De Bruyne, l'homme qui marchait sur l'eau

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Recruté en 2015 par Manchester City, le milieu de terrain belge a, sous la houlette de Pep Guardiola, considérablement accru son influence sur l’entrejeu des Citizens. De quoi envisager sereinement l’avenir.

De Bruyne, l’homme qui marchait sur l’eau (AFP).
De Bruyne, l’homme qui marchait sur l’eau (AFP).

Il a 26 ans, s’appelle Kevin, affiche une constitution athlétique et une belle chevelure dorée – enfin, plutôt rousse, mais tout dépend de l’éclairage. Le portait-robot du parfait candidat de téléréalité en somme. Pourtant, ce Kevin-là ne promène pas sa coupe en brosse sur les plages d’Ibiza, et ne confie pas ses histoires d’amour cathodiques à la France entière dans un cagibi rose bonbon, sur fond d’images incrustées de palmiers. Son écran vert à lui mesure approximativement 100 mètres de long et 60 de large, et les seuls cœurs qu’il brise sont ceux des supporters adverses.

Comme ce week-end à l’Etihad Stadium, où Manchester City recevait Leicester. De cette rencontre aux allures de correction (5-1), les amateurs de filets qui tremblent retiendront sans doute le quadruplé de Sergio Agüero. Ceux qui préfèrent le caviar aux plaisirs solitaires n’oublieront pas, quant à eux, les trois passes décisives de De Bruyne. Tout particulièrement les deux premières, véritables chefs-d’œuvre de timing et de précision offerts à Sterling et Agüero.

Le milieu de terrain belge a toujours été friand de ces gourmandises pour plat du pied. Mais cette saison, il se goinfre littéralement. Résultat : 14 offrandes en 27 journées de championnat (17 toutes compétitions confondues), soit seulement 4 petites unités de moins que sur l’ensemble de la saison dernière. Si ce nombre ravira sans doute les amateurs de statistiques, il fournit surtout une belle illustration de l’influence du n°17 des Sky Blues version Pep Guardiola.

Une aura que l’entraîneur espagnol, peu avare d’éloges quand il s’agit de son talisman roux, décrivait en ces termes après seulement cinq journées de championnat : ” Messi est tout seul, tout en haut. Mais mis à part lui, Kevin peut prétendre faire partie des meilleurs joueurs du monde. C’est un joueur spécial, un joueur incroyable. Sans le ballon, il est le premier à se battre et, avec le ballon, il est clairvoyant. Il voit absolument tout. À chaque fois, il prend la bonne décision. C’est pour ça que c’est un joueur d’un autre niveau. Il fait tout.”

 Partout, tout le temps

Il fait tout.” Cette seule phrase suffit à rendre compte du rôle-clé joué par De Bruyne à City. Judicieusement installé un cran plus bas sur le terrain dans une position de relayeur/créateur – là où d’autres managers moins inspirés le cantonnaient à un statut de pur milieu offensif ou de meneur de jeu excentré – le Belge s’est mué en véritable couteau suisse sous les ordres de l’entraîneur espagnol. Précieux au pressing et à la récupération, capable d’évoluer entre les lignes et d’organiser le jeu, KDB est partout, tout le temps.

L’action du seul but inscrit par Leicester samedi soir dernier en fournit d’ailleurs une preuve aussi éclatante que paradoxale. Parti à toutes jambes proposer une solution à Sterling à gauche de la surface de Schmeichel, le Belge se jetait dans les pieds de Vardy, moins de 20 secondes plus tard, pour tenter d’intercepter le ballon à quelques mètres de la sienne. Si son tacle glissé n’a pu que ralentir la course du ballon, il souligne en creux la polyvalence et le coffre d’un joueur qui cumule 56km de footing en 5 matchs de Ligue des Champions – un record.

Très actif dans les phases défensives – avec 1,8 tacle et 0,7 interception par match, il est le milieu offensif le plus efficace de Premier League dans ces exercices -,  De Bruyne a en outre énormément progressé dans la finition. Résultat : 68% de tirs cadrés (près de deux fois plus que l’an passé), et 7 buts inscrits, des deux pieds de surcroît. De quoi satisfaire pleinement un Guardiola dont le seul regret la saison dernière était le manque de tranchant dans le dernier geste de son protégé.

De quoi, aussi, justifier l’empressement des propriétaires émiratis de City, presque heureux d’aligner les pétrodollars pour prolonger le plaisir avec l’international belge (57 sélections, 12 buts). Acheté à prix d’or à Wolfsburg en 2015 (74M€), KDB a de fait paraphé le 23 janvier dernier une prolongation de contrat tout aussi clinquante, le liant aux Citizens jusqu’en 2023. Une fidélité évaluée à environ 1,5M€ d’euros par mois. A ce tarif-là, nul doute que Kevin cavalera encore longtemps sur le rectangle vert mancunien…

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