Devenue la référence de la course au large, Port-La-Forêt fête ses « héros »

Au lendemain de l'arrivée de la première étape de La Solitaire du Figaro, Port-la-Forêt a organisé vendredi la « Régate des héros » en présence de grands marins comme Le Cam, Le Cléac'h, Gabart et Riou. Pour célébrer un port devenu modèle dans le domaine de la course au large, la construction navale, l'innovation et la formation des skippers.

Dans le cadre de La Solitaire du Figaro et du cinquantenaire du port de plaisance créé en 1972, Port-La-Forêt (Finistère) a organisé vendredi « La Régate des héros », course amicale disputée à bord de Pabouk, petits voiliers de 4,85 m. Au briefing tenu sur le catamaran à moteur de Michel Desjoyeaux, comme sur l'eau, l'ambiance était conviviale.

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Trois décennies pour devenir une référence

Plusieurs grands marins ont répondu présent à cet événement qui mettait en avant ce petit village breton (La Forêt-Fouesnant) qui a su s'imposer depuis trois décennies comme une référence, un modèle dans le domaine de la course au large, tant au niveau de la construction navale, de l'innovation technologique que de la formation de champions comme Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Franck Cammas, Roland Jourdain, Armel Le Cléac'h, François Gabart, Vincent Riou, Yann Eliès, Jérémie Beyou, Charles Caudrelier. Au point d'être surnommé « La vallée des fous ».

Parmi eux, on comptait trois vainqueurs du Vendée Globe (Riou, Le Cléac'h, Gabart), trois vainqueurs de la Route du Rhum, (Jourdain, Gabart et le finistérien Philippe Poupon qui s'est joint à la fête) et trois triple-vainqueur de la Solitaire (Poupon, Le Cam, Le Cléac'h). Figuraient également sur la ligne de départ, Charlie Dalin (deuxième du dernier Vendée Globe gagnée par Yannick Bestaven), Martin Le Pape, Éric Bellion, Eric Peron, Anthony Marchand où encore Christian Le Pape, créateur du Pôle France Finistère Course au Large et Jeanne Grégoire, son actuelle directrice (victoire de Poupon dans la première régate, de Gabart dans la deuxième).

« Port-La Forêt a été précurseur, raconte Régine Bornens, membre de l'organisation des festivités des 50 ans et de la « Régate des héros ». Beaucoup de choses sont parties d'ici. Après la création du port, il y a eu la fondation du chantier CDK en 1986 par Jean Le Cam, Gaëtan Gouerou et Hubert Desjoyeaux, le lancement du centre d'entrainement en 1992 (devenu Pôle France en 1995) par Christian Le Pape. Il y a aussi eu la première écurie de course avec Mer Agitée. »

Jean Le cam

« Au début, Port-La-Forêt, c'était des ruisseaux et des marécages »

« Au début, Port-La-Forêt, c'était des ruisseaux et des marécages, commente Le Cam. Tout cela fait partie de mon histoire. Les infrastructures sont remarquables. La dernière fois que La Solitaire est passée à Port-La-Forêt, c'était en 1992, année où je gagne l'étape ici et où Mich' (Desjoyeaux) gagne l'épreuve. A l'issue de ça, Christian Le Pape a créé le centre d'entraînement. Il y a une dynamique qui va se poursuivre j'espère. C'est un endroit très prisé en France. »

Pour Vincent Riou, Port-La-Forêt, « c'est une grosse partie de ma vie. Je suis au pôle depuis 1993 et je travaille ici à plein temps depuis 1999. Ce qui fait la force du site, c'est qu'il a toujours su s'adapter aux différentes évolutions. Quand les bateaux en composite ont commencé à exister, CDK est né, quand la voile professionnelle a commencé à s'organiser, le centre d'entrainement est né, à chaque fois qu'une nouvelle série est arrivée (Orma, Imoca, maxi-trimaran), tout le monde s'est adapté au niveau des infrastructures. Quant au pôle, il a montré la voie de l'entrainement collectif en course au large et sorti la majorité des champions. C'est une superbe histoire. »

« Un système performant et sélectif, avec une logique d'excellence »

Désormais basé à Concarneau, François Gabart évoque « un petit microcosme hyper dynamique. Ça reste assez dingue de voir dans ce petit village toutes ces compétences tant au niveau des marins que de la technique. À l'époque, quand j'arrive ici, je ne connais rien, je viens de la voile olympique. J'ai beaucoup appris, le pôle et cette région ont réussi à m'intégrer et à me faire progresser. »

Armel Le Cléac'h souligne l'importance de l'entraînement collectif. « Chacun apporte sa pierre à l'édifice. Il y a du partage entre les anciens et les jeunes. C'est là où j'ai tout appris depuis 1999. Quand je suis arrivé, il y avait Michel Desjoyeaux et Franck Cammas. Au-delà de la navigation, on travaille aussi sur la théorie, que ce soit sur la météo, la communication, le sommeil, la gestion d'un projet. »

« On a construit un dispositif qui s'est étoffé au fil du temps, ajoute Christian Le Pape. À l'époque, la Mecque de la voile, c'était La Rochelle et la Trinité pour les multis. On est parvenus, grâce à une symbiose entre le port, CDK et le pôle à monter un système performant et sélectif, avec une logique d'excellence. Système qui s'est décliné ailleurs et notamment à Lorient. »

Roland Jourdain abonde. « Port-La-Forêt, ça a été une rampe de lancement pour moi et pour beaucoup d'autres. On concevait, on construisait, on naviguait ensemble. Notre vie était dédiée à ça et Port Laf'était le nid, la base arrière. Je ne me rendais pas compte que c'était les 50 ans. J'entends encore le bruit des pieux qui se fixaient dans le port quand j'étais gamin et que je pêchais le bar avec mon père ! »

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