Denis Lathoud, avant Strasbourg-PSG en Coupe de France : « Un Everest nous attend »

La carrière de coach de Denis Lathoud est notamment passée par Dijon. (P. Lablatinière/Archives L'Équipe)

Le champion du monde en 1995 sait que Strasbourg, le club de Proligue qu'il entraîne, ne pèsera pas bien lourd, ce soir (20h30) en Coupe de France, face au PSG champion en titre de Starligue.

« Je ne me préoccupe pas du PSG sinon ça fait mal à la tête ! » Du Denis Lathoud dans le texte pour évoquer le choc des extrêmes, ce mardi soir en seizièmes de finale de la Coupe de France, entre Strasbourg et le PSG. Une division d'écart, un monde économique également (16,364 millions pour le PSG contre 1,1 pour le club alsacien), mais une belle soirée en perspective au Zénith (20h30) qui devrait faire quasi le plein ; pour l'occasion Strasbourg déserte son gymnase de 950 places.

« On va profiter de l'instant, on va frôler les 5000 spectateurs, peu importe le résultat » poursuit Lathoud (56 ans), entraîneur de Strasbourg (SEHB) depuis 2019. Il assure ne pas avoir peur de prendre une rouste face à un de ses anciens clubs (1994-1997), nonuple champion de France de Starligue, l'élite nationale : « Non je n'ai pas peur car à part Nantes (référence à la victoire du HBC samedi dernier du Trophée des champions, 37-33) tout le monde en prend. Le PSG fait partie des meilleures équipes d'Europe, donc on va essayer de retarder l'échéance au maximum. Qu'on en prenne 10,15, 20, ça ne changera pas notre saison. »

Une saison où Strasbourg visera le maintien en Proligue dixit son coach : « On va essayer de se maintenir, on a 500 000 euros de masse salariale, c'est le salaire d'un joueur du PSG. On n'est pas prêts pour la montée. Il faut 3,5 millions pour monter, on en est à 1,1 aujourd'hui, le delta est trop grand pour ne pas faire le yoyo. » Il parle en connaissance, il a vécu ça quand il coachait à Dijon (2006-2014) : « Une montée, ça se prépare, il faut plusieurs années pour ça. On vient de changer de présidence, on a un nouveau bureau directeur, une équipe jeune et dynamique, la preuve avec cette opération au Zénith montée en six semaines. » Cette énergie nouvelle plaît au champion du monde 1995 : « Les dirigeants ont envie de développer le hand à Strasbourg où il est moribond depuis trop longtemps par rapport à la place qu'il devrait avoir, vu la culture de ce sport, son histoire. »

Aider le club à grandir pourrait inciter Denis Lathoud à prolonger son contrat qui s'achève en juin prochain : « J'ai envie de rester si le club se développe. Toutes les conditions sont réunies c'est pour cela que je suis venu au départ. Alors pourquoi aller voir ailleurs ? J'ai l'exemple de Nantes, que j'ai connu (en D2) en 2008 et qui avait à peine plus de moyens que Strasbourg aujourd'hui et a su prendre le bon virage. » L'ancien arrière se verrait bien achever en Alsace sa carrière de coach, entamée en 2002 en Normandie alors qu'il jouait encore : « On verra aussi si les dirigeants ont envie de moi. Je reste un compétiteur, même si je suis plus près de la sortie que du début, j'ai toujours envie de me confronter au meilleur. »

Le meilleur, il l'a connu notamment en Tunisie, quand il a entraîné l'Espérance de Tunis (2015-2017), club phare du pays. « J'ai appris à éviter de prendre une bouteille ou un téléphone sur la tête » s'esclaffe-t-il en se rappelant la passion du public. Redevenu sérieux, il ajoute : « Une expérience très enrichissante. Tu es l'étranger de l'équipe, tu es souvent critiqué car en plus tu es l'entraîneur. Mais j'avais une équipe très compétitive avec une majorité d'internationaux. En termes de hand, je leur ai apporté des choses qu'ils n'avaient pas dans leur culture. On a joué six finales sur huit compétitions... » Notamment contre des formations égyptiennes, autre pays phare du continent africain.

Lui qui a porté 164 fois le maillot de l'équipe de France (1987-1996) a été de l'aventure des JO 1992 à Barcelone (3e place, première médaille du hand français), un des piliers des Barjots du titre mondial de 1995 aurait bien aimé diriger une sélection : « C'est ce qui me correspondrait le plus, tu as des joueurs de très haut niveau. Il n'est peut-être pas trop tard ? » Pour l'heure, Denis Lathoud a malgré tout la tête au PSG : « Un Everest nous attend ! »