David Ortiz après France-Nouvelle Zélande : « Un match qui va nous faire grandir »

David Orthiz, entouré de Thomas Darracq et Gaëlle Mignot. (A. Réau/L'Équipe)

Au lendemain de la défaite des Bleues en demi-finales de la Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande (25-24), l'entraîneur de la touche et de la défense des Bleues, David Ortiz, est revenu sur l'ambiance dans groupe et sur la nécessité de se projeter sur la petite finale contre le Canada (samedi, 4h30).

« Comment se sont passées les heures qui ont suivi la défaite face aux Black Ferns (25-24) ?
Forcément, les filles étaient déçues. Mais petit à petit, elles ont malgré tout pris la mesure de leur performance. Jouer des matches comme ça, c'est rarement arrivé dans le rugby féminin, encore moins pour la France. Après, on les joue pour les gagner, donc il y a évidemment la déception du résultat.

À froid, comprenez-vous ce qui a manqué à l'équipe pour finalement l'emporter ?
Tous les faits peuvent être rediscutés. J'exagère, mais avec des si, on aurait peut-être pu gagner de 30 points (sourire). Il y a eu des faits de jeu, la mauvaise gestion de l'occupation, notamment en début de deuxième période. On n'a pas su contrer leurs assauts. Et il y a des moments critiques dans le match qui nous coûtent cher. On pourrait refaire le match 50 fois, si on avait su ce qu'il nous manquait pour le gagner, on l'aurait fait. On n'est pas passée loin d'un superbe exploit et d'un match historique. Ce n'est pas le cas, mais ce qui est sûr, c'est que c'est un match qui va nous permettre de grandir, de gagner en expérience et en maturité. C'est un match qui va marquer nos deux nations et le rugby en général.

Comment avez-vous vécu la dernière tentative de pénalité, finalement manquée par Caroline Drouin ?
Comme tout le monde, à ce moment-là, on est juste impuissant. On pousse derrière Caro pour qu'elle passe son coup de pied. Ce sont les joueuses sur le terrain qui prennent la décision (de tenter la pénalité) et pour moi, c'était la bonne. Mais on n'en veut surtout pas à Caro, on lui a apporté un gros soutien parce qu'elle a assumé cette responsabilité et il faut le souligner. Le match, on aurait pu le gagner sur d'autres actions avant, mais on a manqué de justesse.


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Comment rebondit-on après un si cruel échec ?
Quand on est ambitieux, on cherche à jouer la finale. Donc, forcément, perdre en demi-finale de si peu, au-delà du contexte... Maintenant, il ne faut surtout pas se démobiliser parce que la troisième place est aussi importante. Il faudra aller se la chercher face à une super équipe canadienne.

Quel sera votre discours pour remobiliser les joueuses ?
On va voir. Aujourd'hui, on sort du match, on a souhaité laisser les filles off ce dimanche pour se ressourcer auprès de leur famille. C'est important, tout le monde est usé après un match comme ça. On va régénérer les corps et les esprits, sur la journée de demain. On va faire le point sur l'état des troupes mais l'ambition est là. On va tout mettre en oeuvre pour aller chercher cette troisième place.


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Quelle menace représentera le Canada ?
On connaît très bien le Canada, il y a pas mal de joueuses qui ont évolué dans le Championnat français. C'est un peu une équipe cousine à nous. Elle est redoutable avec des avants massives, très denses, qui maîtrisent bien les touches et les ballons portés. On sait que ça va être une grande opposition. Et puis il y a quand même l'enjeu. On prépare ce match comme si c'était une finale. »


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