Dan Robson, qui passe des Wasps à Pau : « Ça a été un choc »

Après le choc causé par les déboires des Wasps, Dan Robson a pu rebondir à Pau. (A. Martin/L'Equipe)

Dan Robson, le demi de mêlée anglais qui s'est engagé jusqu'à la fin de saison à Pau, revient sur ces dernières heures chez les Wasps.

Comme d'autres clubs français, la Section Paloise a profité des déboires des Wasps pour se renforcer. Elle a recruté, jusqu'à la fin de la saison, Dan Robson, demi de mêlée expérimenté (30 ans) qui a porté à 162 fois le maillot des Wasps. International anglais à 14 reprises, il a accepté, entre deux visites de maison, de revenir sur les raisons qui l'ont poussé à quitter l'Angleterre et tenter une première aventure dans le championnat français.

« Pouvez-vous nous raconter cette journée du 17 octobre quand vous avez appris que vous étiez licencié ?
C'était un lundi en fin de matinée. On a été convoqués pour une réunion. On s'attendait à une mauvaise nouvelle, évidemment. Les deux administrateurs (Andrew Sheridan and Rajnesh Mittal) ont pris la parole pour nous dire que le club était placé en liquidation et nous expliquer ce que cela signifiait, et que nous étions tous licenciés. Ça a été un choc. Les jours qui ont suivi n'ont pas été faciles. On savait que le club luttait, qu'il y avait des problèmes mais on était loin d'imaginer que cela irait aussi loin et que le scénario serait celui-là. Quand je les ai entendus annoncer cette nouvelle, il y a eu un peu de colère, mais j'étais bouleversé et déçu. Et surtout très triste. La colère est passée. Et j'ai eu de la chance car Pau a décidé de me tendre la main. Je suis surtout très excité, je vais pouvoir laisser derrière moi ce qui s'est passé, et profiter de cette expérience à Pau, tout donner pour cette équipe.

Avez-vous envie de savoir ce qui s'est vraiment passé ?
Maintenant, j'aimerais connaître la vérité sur ce qui s'est passé, et je pense que tout le monde a envie de savoir et je pense que la vérité va suivre même si je sais qu'on devra être patients.

Beaucoup de joueurs ont eu de la chance et ont retrouvé un travail...
Oui, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Certains cherchent encore ou ont trouvé des piges de quelques semaines. D'autres n'ont rien. Ce n'est pas génial. Ce n'est pas la période idéale pour le marché et il y a d'autres joueurs comme ceux de Worcester qui cherchent aussi. C'est vraiment difficile.

On entend beaucoup de rumeurs en France sur la situation d'autres clubs anglais comme les London Irish ou les Newcastle Falcons. Êtes-vous inquiet pour l'avenir du rugby anglais ?
Moi, je ne suis pas inquiet. Je crois que les choses sont en train de changer et doivent changer dans le rugby anglais pour qu'il s'installe dans la durée et progresse. Et elles auraient pu changer plus vite sans le Covid-19. Cela va être intéressant de voir ce qui se passe dans les deux mois qui viennent.

Est-ce que c'est la fin de l'histoire, ou juste la fin d'un triste et sombre chapitre ?
Je ne suis pas certain de ce qui va se passer mais il y a des gens à Londres et à Coventry qui travaillent dur pour éviter que ce soit la fin. J'espère donc que ce n'est que la fin d'un chapitre. Et comme je ne suis pas inquiet pour le futur, j'aimerais tant voir les Wasps revenir, jouer à nouveau, à un très haut niveau, mais c'est très dur d'imaginer ça à l'instant où je vous parle. Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent énormément pour permettre ce retour.

Vous avez choisi de rejoindre Pau. Est-ce que c'était une manière de fuir le rugby anglais ?
Je ne dirais pas ça, ce n'est pas une fuite. Il y avait cette volonté d'essayer un nouveau challenge. J'ai joué en Premiership pendant quasiment 12 ans. Après il y a une histoire de timing, j'ai eu aussi une bonne discussion avec Pau, et c'est un challenge excitant pour moi et ma famille. Je pense que c'était le bon moment pour découvrir quelque chose de nouveau, le Top 14... C'est une belle opportunité. Et je suis très reconnaissant. »