Dimanche de disette pour l'équipe de France masculine à l'Euro de judo

L'équipe de France masculine achève l'Euro sans médaille ce dimanche. Cédric Revol (bronze en -60 kg) est donc le seul des neuf engagés à Sofia à être monté sur un podium.

Neuf engagés, une médaille, de bronze pour Cédric Revol (-60 kg), vendredi à l'ouverture des Championnats d'Europe à Sofia (Bulgarie). Et ce sera tout pour cette édition pour l'équipe de France masculine puisqu'en ce dimanche de clôture, les quatre garçons en lice n'ont pas dépassé le cap des huitièmes de finale. Et n'ont donc pas pu prétendre au repêchage pour une éventuelle médaille de bronze.

Un bilan dans la droite ligne de la réalité des Bleus du judo ces temps-ci. Qui plus est, en l'absence des « olympiens », le staff tricolore avait décidé de donner leur chance à des jeunes ou d'en relancer certains. Comme en +100 kg, une catégorie qui n'avait plus été alignée par les Français depuis 2018 sur ce rendez-vous continental.

En l'absence de Teddy Riner, en préparation pour sa reprise en compétition prochainement, Joseph Terhec (26 ans) avait donc été retenu pour Sofia où il espérait pouvoir enfin montrer ce dont il est capable dans une catégorie (+100 kg) où les occasions sont bien rares tant Riner règne en maître depuis quinze ans.

« On veut montrer qu'on est aussi capables », avait promis Terhec. Fanfaron ? Le garçon avait tout de même surpris Riner lors des France par équipes en octobre 2020. Ce dimanche, il n'a pas franchi le cap du premier tour contre l'Allemand Johannes Frey (7e des JO 2020), vainqueur aux pénalités. « C'est un adversaire à ma portée, que j'ai déjà battu. Je m'attendais à un combat comme ça, je sais qu'il est très truqueur sur les mains, au début il est pénalisé. Je me sens bien. Il accélère, continue à un peu truquer, je reste dans l'optique de vouloir le faire pénaliser et je me retrouve à me faire malmener... C'est de ma faute », a confié le Français, dépité.

Joseph Terhec (+ 100kg) sorti au 1er tour

« Des compétitions comme ça, je ne dois pas la laisser passer. Ce qui fait la différence entre moi et les grands champions, en tout cas un champion

D'autant plus que l'Allemand a accédé à la finale et qu'il sait que les occasions ne se représenteront pas si souvent. « Je n'en aurais pas 50 000, je sais que ça va être très très dur. C'est pour ça que je dis une faute professionnelle. Je me suis peut-être un peu trop mis la pression. Mais des compétitions comme ça, je ne dois pas la laisser passer. Ce qui fait la différence entre moi et les grands champions, en tout cas un champion. Celle là je pense elle va me faire mal au moral. »

Abattu également Alexis Mathieu (-90 kg) éliminé en huitième de finale par le Grec Tselidis, expéditif sur un mouvement d'épaule à valeur de waza-ari. « Il est descendu très vite à genoux, on avait vu qu'il partait de l'autre côté à la vidéo, donc j'ai été un peu surpris qu'il parte de ce côté. C'est un combattant qui attaque toujours avant. Je n'ai pas réussi à gagner ce temps d'avance qu'il avait sur moi. Je n'ai pas réussi à trouver la faille, le plus frustrant car un combattant à ma portée », expliquait le Français de 22 ans qui vivait sa première expérience à ce niveau, marquée par une victoire au premier tour sur le Slovaque Randl (aux pénalités). En -100 kg, Cédric Olivar a été éjecté d'entrée (ippon) par l'expérimenté azéri Gasimov (3e des Mondiaux 2017).

Enfin, sélectionné de dernière minute, lundi suite au forfait de Nicolas Chilard (-81 kg), Maxime-Gaël Ngayap-Hambou a osé, a tenté mais a échoué également en huitièmes de finale, en -90 kg contre le Roumain Cret, qu'il avait pourtant battu pour le bronze aux Mondiaux juniors l'an passé. « Je suis très très déçu car je lui avais mis deux waza-ari. Là, perdre sur un waza-ari... Et ne pas pouvoir revenir à la charge, ça laisse un goût amer. J'ai manqué de rigueur au début de combat. Je n'étais pas concentré, j'ai pris le waza-ari sur la séquence où je devais prendre la manche, alors que je prends le revers et voilà... »

Voilà comment, à 20 ans, après avoir pourtant battu un champion du monde (2019) en ouverture (le Néerlandais Van T End), on paie pour apprendre. « Je n'avais pas de stress, je me suis dit j'avais rien à perdre, que je venais pour faire l'exploit. » Conscient qu'avec cette équipe en reconstruction, il ne fallait pas uniquement miser sur des médailles, le staff des Bleus avait dit vouloir aussi apprécier les comportements. De ce point de vue, les Français n'ont pas à rougir.

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