David Kahn (Paris Basketball) : « Sortir des sentiers battus »

David Kahn, président du Paris Basketball. (A. Réau/L'Équipe)

Le président américain du Paris Basketball David Kahn revient sur l'annonce de l'organisation d'un match de Championnat de France le 16 octobre prochain sur le court central de Roland-Garros.

« Quelle a été la genèse de cette initiative ?
Nous nous sommes rapprochés de Roland-Garros l'automne dernier, et de Stéphane Morel (directeur général adjoint des Internationaux de France), ancien du bureau parisien de la NBA. Je savais qu'il comprenait le pouvoir du basket, le pouvoir de faire des choses différentes. Par nos échanges, j'avais compris que Roland-Garros voulait se développer en s'ouvrant à de plus en plus d'événements de tous horizons, pour compléter son offre autour du tournoi du Grand Chelem, qui concentre l'activité trois semaines par an. Le timing était parfait pour les deux entités.

Qu'est-ce qu'un tel match peut apporter à votre club ?
Ce sera un événement "signature", et une opportunité de continuer à valoriser notre image. L'événement fait sens également pour Roland-Garros, avec le toit installé sur le court Philippe-Chatrier depuis deux ans. J'ai promis à la Fédération française de tennis que nous mettrions sur pied un vrai show, pas juste un match, quelque chose de digne de l'endroit prestigieux où nous nous trouverons. La marque Roland-Garros est parmi les plus puissantes, peut-être la plus puissante en France, quand on parle de sport. Ce match sera aussi la rencontre de deux univers qui pourront se nourrir l'un l'autre. Des fans de basket qui ne sont peut-être jamais allés à Roland vont découvrir cette expérience, en devenir followers sur les réseaux, et vice versa.

Qui sera l'adversaire du Paris Basketball pour cette rencontre ?
Je le sais, mais nous ne souhaitons pas l'annoncer dès aujourd'hui.

« Nous voulons contribuer à rendre le basket en France de plus en plus attractif »

Y a-t-il une volonté pour Paris, d'un point de vue business, de se servir de la notoriété de Roland-Garros pour se rapprocher de marques de luxe ?
Le sport, et particulièrement le basketball, se trouve à l'intersection de la mode, du luxe, des cultures urbaines, de la musique... Un carrefour embouteillé. Mais nous pensons que le basket a été adopté par les marques de lifestyle ou de luxe. Par ailleurs, nous allons bientôt déménager du côté de porte de La Chapelle (la nouvelle arena de 8 500 places sera inaugurée en septembre 2023), dans le 18e arrondissement, nous avons joué à la halle Carpentier, nous nous entraînons à Noisy-le-Grand, l'un de nos joueurs les plus célèbres (Amara Sy), qui va intégrer l'équipe dirigeante, vient de Cergy. Et en jouant à Roland-Garros nous allons investir encore un autre quartier de la capitale. Nous voulons être l'équipe de Paris. Tout Paris.

Cela signifie qu'il pourrait y avoir d'autres matches événements, dans d'autres lieux prestigieux de la ville, dans les années à venir ?
Pourquoi pas ?

Quel est le budget alloué à un tel événement ?
C'est cher, évidemment. Mais nous croyons que cela peut être viable. Nous travaillerons dur pour y parvenir. Nous avons montré que nous étions capables de réunir à Bercy 8 100 personnes, dont seulement 4 % d'invitations. Cela me donne confiance. Comme toujours, nous essayons de sortir des sentiers battus (« to think out of the box »). Nous voulons contribuer à rendre le basket en France de plus en plus attractif. Le plan aujourd'hui est de faire venir 8 000 personnes, mais la jauge pourra monter à 12 000 avec toutes les tribunes, si l'engouement est suffisant. »

Un défi logistique

Organiser un match de basket sur le court Philippe-Chatrier était une bonne idée. Encore fallait-il s'assurer que cela soit possible. Ce qui n'avait rien d'une évidence, comme le raconte Mathias Priez, directeur des opérations au Paris Basketball.

« Cela fait des mois qu'on travaille là-dessus. Le stade Roland-Garros n'a pas encore, assez logiquement, le savoir-faire de l'AccorArena. Or le basket a des besoins spécifiques, avec des panneaux de grande taille à amener jusqu'à l'intérieur du court. On a trouvé des solutions avec nos partenaires, en démontant les "buts de basket". C'était ça ou louer une grue ou un hélicoptère
(il rit) ! Nous devons louer l'ensemble du matériel, dont le parquet. La terre battue sera protégée. »

Le club devait aussi s'assurer de la conformité réglementaire d'un tel événement, sous un toit pas totalement hermétique. Paris a avancé en travaillant avec la Ligue nationale.

« La météo est la seule chose qui peut poser problème,
reprend Priez. La LNB impose une température minimale. Or le vent peut un peu s'infiltrer et il peut faire froid. Il vaudrait mieux, également, qu'il ne pleuve pas, même si avec le toit, les infiltrations sont réduites au minimum. »

Le club compte construire tout un week-end autour de ce match du 16 octobre qui comptera pour la 5e journée de Betclic Élite, avec des visites privatives du site, et des activités en complément de la rencontre sportive. Y.O.

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