Didier Deschamps : « Griezmann ? Au moins, il n'est pas fatigué... »

Didier Deschamps, le sélectionneur des Bleus, revient sur ses choix pour le prochain stage, ponctué des matches contre l'Autriche, le 22, et le Danemark, le 25 septembre, et sur la situation improbable actuelle d'Antoine Griezmann.

Vous avez convoqué pour la première fois Benoît Badiashile, Youssouf Fofana et Randal Kolo Muani : pouvez-vous nous détailler les raisons de ce choix ?

Benoît fait partie des espoirs. Il fait un très bon début de saison avec l'AS Monaco. Le fait qu'il soit spécialiste au poste a joué aussi. Il y a un certain nombre de blessés (Kimpembe, L. Hernandez). C'est un jeune joueur en progression. Le lien avec la sélection Espoirs est important. Youssouf (Fofana) est un joueur qu'on suit. C'est un domaine où il y a beaucoup de concurrence. Il est pris sur ce qu'il fait la saison dernière et cette année, c'est un milieu complet. Lui aussi profite des absences (Kanté, Pogba) dans ce secteur de jeu. Randal (Kolo Muani), il continue de confirmer ce qu'il a fait au FC Nantes. Dans un profil d'attaquant où il amène de la présence, de la profondeur aussi, avec une bonne efficacité.

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Quel regard portez-vous sur les difficultés défensives du mois de juin ?
Il y a toujours une analyse approfondie en tenant compte du contexte. Ce n'est pas spécifique avec un joueur. Ça peut dépendre d'un alignement, du travail effectué devant. L'analyse de juin ne sera pas celle de mars.

Olivier Giroud fait partie de cette sélection. Avez-vous évolué sur votre position qui veut que Giroud ne vienne qu'en cas d'absence de Karim Benzema ?
Olivier est là. Et la réponse vous l'aurez dans deux mois (sourires). Tout évolue. Et rien n'évolue (sourires). La situation aujourd'hui est qu'il est là.

Antoine Griezmann a vécu un début de saison étrange en étant limité dans son temps de jeu...
(il coupe) Au moins, il n'est pas fatigué... Il a une situation que vous connaissez. Je ne vais pas rentrer dans ce domaine-là. Cela limite son temps de jeu. Sur le temps de jeu, accordé, ça reste un joueur décisif pour son club. Il aspire à mieux, à plus. Ça fait un bon moment qu'il n'a pas fait 90 minutes.

« Si je prends Boubacar Kamara à un moment, c'est que j'en ai besoin. Je ne le fais qu'au moment présent, pour l'équipe de France et aucunement contre une autre sélection »

Boubacar Kamara n'a pas été sélectionné. Est-ce que cela revient à dire que vous l'aviez sélectionné lors du stage précédent pour lui enlever la possibilité de jouer pour le Sénégal ?
Je n'ai jamais fait ça. Que ce soit avec lui, ou un autre joueur. Les joueurs qui ont cette binationalité ont cette possibilité. Si je le prends à un moment, c'est que j'en ai besoin. Je ne le fais qu'au moment présent, pour l'équipe de France et aucunement contre une autre sélection.

Dans l'affaire « Pogba », le maraboutage a été évoqué. Quel regard portez-vous sur cette pratique ?
Je vis sur la même planète que vous. Chacun a cette liberté de croyance. Moi, ça ne me pose pas de problème. Je ne suis pas là pour juger. Si ça peut permettre à certains de se sentir mieux, ça fait partie de l'environnement du sport et en dehors du sport.

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Pourquoi ne pas avoir sélectionné Wissam Ben Yedder ?
Il ne traverse pas sa meilleure période. Il a été appelé régulièrement avec nous. Comme pour Lucas (Digne) et Moussa (Diaby), ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas là aujourd'hui qu'ils ne seront pas là ensuite. On est dans l'attente, dans l'exigence.

Le défenseur de l'AC Milan Pierre Kalulu est-il proche de la sélection A ?
Il est dans la sélection des Espoirs, c'est un joueur qui est performant aussi dans un registre où il y a énormément de joueurs performants. Bien sûr, quand je regarde les matches de Milan, je le vois.

Avez-vous décidé pour la Coupe du monde d'installer cette animation en 3-4-3 contrairement à juin ?
En juin, je n'étais pas parti dans l'idée de changer [il avait aligné une défense à 4, ndlr]. Rien n'est figé. Malgré les nombreuses absences, je suis là pour mettre les joueurs dans les conditions dans lesquelles je veux faire la Coupe du monde.

Percevez-vous toujours Benjamin Pavard comme un axial droit ?
Il a toujours été un arrière latéral. Avec les années qui s'enchaînent, en étant toujours titulaire. C'est un défenseur central de formation mais qui est capable de jouer dans les deux postes. Jules Koundé n'est pas un arrière latéral mais il joue avec le Barca à ce poste-là, avec ses qualités. Il y a des profils plus ou moins adaptés. Benjamin a cette polyvalence qui peut être un atout parce que ça donne des possibilités supplémentaires.

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