La difficile course aux minima français pour les Mondiaux d'Eugene

Jimmy Vicaut, ici à Montreuil, court après les minima. (A. Mounic/L'Équipe)

Des minima toujours très costauds et une fenêtre restreinte ont compliqué la tâche de plusieurs candidats aux Mondiaux, qui abattent leur dernière carte en cette fin de semaine aux Championnats de France.

Le sujet est un marronnier qui sent le tartan, où quelques centaines d'aficionados débattent. Trop durs, pas assez, la question a toujours existé mais les minima restent le sésame de référence pour porter le maillot de l'équipe de France, malgré la mise en place progressive du ranking - dont l'intérêt et la compréhension échappent encore à beaucoup de monde.

En sortie de JO et avec deux grands rendez-vous au programme (Mondiaux d'Eugene du 15 au 24 juillet puis Euro de Munich du 15 au 21 août), les athlètes estimaient pourtant pouvoir bénéficier d'une petite accalmie, surtout que Paris 2024 se prépare maintenant.

D'un côté on demande une ouverture, de l'autre des médailles et on se retrouve au milieu avec des qualifiés et des déçus. « C'est toujours élevé, c'est normal, ce sont les Championnats du monde, déclare Mélina Robert-Michon, vice-championne olympique en 2016. Mais je pense que pour une année post-olympique, c'est peut-être un peu élevé. »

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« Je ne vois pas la raison de mettre des minima plus élevés que ceux de World Athletics quand il n'y a pas de gros sprinteurs en France actuellement, lâche Marco Airale, le coach italien de Jimmy Vicaut. Je ne vois pas l'intérêt, à part montrer qu'ils ont besoin de faire quelque chose de différent. »

10''03 demandés sur 100m... contre 10''05 par World Athletics
En 2013, il fallait faire 10''09 sur 100 m pour se rendre aux Mondiaux de Moscou. Cette année, World Athletics demandait 10''05, alors que les Français doivent réaliser 10''03. Un constat fait quasiment dans toutes les disciplines, à quelques exceptions près. Très clair sur ce point, le directeur de la haute performance à la FFA, Romain Barras, avait prévenu, une fois nommé, qu'il n'emmènerait pas d'avion cargo aux États-Unis.

« Même si on voulait davantage ouvrir la sélection pour Eugene, ça ne le serait pas tant que ça, le niveau international étant très relevé. » Pour l'heure, ils sont 18, prouvant que c'est possible, mais beaucoup ont un pied dans la porte et le timing de la saison avec deux championnats, dont un très tôt, laisse des regrets.

« Je trouve ça dommage de mettre des minima de plus en plus durs sachant que cette année, il faut, en plus, savoir gérer les pics de forme, lance Hugo Hay, en ballottage plutôt défavorable sur 5 000 m. Déjà que la course aux minima n'est jamais évidente, là, en plus, il faut se concentrer sur les plateaux de forme. Alors que le but est d'être le plus fort possible en championnat. Je ne trouve pas ça très cohérent. »

En 2013, les minima pouvaient se réaliser jusqu'au 29 juillet. Pour Eugene, la date de péremption arrive à la fin du week-end.

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