé de contrer les spécialistes en analyse des cartes et des routes (les "mapmen"), après avoir examiné les roadbooks des leaders de chaque catégorie suite aux deux premières étapes et découvert qu'ils contenaient tous des informations supplémentaires par rapport à celles fournies par l'organisation. Mais le changement est cette fois sans précédent.

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Des caméras dans le cockpit

Selon les informations de Motorsport.com, les 25 premières voitures auront chacune deux caméras installées dans le cockpit qui vont enregistrer tout ce qui s'y passe au cours de chaque étape, afin qu'ASO puisse contrôler si un participant utilise des dispositifs électroniques interdits, des informations supplémentaires ou si une route a été téléchargée dans leur GPS. Ces deux caméras seront connectées aux batteries de la voiture, après qu'ASO ait demandé aux équipes la permission de le faire et que cela ait été testé par l'équipe de Castera ces derniers mois.

D'un autre côté, le règlement comprend une autre disposition anti-tricherie. La section 28P1.2 dispose que : "Les smartphones sont tolérés. L’utilisation des smartphones, GSM et téléphones satellites est interdite sur les Secteurs Sélectifs, les appareils ne pouvant être présents dans l’habitacle du véhicule. Ils ne doivent pas être accessibles pendant que la voiture se déplace, ni être visibles par les membres de l’équipage, assis dans leurs sièges. Des contrôles inopinés seront effectués."

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Et pour renforcer cette mesure, ASO a introduit dans la section 28P1.3 une nouvelle exigence : la présence d'une boîte scellée par l'organisation avant le départ de chaque étape et que seul un officiel peut ouvrir. "À l’arrivée du Secteur Sélectif, un commissaire effectuera une fouille systématique des dix premiers équipages du jour et de leurs véhicules, ainsi que des équipages et véhicules dont les boîtes de téléphone auront été scellées au départ de l’étape", ajoute le règlement pour les voitures, les SxS et les camions

"Nous avons bien plus travaillé sur la question du contrôle de toutes les informations qui peuvent venir du Dakar, concernant le parcours. Nous essayons de garder plus de choses au sein de l'ASO et d'en dire moins, parce que si nous parlons beaucoup, il y a toujours des gens qui ont le GPS dans la voiture, qui ont le tracé... nous allons aussi arrêter tout ça. Nous allons mettre des caméras dans les voitures pour vérifier ce qu'ils font à l'intérieur, s'ils ont des GPS, des téléphones... Nous voulons équilibrer la course afin que tout le monde ait les mêmes chances", a déclaré Castera à Motorsport.com, en indiquant clairement que l'organisation allait aussi contrôler les motos, leurs roadbooks et vérifier "qu'ils n'ont aucune information supplémentaire".

Un roadbook au dernier moment

En plus, dans le cadre de ce changement de philosophie, le roadbook sera fourni, dans "au moins quatre" étapes (même si l'objectif est d'aller vers six), 15 minutes avant le départ des voitures/SxS et 25 minutes pour les motos/quads. Il s'agit d'une tentative pour que les informations disponibles pour tous les participants correspondent et que les grosses équipes avec plus de ressources n'aient pas l'avantage d'une analyse satellite de la route.

Le règlement pour les voitures/SxS/camions à l'article 22P4.3c et pour les motos/quads à l'article 14.1.c  précise clairement qu'aucune information ne peut être ajoutée au roadbook et que "des contrôles seront effectués, les pénalités pourront aller jusqu’à la disqualification". En sus, les équipes doivent remettre les roadbooks complets à l'arrivée du Secteur Sélectif ou du Secteur de liaison au commissaire chargé de leur récupération.

"Tout équipage qui ne respectera pas cette règle se verra infliger les pénalités suivantes : 1e infraction = 3 heures de pénalité ; 2e infraction = disqualification", peut-être lu dans les deux règlements.

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